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Le 21 janvier 2003
Service de nouvelles de l'APF
Le Canada est de plus en plus un pays d’immigrants
Yves Lusignan
Ottawa (APF) : Plus que jamais, la population canadienne est constituée de personnes qui sont nées à l’étranger. Et plus que jamais, les immigrants qui choisissent le Canada s’installent d’abord et avant tout à Toronto, Vancouver ou Montréal.
Les données du dernier recensement portant sur l’immigration indiquent que la proportion de la population qui est née à l’extérieur du pays est à son niveau le plus élevé depuis 70 ans.
Lors du recensement effectué le 15 mai 2001, pas moins de 5,4 millions de personnes, c’est-à-dire 18,4 pour cent de la population, étaient nées à l’extérieur du pays. Selon Statistique Canada, environ 1,8 million de personnes étaient des immigrants venus au cours des dix dernières années. De ce nombre, 309 700 (17 pour cent) étaient des enfants âgés de 5 à 16 ans alors que 46 pour cent étaient âgés entre 25 et 44 ans et 17 pour cent étaient dans la tranche des 45 à 64 ans.
Les immigrants provenaient surtout d’Asie et comptaient pour 58 pour cent de tous les immigrants des années 1990. La Chine venait en tête des pays de naissance, et était suivie de l’Inde, des Philippines, de Hong Kong, du Sri Lanka, du Pakistan et de Taïwan.
Les immigrants européens comptaient pour 20 pour cent des immigrants des années 90 et les pays d’origine les plus fréquents étaient la Pologne, le Royaume-Uni et la Roumanie.
Le troisième groupe d’importance provenait des Antilles, alors que les immigrants de cette région comptaient pour 11 pour cent du total des années 1990, en baisse par rapport à 16,5 pour cent durant les années 1980. La plupart étaient originaires de la Jamaïque, de la Guyane, de Trinité-et-Tobago et du Mexique.
Les immigrants africains formaient 8 pour cent des immigrants arrivés dans les années 1990, en hausse par rapport à 6 pour cent dans les années 1980. Les pays de naissance les plus fréquents pour ces personnes étaient la Somalie, l’Algérie et la République sud-africaine.
Les États-Unis étaient le huitième pays d’origine le plus fréquent des immigrants des années 1990, 3 pour cent du total, et ils formaient la plus importante source d’immigration dans les provinces Atlantique.
La région de Toronto était la destination numéro un des immigrants. Pas moins de 43 pour cent des nouveaux arrivants des années 1990, 792 000 personnes, avaient choisi cette région métropolitaine.
La région de Vancouver était la deuxième destination de choix, alors que la ville a accueilli 18 pour cent de tous les immigrants des années 1990, ce qui représente 324 800 personnes.
La région de Montréal a accueilli 215 100 immigrants au cours de la dernière décennie, soit 12 pour cent de l’ensemble des immigrants. Ces résultats faisaient de Montréal la troisième destination des immigrants. Ensemble, les régions de Toronto, Vancouver et Montréal ont accueilli 73 pour cent de tous les immigrants des années 1990, en hausse par rapport à 66 pour cent au cours des années 1980.
Le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration, Denis Coderre, qui veut encourager l’immigration dans les autres régions du pays, aura fort à faire si on en juge par les résultats du dernier recensement. La proportion d’immigrants des années 1990 ne s’élevait en effet qu’à 1,3 pour cent à Windsor, 3,8 pour cent à Calgary, 3,9 pour cent à Ottawa-Gatineau, 1,4 pour cent à Kitchener, 1,9 pour cent à Hamilton, 2,5 pour cent à Edmonton, 1,1 pour cent à London, 1,4 pour cent à Winnipeg, 0,5 pour cent à Victoria, 0,5 pour cent à St-Catharines-Niagara, 0,2 pour cent à Kingston, 0,4 pour cent à Oshawa, 0,3 pour cent à Saskatoon, 0,4 pour cent à Halifax, 0,2 pour cent à Regina, 0,1 pour cent à Thunder Bay, 0,1 pour cent à St-John’s, et 0,1 pour cent dans le Grand Sudbury. Seulement 6 pour cent des nouveaux arrivants dans les années 1990 avaient choisi de s’installer dans d’autres régions.
Ni français, ni anglais
Pas moins de 61 pour cent des immigrants des années 1990 ne parlaient ni le français, ni l’anglais à la maison, en hausse par rapport à 56 pour cent des immigrants des années 1980 qui ne parlaient ni l’anglais ni le français.
Le tiers de tous les immigrants des années 1990 qui ne parlaient aucune des deux langues officielles à la maison parlaient le plus souvent le chinois. Le pendjabi (7 pour cent) et l’arabe (5 pour cent) étaient les autres langues non officielles les plus souvent parlées à la maison par les nouveaux immigrants.
Pris individuellement, les Chinois étaient les plus susceptibles de ne parler aucune des deux langues officielles à la maison (88 pour cent) et de ne pas être capables de converser dans une langue officielle (29 pour cent). Les immigrants de l’Inde (15 pour cent) et de Taïwan (13 pour cent) étaient également nombreux à ne pouvoir converser dans une des deux langues officielles.
Les trois-quarts des immigrants des dix dernières années étaient toutefois capables de converser en anglais. Seulement 4 pour cent avaient «des capacités» en français et 11 pour cent pouvaient converser dans les deux langues officielles. Dans l’ensemble, un immigrant sur dix des années 1990 ne pouvait pas converser en anglais ou en français.
Des Canadiens et des immigrants de plus en plus visibles
Les Canadiens et les immigrants sont de moins en moins de race blanche et de plus en plus visibles. Près de 4 millions de personnes ont déclaré être membres des minorités visibles en 2001, soit 13,4 pour cent de la population.
Au cours de la dernière décennie, 73 pour cent de tous les immigrants étaient d’ailleurs des membres des minorités visibles et leur proportion a augmenté de 25 pour cent entre 1996 et 2001, alors que la population totale n’augmentait que de 4 pour cent durant la même période.
Les membres des minorités visibles ne sont pas tous des immigrants, loin de là. Environ 65 pour cent des Japonais étaient nés au Canada, ce qui constitue la plus forte proportion des groupes visibles. Venaient ensuite les Noirs (45 pour cent), les Sud-Asiatiques
(29 pour cent), les Chinois (25 pour cent), les Arabes et Asiatiques occidentaux (21 pour cent), les Latino-Américains (20 pour cent) et les Coréens (17 pour cent). Seulement un Noir sur cinq et un Japonais sur dix étaient des immigrants venus s’établir au cours des années 1991 à 2001.
Proportion par provinces
Un coup d’œil sur la répartition des immigrants au pays, montrent que seulement quatre provinces avaient la faveur des immigrants dans les années 90. Pas moins de 55,8 pour cent de tous les immigrants avaient choisi l'Ontario, 20,2 pour cent la Colombie-Britannique, 13,4 pour cent le Québec et 7,1 pour cent l’Alberta.
Terre-Neuve et Labrador n’avait réussi à attirer que 0,1 pour cent des immigrants au cours des années 90, la Nouvelle-Écosse 0,6 pour cent, le Nouveau-Brunswick 0,2 pour cent, le Manitoba 1,8 pour cent et la Saskatchewan 0,6 pour cent. L’Île-du-Prince-Édouard, le Yukon, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest avaient si peu d’intérêt pour les immigrants que le pourcentage d’immigrants est officiellement de 0 pour cent!
Les trois municipalités de plus de 5 000 habitants ayant reçu les plus fortes proportions d’immigrants par rapport à leur population totale au cours des années 90 sont toutes de la Colombie-Britannique. Il s’agit de Richmond en Colombie-Britannique (29,8 pour cent d’immigrants), Le Grand Vancouver (28,3 pour cent) et Burnaby (24,3 pour cent). Pas moins de 21 pour cent de la population de la ville de Toronto était composée d’immigrants venus s’installer au cours des années 90.
Editeur : Association de la presse francophone
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