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Le 19 février 2003
Service de nouvelles de l'APF
Santé en français : Gauthier et Fontaine sont heureux de l’investissement fédéral.
Yves Lusignan
Ottawa -
L’investissement fédéral de 89 millions de dollars sur cinq ans pour des services de santé en milieu minoritaire qui a été annoncé dans le dernier budget, est loin du montant qui a été demandé par les milieux francophones en santé. La nouvelle réjouit néanmoins deux des principaux acteurs dans le dossier.
Le président de la Société santé en français et directeur de l’hôpital Saint-Boniface au Manitoba, Hubert Gauthier, estime que cette annonce constitue «un important pas pour la communauté» si on considère où était le dossier des services de santé en français il y a quelques années. «On partait de zéro» rappelle-t-il.
Il croit que d’autres sommes seront disponibles pour les communautés francophones, à l’intérieur du budget alloué au ministère de la Santé. «Je pense qu’on n’a pas tout vu» dit-il, en faisant allusion au dévoilement le 12 mars du plan d’action du gouvernement fédéral sur les langues officielles.
M. Gauthier a coprésidé un comité consultatif mis sur pied par le ministère de la Santé, qui a évalué les besoins des communautés francophones et acadiennes en santé à 245 millions de dollars sur cinq ans.
Selon un rapport remis au ministre de la Santé en septembre 2001, il faudrait 25 millions de dollars pour le fonctionnement des réseaux communautaires francophones, 75 millions pour la formation et le recrutement de professionnels de la santé francophones ou bilingues, 20 millions de dollars pour la mise en place graduelle d’une infostructure de la santé, et 125 millions de dollars pour la création de lieux d’accueil où les francophones pourraient recevoir des soins de première ligne en français.
L’investissement de 89 millions de dollars annoncé dans le budget Manley doit servir uniquement à la formation et au maintien en poste des professionnels de la santé, de même qu’à l’amélioration de l’accès aux services de santé offerts dans les deux langues officielles, c’est-à-dire tant pour la minorité francophone du pays que la minorité anglophone du Québec.
Le rapport du Comité consultatif évaluait uniquement les besoins des communautés francophones à 100 millions de dollars, soit 75 millions de dollars pour la formation et 25 millions de dollars pour des réseaux communautaires devant améliorer l’accès aux services de santé en français.
En ce qui concerne maintenant la répartition du 89 millions de dollars, le budget précise qu’une somme de 12 millions de dollars sera consacrée dès cette année à la formation et à l’accès aux services en français, 13 millions en 2004-2005, 18 millions en 2005-2006, et 23 millions au cours des deux dernières années.
«On avait suggéré au gouvernement de débuter lentement pour se donner un rythme de croisière au cours des 4ième et 5ième années» dit M. Gauthier qui n’a rien à redire à ce chapitre. Car il y a encore beaucoup de travail de planification qui reste à faire, prend-t-il le soin de préciser. «Même si on nous donnait 245 millions de dollars demain matin, il serait impossible de tout implanter d’un coup.»
Le recteur de l’Université de Moncton, Yvon Fontaine, accueille de son côté «avec enthousiasme» l’annonce fédérale.
«Pour pallier la pénurie de soins de santé en français, il est urgent de former un plus grand nombre de professionnels de la santé qui pourront œuvrer dans les communautés francophones. Ce financement permettra à plusieurs institutions, dont la nôtre, d’accroître la capacité d’accueil dans les programmes d’études existants et même d’en créer de nouveaux» lit-on dans un communiqué.
M. Fontaine copréside avec le recteur de l’Université d’Ottawa un consortium de collèges et d’universités de la francophonie canadienne, qui a déposé une demande de 100 millions de dollars auprès d’Ottawa dans le but de former davantage de professionnels de la santé en français.
Rejoint au téléphone, il parle lui aussi d’un «pas considérable dans la bonne direction» mais trouve «prématuré» de commenter plus à fond l’annonce fédérale, tant qu’on ne connaîtra pas précisément comment Ottawa entend distribuer les fonds.
Editeur : Association de la presse francophone
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