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Le 15 avril 2003

Service de nouvelles de l'APF

La FCFA anticipe une fructueuse relation avec le nouveau gouvernement québécois

Yves Lusignan


Ottawa (APF) : La Fédération des communautés francophones et acadiennes souhaite que le nouveau gouvernement libéral au Québec adopte une politique de développement global à l’endroit des communautés francophones et acadiennes, de façon à ce que tous les ministères québécois intègrent le développement des communautés francophones et acadiennes dans leur programmation.

Pour tout dire, le principal organisme porte-parole de la francophonie canadienne aimerait ni plus ni moins convaincre le Québec d’adopter la même approche que celle du gouvernement fédéral dans son récent plan d’action pour les langues officielles, qui a été dévoilé au mois de mars. Une approche qui privilégie une contribution de tous les organismes et ministères à la francophonie canadienne.

Le président de la Fédération, George Arès, souhaite de plus que le Québec fasse davantage la promotion de la francophonie canadienne au sein de la société civile québécoise.

M. Arès se dit «très optimiste et très encouragé» par l’élection du Parti libéral du Québec et de son chef Jean Charest. D’autant plus que encouragé que le député Benoît Pelletier, l’architecte de la politique constitutionnelle du Parti libéral, a été élu et qu’il risque fort de se retrouver ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes.

Le Québec a déjà depuis 1995 une politique à l’égard des communautés francophones et acadiennes. Cette politique qui encourage des partenariats entre la société civile québécoise et les communautés francophones et acadiennes, privilégie la réalisation de projets communs en culture et communications, en éducation, en économie et plus récemment en santé. «Il y a lieu d’aller plus loin» estime cependant la président de la FCFA. «Il n’y a pas eu assez de promotion de nos communautés au sein de la société civile québécoise» ajoute-t-il.

Et malgré cette politique d’ouverture adoptée par un gouvernement du Parti québécois, «il restait un peu de méfiance à notre égard» dit aujourd’hui Georges Arès. «Il y en a (au sein du gouvernement) qui pensait qu’on était complètement contrôlé par le fédéral.» Pourtant, insiste le président de la FCFA, son organisation ne s’intéresse qu’au développement des communautés francophones. «Le fédéral nous aide, mais on n’est pas à sa remorque.»

M. Arès a de bonnes raisons d’être optimiste pour la suite des choses depuis l’élection des libéraux de Jean Charest. Pour s’en convaincre, il suffit de relire les passages sur la francophonie canadienne contenus dans le document publié en 2001 par le Comité spécial du parti libéral du Québec sur l’avenir politique et constitutionnel de la société québécoise, qui était à l’époque présidé par le député Benoît Pelletier.

«Nous croyons qu’il est grand temps que le PLQ affirme sa nette volonté d’établir des liens encore plus soutenus entre les Québécois et Québécoises et les francophones de tout le Canada. Le Comité croit que le PLQ doit s’engager fermement à élaborer un programme d’action à cet égard afin d’aider le Québec à réintégrer le grand réseau de la francophonie canadienne», lit-on dans le document.

Le rapport libéral mentionne «certains secteurs d’activités essentiels» où il est urgent de rétablir et de consolider les relations avec la francophonie canadienne. Ces secteurs sont l’éducation et la formation professionnelle; la culture; les arts et les communications en général, y compris les nouvelles technologies de l’information; les sports; les loisirs; le tourisme; la jeunesse; l’économie et la présence sur la scène internationale.

Le rapport plaide en faveur d’une vision pancanadienne du fait français, tout en reconnaissant le rôle prépondérant du Québec dans le maintien et le développement de la langue et de la culture françaises sur son territoire. On propose de «regrouper les forces francophones au Canada», de «consolider le réseau qui unit tous les francophones du Canada, de «parler d’une seule et même voix dans un certain nombre de dossiers» et de «soutenir fermement le développement des communautés francophones et acadienne».

Le plan d’action libéral à l’égard de la francophonie canadienne est en droite ligne avec les aspirations de la Fédération des communautés francophones et acadienne. «Il nous semble important que le Québec s’engage à promouvoir le développement et l’épanouissement global, c’est-à-dire culturel, social et linguistique de la francophonie canadienne, notamment en facilitant la concertation.» Plus loin, on insiste sur l’importance «d’une coopération et d’une cohésion interministérielles en ce qui touche aux politiques québécoises en matière de francophonie canadienne.»

Au plan financier, le Québec «doit maintenir, et même accroître si possible, son appui financier aux francophones vivant en situation minoritaire.» Cet appui ne doit pas être que financier. Le rapport propose que les bureaux du Québec à Toronto, Ottawa et Moncton «jouent un rôle actif en faveur des communautés francophones dans chacune des provinces concernées et même au-delà de celles-ci.» Il propose aussi d’examiner la possibilité d’affecter à temps plein un représentant du gouvernement du Québec aux relations avec les communautés francophones à Ottawa et à Toronto, de faire renaître le bureau du Québec à Edmonton et d’accroître les ressources du bureau de Vancouver.

Les autres propositions du Parti libéral à l’égard de la francophonie canadienne vont de la diffusion des produits culturels québécois dans le reste de la francophonie, et vice-versa, en passant par la création d’une bibliothèque virtuelle de la francophonie canadienne.


Editeur : Association de la presse francophone


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