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Le 17 juillet 2003
Service de nouvelles de l'APF
Radio-Canada : les Acadiens néo-écossais désirent une parité avec le service offert aux Fransaskois
Étienne Alary
Avec une population francophone évaluée à plus de 36 500 personnes, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) estime que sa province est en droit d’obtenir de Radio-Canada des services et des ressources en français similaires à ce qu’obtiennent présentement les francophones de la Saskatchewan.
Une analyse par la FANE des données démographiques du Recensement de 2001 de Statistique Canada démontre que la population francophone de la Nouvelle-Écosse est presque le double de la population francophone de la Saskatchewan, qui de son côté s’élève à un peu moins de 19 500. Pourtant, cela ne se reflète pas dans les services offerts en français par Radio-Canada aux Acadiens de la Nouvelle-Écosse. « La FANE demande depuis plusieurs années des augmentations de service en français de la SRC, déclare le directeur général de la FANE, Jean Léger. Notre communauté se développe et nous avons un dynamisme accru. Présentement, je ne pense pas que Radio-Canada aide à refléter cette image », mentionne M. Léger.
Pour démontrer que les services de Radio-Canada en Saskatchewan sont définitivement supérieurs à ceux offerts à l’heure actuelle en Nouvelle-Écosse, la FANE se tourne du côté de la télévision, de la radio et même de l’Internet.
Au niveau télévisuel, les Fransaskois bénéficient d’une émission de nouvelles télévisée (Saskatchewan Ce soir) de trente minutes du lundi au vendredi. Les Franco-albertains, les Franco-manitobains et les Franco-colombiens ont également, en semaine, leur bulletin de nouvelles francophone alors que du côté de l’Atlantique, les Acadiens de la Nouvelle-Écosse doivent se tourner vers « L'Atlantique Ce soir ». Ce bulletin de nouvelles s’adresse autant aux francophones du Nouveau-Brunswick, de l’Ile-du-Prince-Édouard, de Terre-Neuve et Labrador que de la Nouvelle-Écosse.
En ce qui a trait à la radio, la situation est similaire selon la FANE. Avec une émission de trois heures le matin, d’une heure le midi et de près de deux heures trente en fin de journée, et en ajoutant la programmation provinciale du week-end, la communauté francophone de la Saskatchewan est en mesure d’écouter près de 40 heures de diffusion spécifiques.
Du côté de la Nouvelle-Écosse, seulement une quinzaine d’heures de diffusion en provenance d’Halifax sont diffusées à chaque semaine desservant à la fois la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve et le Labrador.
Enfin, la Société Radio-Canada met à la disposition des francophones de la Saskatchewan un site Internet complet exclusivement pour cette province des Prairies. Pour les Acadiens néo-écossais, seulement une page d’information sur l’émission « L’Acadie, c’matin » de la province est spécifique à la Nouvelle-Écosse.
Pour Jean Léger, les compressions budgétaires qui ont secoué au cours des dernières années la société d’État ne sont pas une excuse. « Il est temps que Radio-Canada cesse de sous-estimer l’importance de la communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse sur ses ondes tant avec ses émissions en provenance de Moncton que de Montréal », déclare le directeur général de la FANE.
Sur le plan communautaire, un organisme membre de la FANE, le Conseil culturel acadien de la Nouvelle-Écosse, note aussi des disparités dans le niveau de service. À titre d’exemple, l’organisme culturel fait remarquer que Radio-Canada ne fera pas de captation radiophonique ou télévisuelle du 11e Gala de la chanson de la Nouvelle-Écosse 2003. À l’autre extrémité du pays, le Gala fransaskois de la chanson reçoit de la SRC une captation et des ressources financières et humaines, sans oublier une mise de fonds appréciable.
Pour l’organisateur du Gala de la chanson de la Nouvelle-Écosse, Daniel Robichaud, il est « évident que le niveau d’appui de la SRC est en décroissance depuis plusieurs années dans notre province et ceci inquiète grandement notre organisme. De plus, la SRC a un mandat clair de valoriser les artistes de la Nouvelle-Écosse».
Plainte au CLO
Selon la FANE, la société d’État doit démontrer clairement qu’elle trouvera les moyens pour rectifier cette situation qui est considérée comme injuste, surtout à l’aube des festivités qui entoureront le 400e anniversaire de l'Acadie en Nouvelle-Écosse.
Pour remédier à cette situation, la FANE a déposé dernièrement une plainte officielle à la Commissaire aux langues officielles. « Nous avons entrepris des démarches auprès de Radio-Canada mais nous étions insatisfaits des réponses qui nous ont été données », indique le directeur général de la FANE.
Ce dernier ajoute que son organisme n’a pas eu d’autre choix que de loger une plainte au Commissariat des langues officielles puisque celle-ci cadre bien dans l’esprit de l’Article 41 de la partie VII de la Loi sur les Langues officielles, que la société est tenue de considérer.
Jean Léger espère obtenir une réponse relativement à la plainte de la FANE au début de l’automne. « Un agent a été affecté à ce dossier. Cette personne devra faire des recherches sur les services offerts en Saskatchewan et en Nouvelle-Écosse pour voir s’il n’y a pas un manquement de Radio-Canada », énonce Jean Léger.
Pour le directeur général de la FANE, il est à souhaiter que les Acadiens obtiendront davantage de services de la part de Radio-Canada. « Nous ne voulons pas enlever un service à une communauté pour que nous en obtenions davantage. Nous espérons seulement que le gouvernement fédéral investira davantage pour accroître le service offert par Radio-Canada aux francophones de l’Atlantique », lance M. Léger.
Selon Jean Léger, la présence de Radio-Canada est essentielle à l’épanouissement des Acadiens de la Nouvelle-Écosse. « Lorsque je parle à des gens de Radio-Canada, je leur mentionne que c’est parce que nous les aimons tellement que nous en voulons plus », conclut-il.
Editeur : Association de la presse francophone
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