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Le 21 juillet 2003
Service de nouvelles de l'APF
Le bilinguisme au travail, est-ce vraiment payant?
Etienne Alary
Le bilinguisme au pays est considéré comme un atout. Pourtant, la maîtrise des deux langues officielles au travail dans les provinces de l’Atlantique et dans l’Ouest canadien ne rapporte pas nécessairement plus à une personne au niveau monétaire.C’est ce qui ressort d’une analyse, faite par l’Association d’études canadiennes, des données du recensement de 2001 sur la question des salaires et de la langue.
Cette étude démontre qu’une personne unilingue anglophone gagnait plus d’argent qu’une personne bilingue à l’île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et en Saskatchewan. Même dans la Capitale nationale, la différence de salaire n’est pas aussi grande qu’on pourrait le croire. En effet, l’analyse révèle qu’une personne bilingue travaillant à Ottawa avait un salaire médian de 39 250 $, comparativement à 38 413 $ pour une personne unilingue anglophone.
Ce n’est que dans la ville de Toronto et dans la province de Québec où l’enquête note une très grande différence entre le salaire moyen d’une personne bilingue et d’une personne unilingue anglophone. Dans la ville Reine, un salarié bilingue gagnait plus de 47 700 $, ce qui représente près de 13 700 $ de plus qu’une personne unilingue anglophone.
Du côté du Québec, le salaire médian d’une personne bilingue dépassait les 32 000 $, comparativement à 24 000 $ pour une personne unilingue. Sur le plan national, le salaire médian d’une personne bilingue se situait à 32 662 $ alors que le salaire moyen d’une personne unilingue anglophone était de 30 576 $. De leur côté, les personnes qui ont indiqué être unilingue francophone avaient un salaire médian de 22 342 $.
Après l’Ontario et le Québec, c’est à Terre-Neuve où le bilinguisme rapporte le plus. En effet, cette province de l’Atlantique se classe au troisième rang avec un salaire annuel médian plus élevé d’environ 2700 $ pour un employé bilingue comparativement à une personne unilingue anglophone.
Avec une différence de 1500 $ et de 800 $ entre un salarié bilingue et unilingue anglophone, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse arrivent respectivement au 4e et au 5e rang. De l’autre côté de la médaille, c’est à l’île-du-Prince-Édouard où il était financièrement moins avantageux d’être bilingue. En effet, une personne bilingue gagnait, en moyenne, 2000 $ de moins qu’une personne unilingue anglophone.
Avec un salaire médian inférieur d’environ 1000 $ pour les salariés bilingues, le Nouveau-Brunswick suivait l’île-du-Prince-Édouard. En ce qui a trait aux trois provinces des Prairies, il y avait moins de 200 $ de différence entre le salaire médian d’une personne bilingue et unilingue anglophone.
Cependant, c’est au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta où les salaires médians des personnes se disant unilingue francophone étaient parmi les plus élevés du pays. Avec un salaire médian de 26 315 $, le Manitoba constituait la province où une personne unilingue francophone gagnait, en moyenne, le plus d’argent au pays. Avec près de 24 500 $, les unilingues francophones de Terre-Neuve arrivent au second rang. Terre-Neuve est suivie dans l’ordre par la Saskatchewan (23 400 $), le Québec (22 400 $) et l’Alberta (21 100 $).
Editeur : Association de la presse francophone
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