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24 juin 2001
Service de nouvelles de l'APF
Santé en français : L’art de la guerre, version Montfort
Yves Lusignan
Les francophones doivent se tenir debout et adopter une attitude guerrière s’ils veulent finalement obtenir des services de santé dans leur langue. Celle qui parle en connaît un bout en la matière. La présidente de SOS Montfort, Gisèle Lalonde, a donné quelques conseils aux francophones qui assistaient à une discussion sur l’accès à des soins de santé en français, qui était organisé dans le cadre de l’assemblée annuelle de la Fédération des communautés francophones et acadienne.
Selon Mme Lalonde, ceux et celles qui se lanceront dans la bataille doivent d’abord et avant tout adopter une attitude de leader : « Les jeunes veulent faire partie d’une équipe gagnante » rappelle la figure de proue de l’Hôpital Montfort.
Les francophones doivent aussi cesser d’avoir peur. « Les associations francophones ont trop souvent peur de demander le maximum. Combien de fois des associations ont eu peur de se tenir debout. Quand on a peur, on est manipulable. »
Mme Lalonde se rappelle d’ailleurs que de nombreux Franco Ontariens ont tenté de dissuader Montfort d’aller de l’avant devant les tribunaux « de peur de perdre des subventions. »
Tous les francophones au pays doivent avoir accès « à toute la gamme » des services de santé en français, pense-t-elle, et les établissements de santé doivent être administrés par des francophones. Elle suggère de s’appuyer sur les services existants en créant « des noyaux forts », pour ensuite les étendre dans les communautés éloignées.
Il faut aussi que les francophones articulent un message clair à l’intention de la Commission Romanow, qui se penche actuellement sur l’avenir des soins de santé.
Un message qui sera répété d’un bout à l’autre du pays. Mais surtout, dit elle, il faut « avoir une attitude confiante, qui ne fait aucunement place à la peur. »
L’avocat de Montfort, Me Ronald Caza, estime que la Commission Romanow offre une excellente occasion de faire avancer le dossier des soins de santé en français. D’où l’importance de se faire entendre. On ne peut sous estimer le poids d’un rapport, dit il, puisque ses conclusions peuvent servir devant les tribunaux.
« Si le rapport dit que les francophones en milieu minoritaire ont besoin d’argent, cela va donner beaucoup de poids. »
C’est qu’une bataille devant les tribunaux n’est jamais gagnée d’avance. Il faut « de la preuve » et elle ne peut que venir d’études commandées auprès d’experts, qui se pencheront sur l’état des soins de santé en milieu minoritaire.
« Il faut s’assurer que la Commission investit de l’argent pour démontrer que les besoins de la population en situation minoritaire sont différents. »
L’accès aux soins de santé en français compte parmi les grandes priorités de la Fédération des communautés francophones et acadiennes. Selon une récente étude, plus de la moitié des francophones vivant en milieu minoritaire n’ont pas accès à des services de santé en français.
Editeur : Association de la presse francophone
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