|
Bienvenue sur le site de nouvelles nationales!
Le 29 août 2003
Service de nouvelles de l'APF
À la barre de la FCFA depuis six ans: mission accomplie pour Richard Barrette!
Étienne Alary
Depuis la fin du mois d’août, il y a un vide à la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada puisque le directeur général Richard Barrette a décidé de ne pas renouveler son contrat.
Après tout, Richard Barrette est une des personnes qui a cumulé les fonctions de direction générale de l’organisme le plus longtemps.
" Cela fait six ans que je suis à la direction générale de la FCFA. Je m’étais donné quelques objectifs à atteindre lors de ces deux mandats de trois ans et je crois que ces objectifs ont été accomplis ", mentionne le principal intéressé lorsque rencontré quelques jours avant la fin de son mandat.
Selon Richard Barrette, le moment était propice pour laisser sa place. " Il y a du changement dans l’air par les temps qui courent. Du côté du fédéral, le Parti libéral s’apprête à changer de chef et il risque d’y avoir des élections fédérales prochainement. Depuis que je suis à la direction générale de la FCFA, j’ai vécu deux élections et à chaque fois, il faut recommencer notre travail de sensibilisation ", déclare M. Barrette.
" Le Québec aussi a vécu un changement de gouvernement et là aussi les contacts sont à refaire. J’estimais que ça ne servait à rien de me relancer dans ce processus pour ensuite quitter mon poste dans un an ou deux ", ajoute-t-il.
Travail exigeant Richard Barrette affirme aussi que la charge de travail a également été un facteur qu’il a pris en considération. " C’est un travail très exigeant. Ceux qui pensent que la FCFA a un surplus de personnel se trompe. On travaille avec les moyens réduits. Il ne faut pas oublier que les tentacules de l’organisme sont partout et il faut toujours être vigilant ", soutient M. Barrette.
Par charge de travail, Richard Barrette entend les rencontres avec les organismes membres, les nombreux voyages à travers le pays, les mémoires à préparer, les contacts à faire au gouvernement… " Oui c’est exigeant mais il ne faut pas oublier que c’est nous qui avons créé cette charge de travail ", lance-t-il en ajoutant que tous ces dossiers étaient essentiels pour permettre l’épanouissement des communautés francophones en milieu minoritaire.
Mission accomplie Celui qui est entré en fonction en septembre 1997 pour succéder à Yvon Samson, après trois années à titre de directeur au bureau de la FCFA à Québec, croit que la FCFA a réussi à se donner le statut d’incontournable.
Le premier dossier auquel il fait référence est celui du gouvernement fédéral. " À mon arrivée en poste, j’ai remarqué que l’appui du gouvernement fédéral à l’égard des minorités était assez partiel. Il y avait de bonnes intentions, notamment par l’entremise de Patrimoine canadien, mais même à ce niveau là, on voyait les limites ", explique Richard Barrette. " Lorsque venait le temps d’aller voir d’autres ministères, on se faisait dire de se mettre en ligne avec les autres et d’attendre notre tour ", précise-t-il.
Dès lors, la FCFA s’est donné le mandat d’inciter le fédéral à appliquer une politique globale d’appui aux langues officielles. " Ce n’était pas quelque chose de nouveau. Ça existait dans la loi mais elle n’était pas appliquée ", fait remarquer Richard Barrette.
Comme le rappelle M. Barrette, la stratégie de l’époque était bien simple. " Nous y allions un ministère à la fois. Une fois un ministère choisi, nous cognions sur le même clou pendant des mois jusqu’à ce qu’il reconnaisse un appui pour les minorités de langues officielles ", explique-t-il.
Depuis, le gouvernement fédéral s’est doté d’un ministre responsable des langues officielles en la personne de Stéphane Dion. " Lorsque le premier ministre a nommé M. Dion à ce poste, nous savions que nous aurions tôt ou tard un plan d’action. Ce plan, nous l’avons eu le 12 mars dernier. Le défi maintenant sera d’amener les communautés à travailler ensemble dans les différents secteurs pour mettre en œuvre ce plan ", énonce Richard Barrette.
Dialogue en direct Pour Richard Barrette, la tenue de l’événement Dialogue en direct en mars 2001 est un autre projet qui retient son attention. " Nous voulions savoir ce que les gens à la base pensaient de notre organisme. Puisque la FCFA est un porte-parole privilégié, nous voulions connaître également qu’elle était notre crédibilité auprès la majorité et des groupes ethnoculturels ", déclare Richard Barrette.
Une enquête a alors été menée. " Nous avons ratissé le Canada en entier et près de 300 personnes, des leaders et des politiciens, ont participé à cette enquête. Nous nous sommes aperçus que le dossier des langues officielles au Canada n’était pas vu comme quelque chose de négatif. Il y avait cependant de l’indifférence et surtout de la méconnaissance face à cette question. Nous avions donc un défi à relever et il fallait se doter d’une stratégie ", affirme Richard Barrette.
De là est née la tournée Dialogue 2000 qui a permis à la FCFA, par l’intermédiaire de son groupe de travail, de développer le profil de chaque communauté francophone en milieu minoritaire. " Un millier de personne a contribué à cet exercice de rapprochement. Cela nous a permis de savoir qui on est et qu’est-ce qu’on fait ", présente M. Barrette.
La tournée Dialogue a été suivie par l’exercice Dialogue en direct. " Au-delà de 500 personnes ont participé à Dialogue en direct qui a eu lieu en mars 2001 à Ottawa. De cette rencontre, un rapport a été produit et c’est grâce à ce rapport si des initiatives dans des domaines comme l’immigration et la santé, par exemple, ont été entreprises ", signale Richard Barrette.
Une communauté plus ouverte Selon l’ancien directeur général de la FCFA, Dialogue aura permis de réaliser que les communautés doivent s’ouvrir. " Au cours des 20 dernières années, les communautés ont été très renfermées sur elles-mêmes. C’est un phénomène compréhensible avec l’assimilation qui a gagné de la vitesse au cours de ces années. Cependant, au cours des dernières années, les francophones se sont battus. Cela n’a pas été facile mais ils ont eu, entre autres, leurs écoles pour ensuite obtenir la gestion de celles-ci. Ces victoires nous ont donné beaucoup d’assurance et le temps est peut-être venu de consolider nos biens en étant plus ouvert ", croit Richard Barrette.
Ce dernier fait allusion à l’immigration mais aussi à l’inclusion de ceux qui ont comme deuxième langue le français. " Grâce à l’immersion, le potentiel est là. Selon certaines données, il y aurait deux fois plus de personne qui ont le français comme langue seconde qu’il y a de francophones de souche au pays. Même chose du côté de l’immigration. Les gens qui nous arrivent de l’extérieur du pays passent tous par le même canal et c’est à ce moment là qu’ils se perdent dans la majorité. Nous avons perdu beaucoup de francophones à cause de cela et nous sommes à mettre sur pied un système qui va permettre de régler cela ", soutient Richard Barrette.
Ententes Canada-communautés Richard Barrette est d’avis que la francophonie s’est bien relevée à la suite des années de compressions budgétaires. " La période de coupures au fédéral, qui s’est échelonnée de 1992 à 1999, a été très difficile pour tous les Canadiens mais les francophones ont été doublement touché parce qu’à l’exception des ententes, il n’y avait pas d’autres ressources où aller puiser les fonds ", explique-t-il.
C’est à ce moment que la FCFA a décidé de créer "Équipe francophonie". " En 1998, nous avons décidé de changer notre approche relativement au financement. Avant, l’approche était plutôt agressive et cela ne permettait pas de dialogue puisque tout le monde restait sur ses positions. C’est à ce moment que nous avons décidé de mettre en place quelque chose de structuré et "Équipe francophonie" a vu le jour ", indique Richard Barrette.
Le but de cette initiative était d’envahir la colline parlementaire afin de rencontrer des députés, des ministres et des hauts fonctionnaires. " Si on se souvient bien, à l’époque, c’était les premières années où le fédéral annonçaient ses premiers milliards de dollars en surplus budgétaire et notre message était que de notre côté, on en arrachait. Cette initiative a porté fruits puisque lors du budget suivant, le fédéral allouait 70 millions $ supplémentaires à la francophonie. Les francophones ont été le premier groupe d’intérêt à recevoir de l’argent de ces surplus là ", souligne M. Barrette.
À l’aube du renouvellement des Ententes Canada-communautés et avec l’annonce du Plan d’action pour les langues officielles, Richard Barrette espère que la francophonie pourra continuer à s’épanouir. " La communauté francophone est en pleine croissance et qui dit croissance, dit augmentation des besoins ", énonce Richard Barrette.
Bien entouré Selon M. Barrette, les dossiers du développement global de la communauté et du rapprochement ne sont pas l’affaire d’une seule personne. " Tout cela, ça ne se fait pas tout seul. Au point de départ, tout vient de la base et ce sont ces personnes dans les communautés qui sont les plus grands alliers de la FCFA ", dit-t-il.
Ce dernier ajoute que " ces personnes, qu’ils soient dans les Territoires du Nord Ouest, en Saskatchewan ou à Terre-Neuve, sont déterminées à ne pas disparaître. Partout au pays, on sent cette énergie et c’est ce qui fait la force de la communauté ".
C’est cette énergie que Richard Barrette retient le plus de son passage de six ans à la barre de la FCFA. " Comme petit québécois, j’ai eu une chance privilégiée de pouvoir travailler avec ces gens qui ont à cœur leur francophonie. Quant à l’avenir, rien n’est encore confirmé mais il y une chose dont je suis certain, c’est que j’ai une obligation d’être un ambassadeur entre nos communautés francophones et le Québec ", conclut Richard Barrette.
Télécharger le fichier
Editeur : Association de la presse francophone
|

|