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Le 12 septembre 2003
Service de nouvelles de l'APF
Ottawa, une ville bilingue: la dernière grande bataille linguistique du sénateur Gauthier
Étienne Alary
Lorsque l’on pense au sénateur Jean-Robert Gauthier, des mots tels que défense, droit, minorité et francophone viennent automatiquement à l’esprit. Cet ancien député libéral fédéral pendant près de 20 ans, qui a par la suite été nominé au Sénat en 1994, compte profiter de ses derniers mois de carrière politique pour livrer une dernière grande bataille linguistique: faire d’Ottawa une ville bilingue.
" La capitale, c’est un symbole important pour un pays. Notre capitale devrait refléter la dualité linguistique du Canada. Nous devons être aussi fiers de notre capitale que les Français sont fiers de Paris et que les Anglais sont fiers de Londres ", a affirmé Jean-Robert Gauthier. " Peut-être que je rêve en couleur mais une chose est certaine, on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé ", ajoute-t-il.
Ce n’est pas la première fois que l’homme politique s’attaque à ce dossier. Il avait même réussi à faire adopter, à l’unanimité, il y a trois ans, par le Sénat une motion à l’effet qu’Ottawa devienne bilingue. " À chaque fois, on s’est buté à une objection du gouvernement de l’Ontario. Leur résistance systématique a fait en sorte que le dossier n’a jamais pris l’importance qui lui revient ", mentionne Jean-Robert Gauthier.
Pourquoi cette fois-ci, la situation serait-elle différente? " Il y aura des élections provinciales prochainement et si les libéraux sont élus, les chances que le dossier aille de l’avant sont bonnes. Dans une lettre qui m’a été adressée le 27 juin dernier, M. McGuinty (Dalton McGuinty, chef du Parti libéral de l’Ontario) écrivait : je pense que nous devrions reconnaître formellement le caractère bilingue de la ville d’Ottawa ", explique le sénateur Gauthier.
Afin de mettre toutes les chances de son côté, Jean-Robert Gauthier a présenté en juin dernier une modification à l’article 16 de la Loi constitutionnelle de 1867 qui se lit comme suit : " Jusqu’à ce qu’il en plaise à la Reine d’en ordonner autrement, Ottawa sera le siège du gouvernement du Canada. ".
Le sénateur Gauthier propose d’ajouter un deuxième paragraphe qui stipule que " dans le siège social du gouvernement du Canada, le public a droit à l’emploi du français et de l’anglais pour communiquer avec le gouvernement de l’Ontario et la ville d’Ottawa pour en recevoir les services ".
La première étape sera de défendre sa résolution au Sénat. " J’espère de lancer le débat au Sénat d’ici deux semaines. Si la résolution est acceptée, elle sera ensuite envoyée à la Chambre des communes. À ce moment-là, il y aura pas mal de travail à faire pour sensibiliser les députés mais il y en a plusieurs qui sont favorables. Lorsque les deux chambres se seront prononcées en faveur, la résolution sera ensuite envoyée à Queen’s Park ", explique Jean-Robert Gauthier.
Une pétition D’ici à ce que le premier débat ait lieu au Sénat, le sénateur Gauthier sollicite l’appui des francophones et même des anglophones qui veulent qu’Ottawa reflète la dualité linguistique du pays. " Au cours de l’été, j’ai préparé la rentrée parlementaire. Dans le rapport parlementaire qui a été envoyé au mois d’août, une pétition a été incluse pour inciter les gens à appuyer cette démarche ", souligne M. Gauthier.
Quelque 5000 copies de ce rapport ont été envoyées à Ottawa et un peu partout en Ontario. " Nous nous préparons aussi à faire un tirage à part de la pétition afin de la distribuer dans les écoles, les groupes sociaux et bien plus ", déclare Jean-Robert Gauthier.
Le sénateur libéral espère, évidemment, obtenir le plus de signatures possible. " Je vais prendre ce que les gens vont retourner. Je compte me déplacer à travers la ville et peut-être même dans la province pour encourager les gens à signer cette pétition ", indique le sénateur Gauthier.
Selon M. Gauthier, la pétition viendra donner du poids à ses démarches. " Ce que je veux faire comprendre aux gens par ces initiatives, c’est que je ne prends pas ce dossier à la légère. Si le dénouement est heureux, ce sera tant mieux et sinon, c’est évident que je serai déçu ", avoue-t-il.
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Editeur : Association de la presse francophone
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