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Le 23 octobre 2003

Service de nouvelles de l'APF

Union de la droite au Canada : alliancistes et conservateurs signent une entente historique

Après 16 ans de division, la droite au Canada pourrait être unifiée à compter du 12 décembre 2003. Une entente qualifiée d’historique a été signée en ce sens, à Ottawa à la mi-octobre, par le chef du Parti progressiste-conservateur (PC), Peter MacKay, et celui de l'Alliance canadienne, Stephen Harper.

Si cette entente se concrétise, le nouveau parti de la droite porterait le nom de "Parti conservateur du Canada". " Cette entente est le résultat de négociations difficiles au cours des deux derniers mois. Le cadre de référence était en place il y a deux semaines mais il nous a fallu faire le point sur les principes et les valeurs sous-tendant cette entente. Le résultat est non seulement une entente de principe. C’est un accord comportant des principes. L’entente reconnaît l’importance des valeurs intégrales du Parti PC du Canada ", a déclaré Peter MacKay lors d’un point de presse.

D’ici le 12 décembre, les chefs des deux partis auront pas mal de pain sur la planche. Dans un premier temps, Stephen Harper devra obtenir l’appui de 51 % des militants de l’Alliance canadienne alors que du côté des conservateurs, se sont les deux tiers des membres qui devront donner leur aval à ce projet de fusion.

Un comité d’organisation entourant l’élection éventuelle d’un chef devra également être créé. Ce comité sera composé d’entre deux et quatre personnes des deux partis.

De plus, depuis le 18 octobre dernier, autant du côté des conservateurs que du côté des alliancistes, il a été résolu de geler les assemblées de mise en candidature qui étaient prévues.

Selon cette entente de principe, les deux partis en cause seront partenaires égaux. Aucun parti provincial ne sera créé et le nouveau Parti conservateur du Canada encouragera et maintiendra les relations avec les partis progressistes-conservateurs provinciaux déjà existants.

Dix-neuf principes fondamentaux se retrouvent dans cet accord, dont un qui stipule une croyance " à l’égalité du statut de la langue française et de la langue anglaise de même qu’aux droits et privilèges égaux qu’elles confèrent au chapitre de leur utilisation dans toutes les institutions du Parlement et du gouvernement du Canada ".

Selon Peter MacKay, il était primordial de conclure un tel accord maintenant puisque la prochaine élection fédérale est imminente. " Les Canadiens et les Canadiennes veulent un choix – un véritable choix et une solution de rechange nationale au gouvernement en place – pour l’orientation de leur pays ", lance le chef du PC. " Au niveau de la circonscription, nos membres veulent mettre fin au partage des votes, qui a contribué à diviser et à creuser un fossé entre les amis, les voisins et les conservateurs entre eux. Ce partage des votes a entravé le mouvement conservateur au Canada et a fait en sorte que nous nous retrouvons avec un État à parti unique ", ajoute-t-il.

Si cette entente va de l’avant, un congrès à la direction de ce parti aurait lieu entre du 19 au 21 mars 2004. À noter que tous les membres existants du Parti progressiste-conservateur et de l’Alliance canadienne deviendraient automatiquement membre du nouveau parti. Les autres Canadiens auraient jusqu’au 29 février 2004 pour devenir membre en règle du Parti conservateur du Canada et ainsi avoir un droit de vote lors du congrès à la direction.

Des réserves de certains conservateurs
L’ancien chef du Parti progressiste-conservateur, Joe Clark, a souligné qu’il ne pouvait pas appuyer une telle entente puisqu’il ne s’agit que d’une bonne nouvelle à court terme. " L’entente proposée mettrait fin au Parti progressiste-conservateur du Canada et créerait une nouvelle entité. Cette nouvelle entité pourrait fort bien se révéler plus compétitive, lors des prochaines élections, dans certaines circonscriptions, dans certaines régions. Cela pourrait s’avérer un gain à court terme ", mentionne M. Clark. " À long terme, cependant, cela aurait pour effet de rendre la politique au Canada moins concurrentielle, par l’abolition du seul Parti national dont les assises sont assez larges pour constituer une véritable solution de rechange aux gouvernements libéraux ", croit-il.

Joe Clark soutient que ce n’est pas seulement un nom et une histoire qui sont en cause. " Il est question d’une réputation chèrement acquise à titre de Parti qui englobe, à la grandeur du Canada. En ce qui me concerne, je ne peux pas appuyer une proposition qui signalerait la disparition de ce Parti, et mettrait cette réputation en péril ", conclut-il.

De son côté, le député conservateur québécois, André Bachand, a lui aussi émis quelques réserves. " Le Québec, les francophones et les Canadiens de toutes les régions auront-ils un vrai parti comme alternative ou simplement un regroupement d’opposition ", a-t-il questionné.

Editeur : Association de la presse francophone


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