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Le 17 novembre 2003

Service de nouvelles de l'APF

Dix pour cent du Fonds canadien de télévision sera réservé à la production francophone hors Québec

Étienne Alary

Une révision des programmes de financement au Fonds canadien de télévision (FCT) permettra aux producteurs francophones situés à l’extérieur du Québec d’avoir un accès exclusif, pour les années 2004-2005 et 2005-2006, à des fonds disponibles pour le soutien à la production sur le marché francophone.

Le FTC a, en effet, décidé de réserver 10 % de ces sommes à des projets de langue française provenant de l'extérieur du Québec. Par cette approche, le FCT a voulu établir des approches distinctes pour les deux marchés linguistiques afin de refléter les différents objectifs en matière d'auditoires visés pour les émissions de langues française et anglaise.

En réaction à cette annonce qui permet aux producteurs francophones en milieu minoritaire d’avoir un accès à quelque six millions de dollars pour la prochaine année, la présidente de l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC), Céline Chevier, a parlé d’un " optimisme prudent ".

" Nous sommes contents de cette décision car les négociations ont été ardues. Il a fallu faire en sorte que les décideurs comprennent bien la réalité d’être un producteur francophone hors Québec ", de mentionner Mme Chevrier.

Pour le producteur délégué des "Productions Rivard Inc.", Louis Paquin, cette nouvelle arrive à point. " Cette annonce vient reconnaître la légitimité de la place qu’occupent les productions émanant des régions ", lance-t-il. " On demeure en compétition avec les autres maisons de productions en milieu minoritaire mais cette révision nous permet de pouvoir regarder vers l’avenir car ces sommes nous sont réservées ", ajoute le producteur du Manitoba.

Louis Paquin ne cache pas que pour plusieurs producteurs situés à l’extérieur du Québec, les dernières années n’ont pas été faciles. " La situation était très précaire. Au cours des cinq dernières années, il est arrivé deux fois que tous les projets qui provenaient de maisons de production hors Québec ont été refusés ", mentionne Louis Paquin. " Ce plancher de six millions offre donc une garantie. De plus, ce n’est pas une enveloppe mais bien un fonds car celui-ci peut augmenter si le gouvernement injecte plus d’argent dans le Fonds canadien de la télévision ", précise-t-il.

Même son de cloche du côté des Productions R. Charbonneau à Ottawa. " Grâce à ce fonds, il y a, aujourd’hui, moins d’incertitude. Cela nous permet de respirer un peu plus car nous n’aurons pas à revivre la même crise que celles vécues dans le passé ", soutient Robert Charbonneau.

Une collaboration
Cependant, tous sont unanimes pour dire que cette annonce n’est pas une panacée. " Ce fonds est un point de départ mais cela n’est pas suffisant pour garantir la réalisation de productions. Il faudra établir des collaborations plus étroites avec les diffuseurs pour aller chercher le manque à gagner ", indique Céline Chevrier.

" Cela vient donner un signal clair aux diffuseurs que c’est par la production qui se fait en région qu’ils auront accès à cette partie du FCT ", souligne Louis Paquin.

Ce dernier donne en exemple une production de 100 000 $. De ce montant, le producteur pourrait aller chercher 30 % du fonds réservé aux producteurs situés en milieu minoritaire; somme qui n’était pas nécessairement disponible avant ce remaniement du Fonds canadien de la télévision.

Le diffuseur ajoute un 25 % pour la licence de diffusion et le producteur peut aller chercher un autre 15 à 20 % en crédit d’impôt.

" Pour la balance, il y a d’autres avenues à regarder. Le diffuseur peut décider d’ajouter à sa contribution en prenant de l’argent non pas pour la licence mais de son enveloppe que lui accorde le FCT ", fait remarquer Louis Paquin.

Maintenant qu’ils ont cette garantie, l’Alliance des producteurs francophones du Canada entend revendiquer pour que le fédéral revienne sur sa décision du printemps dernier de couper de 25 % dans le budget du FCT. " Si le gouvernement décidait de ramener sa contribution au FTC comme elle était avant les coupures, cela signifierait que l’enveloppe réservée aux producteurs francophones hors Québec ne serait pas de 6 millions mais bien de 7,5 millions de dollars ", conclut Louis Paquin.

Editeur : Association de la presse francophone


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