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Le 21 novembre 2003
Service de nouvelles de l'APF
Analyse comparative du RNAÉF : étudiantes et étudiants, une réalité bien différente!
Étienne Alary
Une enquête menée par le Réseau national d'Action éducation femmes (RNAÉF) auprès d’étudiantes et d’étudiants de cinq institutions universitaires dans la francophonie hors Québec (l’Université Moncton, l’Université d’Ottawa, l’Université Ste-Anne, l’Université Laurentienne et le Collège universitaire de Saint-Boniface) conclut que la situation économique de ces personnes est très différente selon leur sexe.
Cette analyse a permis de comparer la situation des filles et des garçons qui étaient majoritairement âgés de 19 ou 20 ans et célibataires. Les variables suivantes ont été regardées : le revenu annuel basé sur le travail, les sources de revenu, l’accès à un logement abordable, la conciliation travail et études et les taux d’endettement pour l’obtention d’un diplôme universitaire.
Revenu annuel Les résultats de l’étude démontrent que 44 % des étudiants gagnent un salaire moyen de plus de 10 000 $ comparativement à 24 % chez les étudiantes. Cependant, ce sont les étudiantes qui sont plus susceptibles de travailler pendant leurs études puisque 62 % d’entre elles le font (60 % à temps partiel), comparativement à 42 % chez les étudiants (39 % à temps partiel).
Un pourcentage identique, soit 69 %, d’étudiantes et d’étudiants travaillent à plein temps l’été.
Ce constat fait réagir la présidente du Réseau national d’action éducation femme, Jeanne d’Arc Gaudet. «Il s’agit ici d’une même problématique "salaire inégal pour un travail de valeur égale" que chez les femmes en milieu de travail et qui gagnent moins que les hommes pour un travail de valeur égale», mentionne-t-elle.
Sources de revenu Bien que la source de revenu la plus importante, autant du côté des étudiantes que des étudiants, est l’emploi à temps plein et à temps partiel, les répondants ont recours aussi à d’autres avenues.
Ainsi, environ 63 % des étudiantes et 56 % des étudiants indiquent avoir bénéficié de bourses au cours des 12 derniers mois.
En ce qui a trait aux prêts, 39 % des étudiantes et 31 % des étudiants ont reçu un prêt du gouvernement provincial. La majorité de ces répondants se sont dit satisfaits des prêts qu’ils ont reçus.
Logement De tous les répondants, 57 % des étudiantes et 56 % des étudiants ont souligné qu’ils poursuivaient leurs études dans une ville différente de l’endroit où habite leur famille.
La raison principale entourant ce choix est surtout relié au fait qu’il n’y a pas d’institution postsecondaire dans leur ville (49 % des étudiantes et 59 % des étudiants) ou que le programme désiré n’est pas disponible (17 % des étudiantes et 23 % des étudiants).
Les répondants ont aussi indiqué, dans une proportion de 11 % des étudiantes et 5 % des étudiants, qu’ils ont quitté leur région parce que leur programme n’est pas offert en français dans leur ville d’origine.
Il y a aussi 11 % des étudiants (0% des étudiants) qui ont mentionné avoir quitté parce qu’il n’y a pas d’institution post-econdaire francophone dans leur ville.
Par ailleurs, de ceux qui sont restés dans leur région pour étudier, 39 % des étudiantes et 42 % des étudiants habitent dans leur famille.
Parmi ceux et celles qui n’habitent pas avec leur famille, plus du tiers sont d’avis qu’il a été difficile de trouver un logement à prix abordable. Plus précisément, 40 % des étudiantes et 38 % des étudiants croient que l’exercice a été soit très ou assez difficile.
Les principales embûches relevées lors de leur quête de logement sont les coûts, la proximité de l’université, la qualité du logis et la disponibilité de logements.
Conciliation travail/études Puisque la majorité des répondants occupent un emploi pendant leurs études, le sondage du RNAÉF s’est attardé à la conciliation travail et études.
Parmi celles et ceux qui travaillent, 46 % des étudiantes expriment qu’elles éprouvent beaucoup et un peu de difficulté à concilier leur travail et leurs études. Pour les étudiants, 50 % disent éprouver un peu de difficulté.
Les résultats indiquent aussi qu’environ la moitié de ceux et celles qui travaillent pendant leurs études croient que le fait de travailler tout en étudiant crée un impact négatif sur leurs résultats scolaires.
Taux d’endettement La recherche indique que 56 % des étudiantes sont endettées en ce moment comparativement à 46% chez les étudiants. Lorsque leurs études seront complétées, 81 % des étudiantes prévoient être endettées, comparativement à 69 % chez les étudiants.
Au moment de l’enquête, la dette d’étude moyenne parmi les endettés était d’environ 10 000 $. Une fois leur formation terminée, les répondants, qu’ils soient endettés en ce moment ou non, croient que le montant de leur dette atteindra les 30 000 $.
Toujours pour des raisons financières, 12 % des étudiantes et 8 % des étudiants disent qu’il est probable qu’ils abandonneront leurs études au cours des prochaines années.
L’équité est de mise À la lumière de ces résultats, la présidente du Réseau national d’action éducation femme est d’avis que les divers gouvernements ont un devoir d’en faire plus pour faciliter l’accès à l’éducation postsecondaire pour les jeunes vivant en milieu francophone minoritaire.
Selon Jeanne d’Arc Gaudet, ces gouvernements doivent, entre autres, mettre en place des programmes de bourses et augmenter le financement des institutions de manière à recruter et faciliter l’intégration des étudiantes et des étudiants.
Elle estime que la mise en place de mesures pour diminuer l’endettement étudiant seraient souhaitables. Pour les étudiantes, une façon d’y arriver, d’après Mme Gaudet, passe par l’application de politiques sur l’équité salariale qui permettraient d’enrayer la discrimination salariale chez les étudiantes.
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Editeur : Association de la presse francophone
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