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Le 9 février 2004
Service de nouvelles de l'APF
Le Québec reprend sa place au cœur de la francophonie canadienne
Le Métropolitain
Un Franco-Ontarien au Conseil des ministres à Québec ? C’est bien ce qu’affirme Benoît Pelletier, ministre des Affaires intergouvernementales de la Belle province. Il a vécu à Ottawa plusieurs années, même avant d’entrer en politique, et a été bénévole pour bon nombre d’organismes : «J’ai une amitié tout à fait naturelle pour les Franco-Ontariens», a-t-il signalé alors qu’il était de passage au Centre francophone de Toronto le 6 février dernier pour y rencontrer les représentants d’organismes francophones de la ville.
Cette amitié va de pair avec un changement fondamental de politique de la part du gouvernement québécois : «Le Québec, en quelque sorte, réintègre, politiquement parlant, la francophonie canadienne (…) Pendant un certain nombre d’années, le Québec n’osait pas dire qu’il faisait partie de la francophonie canadienne. Il y avait le Québec d’un côté, les francophones vivant en situation minoritaire de l’autre, et le Québec tenait à ce que cette distinction-là soit bien claire au point de vue politique.»
Non seulement le ministre a-t-il annoncé un nouvel esprit de collaboration avec les francophones hors Québec, mais il a montré du doigt l’insuffisance des actions du gouvernement canadien : «Pour moi, il est très clair que l’une des valeurs du Canada est la dualité linguistique. D’ailleurs, je regrette que les politiciens fédéraux manquent à leur devoir à cet égard depuis un certain nombre d’années et ne répètent pas suffisamment à quel point la dualité linguistique fait partie intégrante de la personnalité canadienne (…) nous ne devons pas hésiter, au besoin, à confronter le nouveau gouvernement canadien à ses responsabilités historiques, ayant trait à l’existence, au développement et à l’épanouissement de la francophonie au Canada.»
Ainsi, pour la première fois depuis quelques années, le Québec a décidé de participer à la conférence fédérale-provinciale des ministres responsables de la francophonie, tenue il y a quelques mois au Manitoba. Du côté des gestes concrets, le changement de politique se traduira par deux initiatives dans l’immédiat, ainsi que par plusieurs partenariats particuliers à l’avenir. D’abord, un forum aura lieu ce printemps pour redéfinir la francophonie canadienne : «Plutôt que d’avoir une approche paternaliste, nous allons redéfinir notre philosophie ensemble», a déclaré monsieur Pelletier. Ensuite, le Québec souhaite créer un Centre de la francophonie dans les Amériques qui servirait de lieu de rencontre, de discussion et d’analyse : «Il doit avoir aussi comme mission de favoriser la communication avec le public. Donc, il y aurait là une tâche qui serait celle de mieux faire comprendre la francophonie canadienne aux Québécois, de mieux faire comprendre la francophonie canadienne aux anglophones des autres provinces, et enfin peut-être même aux francophones eux-mêmes, pour qu’ils découvrent le sens profond de cette francophonie à laquelle nous appartenons.»
Le ministre devait rencontrer plus tard la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur : «On va essayer de voir quel type d’appui le Québec pourrait lui donner dans l’avenir, toujours pour avancer la cause des Franco-Ontariens», a-t-il expliqué. Le Québec négocie actuellement une entente globale avec l’Ontario dont la francophonie est un volet important, sinon le seul. L’entente pourrait être signée soit à la fin du printemps, soit au début de l’automne 2004. «Je dépasse ici l’enjeu de la francophonie, mais mon but, c’est qu’il y ait une plus grande complicité entre le Québec et l’Ontario, à tous les points de vue», a ajouté monsieur Pelletier.
Son souhait? «C’est que d’ici la fin de notre mandat, nous sentions vraiment que nous avons une francophonie canadienne beaucoup plus unie et que nous renforcions la solidarité entre les Québécois et les francophones du reste du Canada. Il est très clair pour nous que le Québec fait partie intégrante de la francophonie canadienne. Il est un leader, cependant, au sein de cette francophonie-là, je pense que c’est indéniable, et il doit le rester, mais il en fait partie intégrante.»
Editeur : Association de la presse francophone
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