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Le 4 mars 2004

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Symposium sur les langues officielles : début d'un nouvel acte

Étienne Alary

Un des objectifs du Plan d’action sur les langues officielles est de doubler, d’ici 2013, le nombre de jeunes Canadiens possédant une connaissance de leur deuxième langue officielle. C’est justement pour cibler les actions à entreprendre afin de réaliser cet objectif qu’une centaine de personnes ont accepté l’invitation du Commissariat aux langues officielles pour participer à un symposium, du 2 au 4 mars dernier, à Toronto.

« Les jeunes Canadiennes et Canadiens sont de plus en plus conscients qu'il est à leur avantage de connaître une deuxième langue », de déclarer la commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, lors de la conférence de presse donnant le coup d’envoi au Symposium.

Pour Dyane Adam, l’apport de tous est essentiel pour permettre la réalisation de doubler, d’ici 2013 le nombre de jeunes bilingues. « À ce jour, il y a 24 % des jeunes qui connaissent leur deuxième langue officielle. Ce projet est un grand projet qui touche tout le monde. Nous devons tous travailler ensemble », mentionne Mme Adam en faisant allusion au gouvernement fédéral, aux gouvernements provinciaux mais aussi aux organismes du secteur de l’enseignement.

Pour le président national de Canadian Parents for French (CPF), Ian Richmond, c’est une question d’attitude. « Le plus grand obstacle à l’apprentissage du français (comme langue seconde) c’est l’attitude. L’attitude des élèves, l’attitude des écoles dans certains cas et même l’attitude de la société », mentionne l’enseignant à l’Université Ste-Anne en Nouvelle-Écosse.

Selon M. Richmond, il faut arrêter l’hémorragie dans les programmes de français de base. « Les programmes d’immersion vont bien, mais le nombre d’inscription dans les programmes de français de base est relativement stable voir stagnant. De plus, 90 % des étudiants qui débutent un programme de français de base vont l’abandonner avant d’avoir atteint la 12e année », déclare Ian Richmond.

Comme le fait remarquer le président national de CPF, tout passe par la sensibilisation. « Il faut convaincre les parents et les élèves des avantages d’une seconde langue et pas seulement le côté économique (meilleure chance d’emploi et meilleur salaire). Il est prouvé que le bilinguisme a des avantages cognitifs. Les élèves qui apprennent une deuxième langue sont plus forts dans d’autres matières », explique M. Richmond en ajoutant « le développement du cerveau se fait grâce au bilinguisme ».

Un français de qualité?
Former des personnes bilingues est une chose mais ces élèves sortiront-ils de l’école avec un français écrit de qualité ? « Au niveau oral, les finissants des écoles d’immersion parlent couramment le français avec aisance. Au niveau de l’écrit, là il y a certainement un problème », indique le président national de CPF. « Mais, cela dit, on peut dire la même chose des élèves anglophones qui sortent des écoles anglophones », enchaîne-t-il.

Son Excellence John Ralston Saul, va plus loin. « Les francophones du Québec ont le même problème. C’est un problème que l’on retrouve partout au pays », indique-t-il.

Les universités ciblées
Pour John Ralston Saul, l’enseignement du français au primaire et au secondaire est une chose mais il ne faut pas non plus écarter l’enseignement postsecondaire. « L’accent a été mis sur les 12 premières années d’enseignement d’un élève mais qu’est-ce qui arrive une fois que ce jeune a obtenu son diplôme d’études secondaires », question M. Ralston Saul. « La clé est une expansion rapide du bilinguisme des universités », ajoute-t-il.

La commissaire aux langues officielles reconnaît aussi que les universités pourraient en faire plus au niveau de l’enseignement en français. « Les universités anglophones ont beaucoup plus de capacité d’enseigner en français qu’elles ne le font », déclare Dyane Adam. « Il n’y a pas de doute, les universités doivent être au rendez-vous », ajoute-t-elle.

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