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Le 29 mars 2004

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Fonction publique fédérale : le français est sous-utilisé au profit de la langue d'ascension professionnelle...

Étienne Alary

La langue anglaise demeure la langue de prédilection au sein de la fonction publique fédérale dans la région de la capitale nationale. C’est ce que confirme une nouvelle étude de la commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, publiée le 29 mars dernier.

« Des progrès ont été réalisés au cours des 15 dernières années. Nous somme sur la bonne voie mais il demeure que le français est encore sous-utilisé », a expliqué Mme Adam lors d’un point de presse qui lançait cette étude intitulée : « De la parole aux gestes : la langue de travail au sein de la fonction publique fédérale ».

« Pour les employés fédéraux anglophones et francophones qui ont le droit de travailler dans leur langue, l’environnement de travail actuel ne leur offre pas de chances égales de s’exprimer dans la langue de leur choix », indique la commissaire.

Ce nouveau document de Mme Adam découle d’études et de rapports émanant du secrétariat du Conseil du Trésor qui avaient démontré, en 2002, que le français était sous-utilisé comme langue de travail au sein de la fonction publique.

« Avec cette nouvelle étude, nous voulions aller plus loin en identifiant les facteurs déterminants. Celle-ci a confirmé ce que l’on croyait. Il faut commencer par la tête (les cadres) », énonce Dyane Adam.

Mme Adam souligne que les cadres doivent devenir des modèles du bilinguisme et ainsi témoigner du statut égal des deux langues officielles au sein de leur organisme. « Les gestionnaires doivent absolument faire comprendre au personnel qu’ils seront traités de la même façon et que leur contribution sera également valorisée, peu importe s’ils s’expriment en français ou en anglais. L’un ou l’autre est équivalent, c’est blanc bonnet et bonnet blanc », déclare la commissaire. « Sans de tels messages clairs de la part des gestionnaires, la cohabitation respectueuse des deux langues en milieu de travail fédéral demeurera un projet plutôt qu’une réalité », affirme-t-elle.

Selon Dyane Adam, pour un haut fonctionnaire, le statut d’être bilingue ne doit pas s’arrêter à sa sortie d’une formation intensive où la deuxième langue officielle a été apprise. Elle donne l’exemple de réunions entre fonctionnaires où chacun devrait pouvoir être libre de s’exprimer dans sa langue première. « Les francophones ne reçoivent pas de messages suffisants qui les confortent à utiliser leur langue », énonce la commissaire.

Dyane Adam lance aussi la balle aux employés. « Les fonctionnaires francophones ont une responsabilité de parler français », prévient-elle en faisant allusion à une utilisation accrue de la langue anglaise étant donné que cette dernière est souvent considérée comme la langue d'ascension profesionnelle.

Dans son étude, Dyane Adam émet une série de dix recommandations à l’intention du greffier du Conseil privé, de l’Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique du Canada et de l’École de la fonction publique.

Par le biais de ces recommandations, la commissaire propose un plan de valorisation des langues officielles en milieu de travail qui se résume en trois axes d’intervention complémentaires : l’expression d’un leadership clair et soutenu, le développement de la capacité personnelle et le renforcement de la capacité institutionnelle.

La commissaire recommande également au gouvernement de développer et de soutenir davantage les compétences linguistiques de son personnel, et ce, à tous les niveaux. En même temps, elle juge essentiel de bonifier la capacité institutionnelle car la formation linguistique et les tests de langues ne doivent pas être une fin en soi.

« Je m’attends à ce que le gouvernement fédéral prenne toutes les mesures nécessaires pour créer l’encadrement et les conditions pour inciter l’utilisation des deux langues au sein de ses institutions », conclut Mme Adam.

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