Service de nouvelle de l'APF

Des infos à votre portée sur le VIH/sida - Cliquez ici !

Imprimez cette pageInvitez votre ami(e) à visiter cette pagePlan du site



Accueil 


<< Retour | Archives

Bienvenue sur le site de nouvelles nationales!

Le 1er avril 2004

Service de nouvelles de l'APF

Développement de la petite enfance : du financement supplémentaire est nécessaire…

Étienne Alary

En matière de développement de la petite enfance, le gouvernement fédéral pourrait en faire davantage. C’est en reprenant les grandes lignes de l’étude «Libérer le potentiel caché de l’exogamie », réalisée en octobre 2003 par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, que la Commission nationale des parents francophones (CNPF) a lancé ce message aux membres du Comité permanent sur les langues officielles, le 31 mars dernier.

On se souviendra que cette étude de Rodrigue Landry avait fait ressortir une tendance linguistique à la baisse chez les jeunes francophones du Canada. « Deux facteurs expliquent cette baisse substantielle d’effectifs potentiels : le taux de fécondité très faible et un taux d’anglicisation des familles francophones élevé », a rappelé M. Landry aux membres du comité.

Selon le chercheur, les résultats les plus alarmants proviennent des familles exogames. « L’exogamie n’est pas une cause directe de l’assimilation. C’est plutôt la dynamique de langage qui est en cause », soutient M. Landry en faisant allusion à la langue utilisée à la maison.

Pour s’attaquer à ce fléau, la CNPF préconise une stratégie à trois composantes : la mise sur pied d’une campagne nationale, le développement de services d’appui à la famille et l’implantation d’une structure d’accueil capable de bien intégrer la clientèle.

La campagne nationale permettrait de conscientiser les familles exogames de la nécessité d’une éducation en français. « Beaucoup de parents ne le savent pas qu’ils sont ayants-droit », indique Rodrigue Landry. « L’immersion est aussi un compromis des mariages exogames », s’exclame M. Landry.

Il précise que ces parents se tournent vers l’immersion en souhaitant qu’une éducation 50-50 (50 % en français et 50 % en anglais) fasse de leurs enfants d’excellentes personnes bilingues. « L’immersion est un excellent programme pour les enfants anglophones puisqu’il permet d’apprendre le français comme langue seconde. Mais ce programme ne permet pas de développer une identité francophone », ajoute Rodrigue Landry.

Comme le fait remarquer la présidente de la CNPF, Ghislaine Pilon, le temps presse. « Un enfant ayant-droit n’est plus ayant-droit si un des parents n’est pas allé à l’école française. La clause grand-père n’existe plus alors on ne peut plus sauter une génération », mentionne Mme Pilon. « Si 50 % des enfants ayants-droit ne vont pas à l’école francophone (comme le démontre l’étude de Rodrigue Landry), dans 20 ans, il n’y aura plus d’école française », lance-t-elle.

Cette campagne arriverait aussi à point. « Cela fait dix ans que nous avons notre gestion scolaire et nous n’avons jamais eu de campagne nationale. Cette campagne pourrait contribuer au développement de nos communautés », énonce Ghislaine Pilon.

Mise sur pied de CPEF
Lorsque questionnés par les députés si les 22 millions $ du Plan d’action pour les langues officielles destinés à la petite enfance étaient suffisants, les délégués de la Commission nationale des parents francophones n’ont pas hésité longtemps avant de répondre. « Initialement, la petite enfance n’était pas dans le radar du Plan Dion (Plan d’action). Ce n’est qu’à la suite de l’intervention de la CNPF que cette composante a été ajoutée », déclare la directrice générale de l’organisme, Murielle Gagné-Ouellette.

Rappelons que de ces 22 millions de dollars, investis sur cinq ans, il y en a 3,8 millions qui servira à accroître le développement de la capacité, 7,4 millions destinés à l’alphabétisation familiale et 10,8 millions pour la recherche appliquée.

« C’est certainement un bon début. Mais est-ce que c’est assez? Non, ce ne l’est pas », mentionne Mme Gagné-Ouellette.

Les délégués de la CNPF font notamment allusion au montant destiné à la recherche appliquée; recherche qui consiste en la mise sur pied de cinq projets pilotes offrant des services de garde à temps plein pour les enfants de trois ans jusqu’à l’âge scolaire. Le but derrière cette initiative serait la mise sur pied de Centre de la petite enfance et de la famille (CPEF).

« Des recherches menées il y a deux ans ont fait ressortir que ça prendrait 33 millions de dollars pour créer des CPEF partout au pays », explique la directrice générale de la CNPF.

Comme le rappelle cette dernière, la petite enfance est à la merci des provinces puisque l’éducation est de juridiction provinciale. Même l’Entente fédérale-provinciale-territoriale sur le développement de la petite enfance signée en 2002 qui garantit un investissement de 2,2 milliards sur cinq ans n’est pas la panacée. « Lorsque cet argent arrive aux provinces et qu’il est distribué, les francophones sont souvent oubliés », prétend Murielle Gagné-Ouellette.

Pour Ghislaine Pilon, puisque la gestion scolaire est bien implantée au pays, l’année 2004 et les années à venir devraient servir à créer une clientèle pour le système scolaire francophone. « S’il n’y a pas de garderie française dans une communauté, le jeune arrive à l’école et il ne parle même pas le français. Il faut alors passer trois ans à franciser ce jeunes », indique la présidente de la CNPF.

Reste maintenant à la CNPF de voir comment le Comité permanent des langues officielles adressera la question dans son prochain rapport…

Télécharger le fichier Télécharger le fichier


Editeur : Association de la presse francophone


 VIA TVA = À la découverte de gens passionnés Cliquez ici !

 



Site réalisé grâce à l'éditeur Édimage
© Édimage Plus / Droits et aspects légaux / Association de la presse francophone