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Le 20 avril 2004

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CPAC sur le câble dans les deux langues : à vos boîtes noires!

Étienne Alary

Un nouvel épisode entourant la diffusion dans les deux langues officielles sur le câble de la Chaîne des affaires publiques par câble (CPAC) a été tourné, le 20 avril dernier, alors que comparaissaient, devant le Comité permanent des langues officielles, des représentants de l’Association canadienne par télévision par câble (ACTC).

La présence des dirigeants de l’ACTC devant ce comité découle de la comparution de représentants de CPAC, en février dernier. À l’époque, plusieurs questions relativement à l’accessibilité sur le câble de CPAC dans les deux langues officielles avaient été soulevées.

" À Bathurst, région que je représente et dont la population francophone et anglophone est 50-50, je peux vous assurer que CPAC n’est disponible que sur un canal ", a déclaré le député néo-démocrate d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin.

Ce questionnement de M. Godin a permis à l’ACTC de faire la distinction entre le signal analogique et le signal numérique. " Tous les câblodistributeurs de classe 1 (les plus grosses compagnies) et presque tous les câblodistributeurs de classe 2 (compagnie moyenne) offrent le service CPAC en anglais et en français sur deux canaux distinct sur le numérique ", explique le vice-président de Rogers Communications, Phil Lind. " Cependant, au niveau analogique, CPAC n’est que sur un canal et la langue de diffusion est la langue prédominante de la région ", ajoute M. Lind.

Ce dernier confirme que les abonnés au service analogique doivent donc avoir recours à la technologie SCES (second canal d’émissions sonores) pour avoir accès à une piste sonore auxiliaire.

L’ACTC rejette l’idée du député Godin de supprimer, sur le signal analogique, un canal américain afin d’y ajouter un deuxième canal distinct pour CPAC. " Il y a plusieurs éléments qu’il faut mettre en perspective ", souligne le président intérimaire de l’ACTC, Michael Hennessy. " Pour chaque canal analogique qu’on ne peut pas convertir aujourd’hui, on renonce à la possibilité d’offrir 10 à 12 nouvelles chaînes numériques ", précise-t-il. M. Hennessy fait aussi remarquer que la suppression d’une chaîne américaine ne ferait pas l’unanimité au sein de la population canadienne.

Le numérique permet également aux câblodistributeurs d’être compétitifs avec les entreprises de distribution par satellite de radiodiffusion directe ExpressVu et Star Choice. " L’analogique, c’est du passé. Nous sommes maintenant à l’ère numérique ", souligne le vice-président chargé des affaires corporatives à Cogeco Inc, Yves Mayrand. " Si on utilise l’analogique au détriment du numérique, on se tire dans le pied ", ajoute-t-il.

Reste aux électeurs du député Godin, comme à tous les autres Canadiens d’ailleurs, d’acheter ou de louer auprès de leur câblodistributeur la " boîte noire " qui permet de recevoir le signal numérique. " Mais encore là, je viens de contacter la compagnie Rogers à Bathurst et on me dit que le signal numérique n’est pas disponible partout ", présente Yvon Godin.

" Chaque entreprise a des projections différentes mais l’objectif est que bien avant la fin de la présente décennie, nous serons entièrement au numérique ", indique M. Mayrand.

Le représentant de l’ACTC soutient que la patience est de mise. " Nous reconnaissons l’importance pour les Canadiens d’avoir accès à CPAC dans les deux langues officielles mais ce qu’on vous dit, c’est qu’il faut le faire dans le cadre de la transition technologique ", mentionne Yves Mayrand.

"Piratage" des signaux

L’ACTC estime à 1,8 milliard de dollars l’investissement nécessaire pour doter chaque foyer canadien d’une " boîte noire " donnant accès au signal numérique.

Une partie du financement nécessaire pourrait provenir de gens qui reçoivent illégalement les signaux. L’ACTC fonde beaucoup d’espoirs sur le projet de loi C-2 : Loi modifiant la Loi sur la radiocommunication.

Présenté en première lecture en février dernier, ce projet de loi vise à empêcher le vol des signaux par satellite et la réception de signaux par satellite non autorisés par de meilleurs moyens de contrôle et par des augmentations considérables des peines.

" Une étude réalisée il y a deux ans faisait état de 750 000 foyers qui avaient abandonné le système canadien et ces chiffres étaient en pleine croissance ", mentionne Michael Hennessy.

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