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Le 4 mai 2004

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Un million de dollars pour «Partir en français»

Étienne Alary

L’appel de la Commission nationale des parents francophones (CNPF) a été entendu par le gouvernement fédéral. Depuis quelque temps, la CNPF tente d’obtenir du financement afin de mettre sur pied, dans toutes les écoles primaires francophones en milieu minoritaire du pays, des Centres de la petite enfance et de la famille (CPEF).

Le gouvernement fédéral, par l’entremise de son ministère du Développement social, a accepté d’allouer un peu plus d’un million de dollars, somme répartie sur 25 mois, pour le projet «Partir en français.»

Cet argent servira à donner au CNPF et aux communautés les outils nécessaires pour tenter d'obtenir un appui substantiel des instances provinciales et territoriales pour la mise sur pied de tels projets. L’éducation est de juridiction provinciale, a-t-on pris la peine de rappeler lors d’un point de presse, tenu le 4 mai dernier à Ottawa, annonçant cet octroi.

Grâce à ce million de dollars, le CNPF entend développer un modèle canadien de la formule québécoise en matière de petite enfance. « Au Canada, une seule province assure un accès universel à des services éducatifs de qualité pour les petits. Le Québec a fait ce qu’on appelle un virage social. C’est le résultat d’un consensus des milieux sociaux et éducatifs, du secteur de la santé et du monde des affaires. Le Québec offre des programmes éducatifs à plus de 80 % de sa population préscolaire », a présenté la présidente de la Commission nationale des parents francophones, Ghislaine Pilon, lors de son allocution.

Mme Pilon ajoute que dans le reste du Canada, seulement 12% des enfants ont accès à ce genre de services et chez les francophones, le taux est encore plus bas. « Nous proposons de corriger cette situation. Notre première tâche est de préparer le virage social dans nos communautés », indique-t-elle.

Avec ces fonds, la CNPF entend procéder à une tournée de sensibilisation pancanadienne qui permettra de bâtir la capacité des membres. « Le but de notre démarche est aussi de construire un consensus avec nos membres et nos partenaires autour de ce projet d’avenir. Comme les services à l’enfance sont de juridiction provinciale, nous allons alimenter sur le terrain le partenariat avec les gouvernements provinciaux », mentionne la présidente de la CNPF.

La Commission travaillera à consolider le réseau national de l'organisation et fournir des outils éducatifs pour favoriser l'apprentissage des jeunes enfants. Le lancement d'un centre novateur pour les familles et les jeunes enfants qui servant de modèle; la promotion de la vision commune sur le développement de la petite enfance; l’élaboration de ressources et d'outils d'éducation et d'intervention visant à répondre aux besoins des familles francophones ne sont que quelques objectifs du projet.

Le défi s’annonce de taille. « Concrètement, nous proposons la création d’un centre de la petite enfance et de la famille rattaché à chacune des 400 écoles primaires en milieu minoritaire », énonce Mme Pilon.

Selon la CNPF, pour y parvenir, c’est 33 fois la somme qui a été allouée le 4 mai dernier qu’il faudrait obtenir des différents gouvernements provinciaux. « Des recherches menées il y a deux ans ont fait ressortir que ça prendrait 33 millions de dollars pour créer des CPEF partout au pays », avait déclaré, le mois dernier, la directrice générale de l’organisme, Murielle Gagné-Ouellette, alors que la CNPF avait été appelée à comparaître devant le Comité permanent des langues officielles.

La CNPF entend renverser la vapeur en matière d’assimilation. Actuellement, « la moitié des enfants francophones en milieu minoritaire s’assimilent avant d’entrer à l’école. La moitié de nos jeunes familles choisissent l’école de la majorité linguistique », explique Mme Pilon. Elle ajoute qu’à long terme, cette tendance est désastreuse pour les communautés et pour la dualité linguistique au Canada.

La ministre du Développement social, Liza Frulla, est du même avis. Au niveau du développement linguistique, « tout se joue entre 0 et 6 ans », s’exclame-t-elle. Ce million de dollars vient donc aider la CNPF « à raffermir et améliorer leur plaidoyer pour que toutes les écoles primaires puissent avoir leur Centre de la petite enfance et de la famille », déclare la ministre Frulla.

Le projet «Partir en français» se veut le coup d’envoi. « Nous savons que cet investissement aura des effets positifs sur la vie des familles francophones partout au pays, qui ont de jeunes enfants », mentionne Liza Frulla.

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Editeur : Association de la presse francophone


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