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Le 4 mai 2004

Service de nouvelles de l'APF

Les journaux bilingues sont une chose, les journaux francophones sont autre chose!

Étienne Alary

Le Comité sénatorial des transports et des communications poursuivait, le 4 mai dernier, son étude sur l’état actuel de l’industrie canadienne des médias. Cet exercice, entamé il y a plus d’un an, a permis à l’Association de la presse francophone (APF) de faire découvrir aux membres du comité qui elle est.

Parmi les points présentés par l’APF, le moratoire sur les placements publicitaires fédéraux et le membership de l’organisme ont particulièrement retenu l’attention des sénateurs présents.

La présidente du comité, Joan Fraser, a notamment demandé au directeur général de l’APF, d’élaborer sur le moratoire sur les placements publicitaires fédéraux.

On se souviendra qu’en mars 2004, le ministère fédéral des Travaux publics annonçait un gel des placements publicitaires pour les mois de mars, avril et de mai et qu’ensuite, le fédéral irait de l’avant avec une coupure de 15% pour les trois prochaines années.

« Il s’agit là d’une menace directe pour l’avenir de la presse francophone en milieu minoritaire », lance Francis Potié. « Pour notre réseau, une analyse des données financières pour la même période au cours des trois dernières années fait état d’un manque à gagner de 210 000 $ », explique M. Potié.

Ce dernier ajoute que ce moratoire est arrivé au pire moment de l’année. « Le mois de mars est traditionnellement le mois le plus occupé de l’année au niveau de la publicité fédérale », indique M. Potié.

Il ajoute que la lumière au bout du tunnel est encore loin. « Le moratoire tire à sa fin mais il y a des rumeurs d’élections fédérales dans l’air. Et on sait que lorsqu’il y a des élections, il n’y a pas de publicité gouvernementale. De plus, si ces élections ont lieu à la fin juin, ensuite viennent les mois de juillet et d’août. La période estivale constitue le creux de la vague pour nos journaux en ce qui a trait à la publicité fédérale », fait-il remarquer.

Il pourrait donc s’écouler six mois avant que les journaux puissent recommencer à recevoir des annonces fédérales sur une base régulière. « Perdre 30 % de ton revenu est quelque chose de majeur. C’est la survie de certaines publications qui est en jeu », mentionne le directeur général de l’APF.

Et les journaux bilingues?
Plusieurs sénateurs ont questionné le fait que l’APF n’acceptait pas dans ses rangs les publications bilingues. Le sénateur libéral du Nouveau-Brunswick, Eymard Corbin, est l’un d’entre eux.

« Vous n’acceptez pas les journaux bilingues, mais vous acceptez des journaux francophones qui appartiennent à une entreprise anglophone », a lancé le sénateur Corbin en faisant allusion au journal Le Madawaska qui est passé à la filiale Brunswick News Inc. dont le propriétaire est le groupe Irving.

« Jusqu’à ce jour, l’APF n’a pas eu à faire la réflexion sur ce sujet. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas l’individu qui est membre de notre association, mais bien le journal et ce journal (Le Madawaska) était membre de l’APF avant même qu’il change de mains », de répondre Francis Potié. « On note soudainement un intérêt marqué pour la création de publications francophones et je pense qu’on ne doit pas s’en désoler », ajoute-t-il.

Le sénateur Laurier Lapierre est également revenu sur la question des journaux bilingues à savoir si la partie française d’un tel journal ne pourrait pas faire partie de l’APF. « Depuis sa création, l’APF a toujours eu comme mandat de promouvoir la presse francophone en milieu minoritaire. Ce qu’on ne voudrait surtout pas, c’est d’amener le débat dans les communautés sur le choix entre une presse bilingue et une presse francophone », explique le directeur général de l’APF.

Ce dernier a fait remarquer que l’APF « n’est pas contre la presse bilingue. On est plutôt pour la presse francophone ».

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Editeur : Association de la presse francophone


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