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Le 7 mai 2004
Service de nouvelles de l'APF
Moratoire : 5,4 % des placements publicitaires et Travaux publics pointés du doigt!
Étienne Alary
Le Comité permanent des langues officielles, par l’entremise de son président Don Boudria, a déposé, le 7 mai dernier, son troisième rapport. À la lumière d’une comparution, le 24 mars dernier, de l’Association de la presse francophone (APF) et l’Association des radios communautaires (ARC) du Canada, et des réponses fournit par le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada, Stephen Owen, le 28 avril dernier, le comité a décidé de se pencher directement sur la question du moratoire sur la publicité.
Intitulé « L’impact du plan de resserrement de la gestion de la publicité du gouvernement du Canada sur les médias minoritaires de langue officielle », ce rapport d’une vingtaine de pages contient deux recommandations laissant peu de place à l’interprétation.
Dans un premier temps, le Comité permanent des langues officielles recommande au fédéral de réserver immédiatement un minimum de 5,4 % de ses placements média pour les médias minoritaires de langue officielle. Ce 5,4 % « représente le poids relatif des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire au sein de la population canadienne », est-il écrit.
De plus, les membres du comité se montrent insatisfaits des réponses du ministre Owen. La deuxième recommandation demande au ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux « un respect intégral de la Loi sur les langues officielles et des autres exigences contenues dans la Politique de communication du gouvernement du Canada.
Le Comité demande également à ce ministère de « rendre des comptes sur l’achat d’espace ou de temps dans les médias minoritaires de langue officielle ».
Dans ce rapport, le Comité s’est dit conscient qu’il n’est pas toujours facile de rejoindre d’une façon parfaitement équivalente les deux groupes linguistiques à l’échelle du pays à l’aide des médias existants. Cependant, il rappelle que plusieurs médias nationaux anglophones privés desservent en grande partie le marché anglophone québécois. Cette situation entraîne une asymétrie des besoins et de l’offre pour les francophones de l’extérieur du Québec, dans la mesure où la disponibilité des médias francophones nationaux est moindre ou même inexistante dans plusieurs provinces à majorité anglophone.
Pour appuyer ces dires, le Comité revient sur un rapport présenté par la Commissaire aux langues officielles, Dyane Adam. Ce rapport, produit en 2002, stipulait que « tandis qu’un journal national de langue officielle majoritaire peut permettre d’atteindre le public-cible dans le cas d’une publicité en anglais à l’échelle du pays, il n’existe pas de journal qui permette de faire de même en français”.
À cet égard, le Comité permanent des langues officielles demande à Travaux publics « de prendre acte de cette asymétrie des besoins et de l’offre lorsque vient le temps d’avoir recours à des activités publicitaires pour communiquer avec les citoyens du pays », mentionne le rapport.
Suite au dépôt de ce rapport, le gouvernement a 150 jours de calendrier pour y donner suite. Advenant le déclenchement d'élections fédérales, cette demande tomberait à l'eau. Elle devrait donc être représentée de nouveau lors d'une reprise des travaux.
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Editeur : Association de la presse francophone
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