|
Bienvenue sur le site de nouvelles nationales!
Le 21 juin 2004
Service de nouvelles de l'APF
La Fédération culturelle canadienne française explore le lien langue-culture-éducation
Jacinthe Laforest (La Voix acadienne)
La Fédération culturelle canadienne française (FCCF), dans le cadre de son Assemblée générale annuelle, a dévoilé le 19 juin à l’Île-du-Prince-Édouard une étude qui pourrait complètement changer l’approche à l’éducation dans les communautés francophones et acadienne du Canada.
L’étude s’intitule Recherche-action sur le lien langue-culture-éducation en milieu francophone. Son auteur, pour le compte de la FCCF et de la Table des organismes nationaux des arts et de la culture, Marc Haentjens, fait un constat percutant. «L’enjeu clé, c’est la place de l’école dans la communauté. Nous devons réfléchir de plus en plus à cette place et à ce rôle. Nous avons la gestion scolaire, nous avons ce nouvel ordre de gouvernement, mais que fait-on avec? Qu’est-ce que cela donne d’avoir la gestion scolaire?», interroge M. Haentjens.
L’étude suggère que les francophones pourraient profondément modifier leur façon de livrer l’éducation en fonction d’un mandat double de l’école, son mandat éducatif, dans un premier temps, mais aussi son mandat de développement de l’identité culturelle.
Bien qu’elle soit encore très jeune, l’étude a déjà été présentée à de nombreux groupes nationaux. La Fédération de la jeunesse canadienne française en a pris connaissance, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, de même que la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, sans oublier des hauts fonctionnaires de Patrimoine canadien.
Aux dires de la FCCF, tous ces gens ont très bien reçu l’étude et ont accepté de faire partie d’un comité mixte visant à donner suite à son contenu.
Une étude ne change pas le monde et tous les obstacles ne sont pas aplatis d’un coup. En effet, l’école n’a pas nécessairement les ressources pour remplir tous les mandats qu’on lui prête, les enseignants ne sont pas nécessairement formés ou très sensibilisés à leur rôle de porteur de l’identité et de la culture. Encore là, à la FCCF, on croit que l’étude tombe à point, car les ententes sur l’éducation entre le fédéral et les provinces sont en changement.
Lise Toupin, de Patrimoine canadien, a expliqué que le plus récent protocole de cinq ans (entente sur les langues officielles dans l’enseignement LOE) entre le fédéral et les provinces est échu depuis mars 2003. Depuis ce temps, des ententes provisoires sont signées et l’année 2004-2005 sera également gérée dans une entente provisoire, en raison des élections, du plan d’action sur les langues officielles et d’autres facteurs.
«Nous avons espoir d’arriver à des ententes de cinq ans avec chaque province et territoire. Pour s’inscrire dans ces ententes, les provinces doivent soumettre des plans d’action à Patrimoine canadien et les provinces établissent ces plans d’action en consultation avec les commissions scolaires. C’est là que ce sera important d’arriver avec des mesures concrètes pour appliquer le concept langue-culture-éducation», explique Mme Toupin.
Par ailleurs, un autre facteur entre en jeu. Afin de faciliter l’application de la gestion scolaire pour les francophones partout au Canada, le fédéral avait conclu une entente de «mesures spéciales», avec les provinces. Cette entente venait à échéance en mars 2004, mais Patrimoine canadien, selon Mme Toupin, s’enlignerait sur des ententes à «mesures ciblées», découlant du fameux «Plan Dion».
Pour les membres de la FCCF, la stratégie à suivre semble assez claire. Il faut être prêt à s’intégrer dans des mesures ciblées et dans les ententes LOE en général, et pour cela, il faut d’abord avoir sensibilisé tous les intervenants.
En effet, comme l’étude le souligne, «l’idée que l’école française doit être différente de l’école anglaise reste pour l’instant une idée séduisante mais sans fondements réels dans des politiques écrites, que ce soit au niveau des ministères de l’Éducation ou des conseils scolaires francophones.»
De nombreux conseils scolaires francophones au Canada ont des programmes d’animation culturelle, mais ils sont ponctuels, très dépendants d’un financement instable. Un bon exemple de cela est le programme d’animation culturelle mis en place dans les six écoles de la Commission scolaire de langue française à l’Île-du-Prince-Édouard durant l’année scolaire 2003-2004. Ce projet, financé par le 400e de l’Acadie et Ressources humaines et Développement des compétences du Canada a permis d’embaucher six personnes débordant d’enthousiasme et ajouter une composante «identité culturelle» aux écoles, mais pour combien de temps? Le 400e anniversaire de l’Acadie ne dure qu’un an. Par contre, un tel projet pourrait devenir «une mesure ciblée» et recevoir du financement à ce titre.
Et ce n’est qu’un parmi tous les projets et initiatives originaux qui pourraient changer la face de l’école de langue française partout au pays.
L’intérêt de la FCCF au monde de l’éducation n’est pas complètement désintéressé. En effet, en développant chez les jeunes le sens de l’appartenance, le goût et une meilleure appréciation des arts, la nouvelle école créera des futurs consommateurs, amateurs d’art et artistes qui viendront enrichir la vie culturelle et artistique au Canada, agrandir l’espace culturel. À plus court terme, une plus grande place des arts et de la culture dans les écoles signifie aussi des débouchés intéressants pour les artistes et les gens de culture, qu’ils soient chanteurs, artistes visuels, écrivains, gens de théâtre ou musiciens.
Mais pour Edwige Nicolas, directrice générale de la Fédération culturelle de l’Île-du-Prince-Édouard, cela va bien plus loin que cela.
«Nos communautés sont en changement. Une proportion grandissante de nos familles a une double identité et les enfants, issus de mariages exogames. De plus en plus, l’identité culturelle sera l’expression d’un choix et non la conséquence d’une origine. Si nous ne voulons pas perdre la bataille, cela nous oblige à faire mieux… nous condamne à l’excellence.»
L’étude en question est disponible sur le site Web de la FCCF sous la rubrique «nos publications».
Nancy Juneau, dg de la FCCF, Carmen Gibbs du Nouveau-Brunswick, Marie-Claire Paulin-Kaïré du Centre culturel Aberdeen à Moncton, Robert Paquette de l’Ontario et Jean-Guy Dionne de terre-Neuve et Labrador. À droit, on voit le profil de Edith Bélanger du Yukon.
Télécharger le fichier
Editeur : Association de la presse francophone
|

|