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Le 23 novembre 2004
Service de nouvelles de l'APF
Ententes Canada-communautés – prise 2
La FCFA rectifie le tir…
Étienne Alary
La comparution de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada devant le comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, le 23 novembre dernier, a permis à l’organisme national de remettre les pendules à l’heure.
En effet, ce qui devait être une comparution pour parler du Plan d’action sur les langues officielles s’est plutôt transformé en échanges sur le renouvellement des Ententes Canada-communautés.
La FCFA voulait ainsi « rétablir les faits » à la suite de la comparution de la ministre du Patrimoine canadien, Liza Frulla. Cette dernière affirmait, une semaine plus tôt devant ce même comité, que l’enveloppe budgétaire de la prochaine année, pour l’ensemble des programmes, serait de 35 millions de dollars.
« Je pense que la ministre Frulla est partie sur des prémisses qui étaient fausses », a déclaré le vice-président de la FCFA, Jean-Guy Rioux. Il précise que cette annonce n’était pas une nouvelle en soi puisque ce montant est quasiment identique à celui qu’il y avait sur la table l’an passé : 24,4 millions pour les francophones en milieu minoritaire, 3 millions $ pour les anglophones du Québec et 7,3 millions $ dans le Fonds de développement stratégique.
M. Rioux dit espérer que Mme Frulla ira « au-delà des chiffres qu’elle a présentés ici (lors de sa comparution du 18 novembre) parce que les chiffres, qui sont là, sont exactement ce que nous avons actuellement », lance-t-il.
La FCFA du Canada souhaite aussi que le ministère du Patrimoine canadien en fasse plus que d’annoncer qu’il utilisera les 19 millions de dollars prévus au Plan d’action pour l’appui au développement communautaire. « Ce n’est pas un nouvel investissement puisque ces sommes ont déjà été annoncées », indique Jean-Guy Rioux.
Qui plus est, cette enveloppe-là ne permet pas « de faire passer le financement pour le développement de nos communautés de 24,4 millions à un minimum de 42 millions $ par année (comme le demande la FCFA depuis quelques semaines déjà) », souligne M. Rioux.
Ce dernier ajoute que ce plan d’action ne peut pas et ne doit pas venir remplacer les programmes de Patrimoine canadien. « Il (le plan d’action) vient complémenter dans certains domaines (santé, justice, etc.), mais Patrimoine canadien a toujours son rôle d’appui aux communautés de langues officielles à jouer », lance-t-il.
Selon la FCFA, c’est à Patrimoine que revient le mandat de financer pour le développement des communautés. « Le ministère de la Santé ne financera pas l’implantation de nouvelles radios communautaires et Industrie Canada n’est pas intéressée à appuyer les services offerts par les centres communautaires francophones. Cela appartient à Patrimoine », énonce le vice-président de la FCFA.
18 millions $ de plus
Cette comparution de la FCFA aura permis au Parti conservateur de remettre en question l’augmentation demandée. « Le gouvernement Martin annonce une revue des dépenses (de chaque ministère et agence) et, en même temps, vous voudriez une augmentation. Comment justifier cette si grande augmentation quand les autres doivent couper dans leur budget », questionne le député conservateur Pierre Poilievre.
Pour Jean-Guy Rioux, le problème vient peut-être du fait que la communauté « n’en demande pas assez ». Ce dernier indique que si la minorité linguistique demandait 100 millions au lieu de 18 millions d’augmentations, le fédéral traiterait de la question au Cabinet plutôt que d’envoyer la balle à un ministère.
Trop d’organismes?
La députée libérale Françoise Boivin s’est, pour sa part, demandé s’il n’y avait pas un trop grand nombre d’organismes francophones qui touche de près ou de loin aux ententes Canada-communautés À ce jour, il y en aurait plus ou moins 350 à l’échelle du pays.
Jean-Guy Rioux se montre évasif sur la question, mais avoue qu’il est faux de dire qu’il y en a trop. « C’est difficile de juger le nombre d’organismes et il est difficile de dire que cet organisme-ci ne fait pas bien son travail ou fait bien son travail », explique-t-il.
« Les organismes, il faut voir qu’est-ce qu’ils font. Il faut voir aussi qu’est-ce qu’ils vont chercher comme argent. Il y a des organismes qui vont juste chercher des projets, qui ne vont pas chercher du financement de base. Il faut mettre tout cela en perspective », précise M. Rioux.
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Editeur : Association de la presse francophone
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