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Le 25 novembre 2004
Service de nouvelles de l'APF
Langues officielles : Air Canada est peu convaincante…
Étienne Alary
C’est un vice-président d’Air Canada hésitant et sur la défensive qui s’est présenté devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, le 25 novembre dernier.
Parlant de la restructuration de la compagnie aérienne, le premier vice-président des Affaires de l’entreprise, Duncan Dee, est venu demander au gouvernement fédéral de fournir les ressources financières nécessaires pour permettre à Air Canada de s’acquitter de son mandat d’offrir des services dans les deux langues officielles, puisque la compagnie est assujettie à la Loi sur les langues officielles.
Ce dernier demande donc au gouvernement fédéral de remettre à Air Canada une somme de 140 millions de dollars qui permettra l’établissement d’un programme de formation visant à accroître le taux de personnel bilingue travaillant pour la compagnie.
En effet, d’un taux de personnel bilingue à 65 % à la fin des années 90, ce même personnel pouvant s’exprimer dans les deux langues officielles serait, aujourd’hui, à un taux d’environ 40 %. Cette diminution est notamment attribuée par l’acquisition, au début du Millénaire, de la défunte Canadian Airlines et de la restructuration majeure qui a suivie.
La transaction entre Air Canada et Canadian Airlines et l’harmonisation des deux conventions collectives ont amené le transfert de 4015 employés et 87 % de ce personnel étaient unilingues anglophones.
Par la suite, « lorsque nous avons dû procéder à des congédiements, les employés avec le plus d’ancienneté était des employés de l’ex-Canadian », affirme M. Dee en précisant que ce sont donc les employés bilingues, plus jeunes et avec moins d’années de service qui ce sont fait montrer la porte de sortie.
Il faut rappeler que cette requête n’est pas nouvelle. Lorsqu’Air Canada a acquis Canadian Airlines, la somme de 140 millions $ avait été demandée. Cette somme aurait permis à Air Canada de former ces nouveaux employés et de les remplacer pendant qu’ils étaient en formation. À l’époque, le fédéral avait uniquement accordé une période de transition à la compagnie aérienne.
Selon M. Duncan, la compagnie aérienne, le Commissariat aux langues officielles et le comité des langues officielles ont le même objectif, celui d’assurer que la clientèle aérienne soit servie dans la langue de son choix. « Ce qui nous manque, ce sont les moyens pour le faire », de déclarer M. Duncan.
Pas preneurs…
Cette demande d’Air Canada n’a pas trouvé preneur chez les membres du comité permanent des langues officielles, notamment du côté du député libéral de Madawaska—Restigouche, Jean-Claude D’Amours. « Cette décision (de vous porter acquéreur de Canadian Airlines), vous l’avez prise en conséquence de cause. Vous saviez que vous étiez assujettis à la Loi et, aujourd’hui, vous jetez la responsabilité (d’appliquer cette loi) sur les autres, dont le gouvernement fédéral », a souligné le député D’Amours. « Personne ne vous a forcé d’intégrer Canadians Airlines », d’ajouter son collègue libéral d’Ottawa-Orléans, Marc Godbout.
Même le député conservateur de Nepean-Carleton, Pierre Poilièvre, était du même avis. « Vous (les actionnaires), vous avez accepté, à l’époque, des conditions et aujourd’hui, vous voulez refiler cette facture aux payeurs de taxes », demande M. Poilièvre.
Pour Duncan Dee, tout ce que demande Air Canada, c’est d’avoir des règles de jeu similaire, que ce soit l’accès aux enveloppes que réservent le fédéral à ses organismes assujettis à la Loi sur les langues officielles pour les programmes de formation ou que ce soit avec ses principaux concurrents (Westjet, Jetsgo, Canjet).
Si la deuxième option venait à voir le jour, les francophones en milieux minoritaires en subiraient les contrecoups. « Nos analyses de marché démontrent que l’achat de publicités dans des journaux à petits tirages en milieu minoritaire pourrait être revu », indique M. Dee. « Nous sommes forcés de le faire alors que nos analyses, pour ce qui est des retombées, nous disent le contraire », prétend Duncan Dee.
Toujours selon M. Dee, ces sommes pourraient plutôt être investies dans l’accroissement du service bilingue d’Air Canada.
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Editeur : Association de la presse francophone
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