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Le 5 avril 2005

Service de nouvelles de l'APF

Financements des collèges : Andrée Lortie lance un cri d’alarme!

Étienne Alary

C’est sur un ton alarmiste qu’Andrée Lortie s’est présentée, le 5 avril dernier, devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. Venue pour représenter le Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada, Mme Lortie en a profité pour revenir sur les ententes fédérales/provinciales en éducation où une signature était souhaitée pour le 31 mars dernier.

« Comme vous le savez, il n’y a toujours pas d’ententes en éducation. On nous dit que cela va se faire d’ici le mois de juin, mais ça n’a pas l’air à avancer », a soutenu Andrée Lortie. S’il n’y a pas d’ententes, « cela veut dire deux choses. D’une part, les communautés ne peuvent pas aller de l’avant avec leur plan d’action qui avait été soumis. De plus, je crains qu’on perde les efforts et les gains des dernières années », affirme Mme Lortie.

Pour La Cité collégiale, dont elle est présidente, une non-signature d’ententes d’ici la fin juin pourrait signifier la réduction dans l’offre de programmes dès septembre 2005. « Les ententes sont venues à échéance en mars 2004. L’an dernier, nous avons eu une prolongation d’une année, ce qui nous a permis de sauver les meubles », indique Mme Lortie. Mais cette année, « je suis très inquiète. Je m’en vais à mon Conseil d’administration le 26 avril prochain avec une problématique de 3 millions de dollars », précise la présidente de La Cité collégiale.

Habituellement, c’est à ce moment-là que le CA du collège décide quel programme sera offert lors de la prochaine année scolaire. « Cette année, nous avons réussi à aller chercher un répit de trois mois (qui mènera à la fin juin). Au lieu de couper dans les programmes et le personnel, nous avons coupé au niveau de l’opération, notamment en terme de perfectionnement professionnel et de frais de déplacement », avoue Andrée Lortie.

La présidente indique avoir présenté cela aux différents syndicats du collège au début avril. La nouvelle n’aurait pas été bien reçue, mais « c’est ça ou on coupe du personnel ou des programmes », a rappelé Mme Lortie.

Susprendre des programmes technos?
Advenant que le fédéral n’en vienne pas à une entente avec les provinces, des programmes de technologie électronique et informatique, présentement prévue pour la rentrée scolaire, pourraient être annulés en juillet. « En technologie, les chiffres sont à la baisse. Du côté des collèges anglophones, la décision est facile. On coupe du côté des sections, mais du côté francophone, on ne peut pas le faire », admet Andrée Lortie. « En juillet, on devra décider si on les garde ou si on les suspend », ajoute-t-elle.

Une décision d’éliminer ces programmes ne serait pas sans conséquence. « On se sort du marché. On dit aux étudiants d’aller voir du côté anglophone », mentionne la présidente de La Cité collégiale.

De plus, Mme Lortie a également évoqué une possibilité que le campus d’Hawkesbury, qui accueille 400 étudiants, soit regardé de près dans toute décision qui engendrerait des compressions. « Il y a possibilité de réduire l’offre de programmes en septembre 2005 », s’est-elle contentée de commenter.

Pas unique à l’Ontario
Cette situation alarmante n’est pas unique à La Cité collégiale. « Oui, on vit des circonstances exceptionnelles, mais dans certains cas, ailleurs, c’est pire », témoigne Andrée Lortie en donnant l’exemple de la Colombie-Britannique. « Du côté d’Éducacentre, plutôt que de couper dans l’offre de programmes, le CA décide, lorsque l’argent n’est pas là, de mettre la directrice générale à trois jours semaines pour quelque temps. Et, lorsque le financement revient, on la remet à cinq jours semaines pour une certaine période. Dans cette situation, on vit dans la crainte qu’on la perdre cette personne-là », fait remarquer Mme Lortie.

S’il y a signature…
Même s’il y a signature, la bataille sera loin d’être gagnée. « Même s’il y a des ententes en éducation, la question est qu’est-ce qu’il y aura pour le collégial », questionne Andrée Lortie qui rappelle que pour plusieurs provinces, des ententes en éducation signifient le financement des conseils scolaires.

« Le collégial est souvent l’enfant pauvre de ces ententes », lance-t-elle en faisant remarquer que le collégial était oublié entre le primaire-secondaire et l’universitaire.

Plan d’action
Le réseau des collèges ne peut même pas se tourner vers le Plan d’action des langues officielles pour tenter d’obtenir une partie du financement. « On a toujours une bonne raison pour ne pas financer », déclare Andrée Lortie.

Cette dernière fait cependant abstraction du domaine de la santé où le plan a permis la création du Centre national de formation en santé. « Pour le reste, cela ne semble pas venir », dit-elle.

Ce plan veut aussi privilégier le développement d’ententes avec d’autres ministères et là aussi, La Cité collégiale, tout comme le réseau des collèges, a de la difficulté à se faire entendre.

L’exemple du financement pour la formation professionnelle par le ministère des Ressources humaines et du développement des compétences (RHDC) est frappant. « C’est le prochain dossier politique auquel j’aimerais m’attaquer. Du côté de Ressources humaines, lorsqu’il est question des langues officielles, on nous répond que ce n’est pas eux et qu’il faut aller voir Patrimoine canadien », lance Andrée Lortie avant d’ajouter que ce ministère avait « tellement de raisons et d’excuses pour ne rien faire ».

Cette dernière en rajoute. « Le dossier Ressources humaines, c’est le pire scandale qu’il y a. Ça prendrait des programmes spécifiques qui visent les minorités linguistiques. »

Editeur : Association de la presse francophone


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