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Le 3 mai 2005

Service de nouvelles de l'APF

Ententes : la dernière offre de Patrimoine canadien rejetée

Étienne Alary

Réunis à Ottawa, le 1er mai dernier, dans le cadre d’une réunion spéciale, les membres du Conseil national des présidents et présidentes (CNPP) de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada ont rejeté la dernière offre du Patrimoine canadien.

Cette offre proposait une entente de trois ans assortis d’une augmentation de 10 % effective dès la 1re année. « Nos membres ne pouvaient pas accepter cette offre qui est vue, par plusieurs, comme un statu quo », de souligner le président de la FCFA du Canada, Georges Arès.

Rappelons que la FCFA demandait et demande toujours à ce que les Ententes Canada-communautés soient bonifiées de 24 millions à 42 millions de dollars par année alors que le ministère a plutôt offert une majoration de 10 % pour la prochaine année.

Comme le fait remarquer M. Arès, le 10 % que propose Patrimoine canadien ne constitue pas une nouvelle injection d’argent, mais plutôt des sommes que l’on retrouve dans le Plan d’action pour les langues officielles. « Nos membres ont vu ce geste comme prendre de l’argent à Pierre pour le donner à Paul », indique-t-il.

La contre-offre de la FCFA demeure donc la même. « Nous voulons une augmentation substantielle pour l’année en cours », évoque M. Arès tout en demeurant évasif sur le pourcentage souhaité.

Ce dernier soutient que les membres seraient prêts à accepter qu’une portion des sommes dont dispose Patrimoine canadien dans le Plan d’action soit versée dans les ententes. La balance de l’offre « substantielle » devrait provenir du budget du ministère.

Pour ce qui est d’une offre bonifiée pour l’année 2006-2007 et les années à venir, le président de la FCFA est prêt à collaborer avec le ministère pour développer un document de travail qui servirait d’outils de revendication auprès du ministre des Finances.

« Nous, on avait développé un argumentaire qui a été présenté lors d’Équipe francophonie en novembre dernier (rencontres sur la Colline parlementaire entre des membres de la communauté et des députés, hauts fonctionnaires, etc.). Cependant, ce document a été fait uniquement de notre côté et Patrimoine souhaite que l’on travaille ensemble dans ce dossier », fait remarquer un M. Arès très réceptif à cette doléance du bailleur de fonds.

Le président de la FCFA ne cache pas que la rencontre du CNPP du 1er mai dernier a été chaotique par moment : « Les membres sont extrêmement déçus et fâchés de l’offre de Patrimoine canadien », lance-t-il.

Cette frustration pourrait se manifester lors d’éventuelles élections fédérales. « Oui, de notre côté, il y avait certaines craintes reliées à une éventuelle campagne électorale, mais les membres ne sont pas prêts à plier à cause de ce risque politique. Les risques, on les connaît. Cependant, il est plus prioritaire pour nos membres d’avoir les ressources financières nécessaires pour faire du développement communautaire », explique Georges Arès.

Ce risque est également présent pour les députés libéraux fédéraux. « Il y a un risque politique pour le gouvernement dans la façon de faire les choses », déclare M. Arès en faisant allusion aux présentes négociations que mène Patrimoine canadien. « Cela pourrait devenir un enjeu d’une éventuelle campagne et pourrait amener une participation active des communautés », signale-t-il.

Editeur : Association de la presse francophone


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