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Le 31 mai 2005

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Mise en oeuvre du PALO: le leadership n’est pas assez fort…

Étienne Alary

Après avoir dénoncé la lenteur de la mise en place de certaines dispositions du Plan d’action sur les langues officielles (PALO), dans son rapport annuel 2003-2004, la commissaire aux langues officielles Dyane Adam revient à la charge dans son 6e et avant-dernier rapport annuel, déposé exceptionnellement au printemps plutôt qu’à l’automne puisque la conjoncture politique lui a permis de le faire.

Dévoilé le 31 mai dernier, ce rapport traite du parcours inégal de ce plan d’action. De nombreuses préoccupations sont relevées à l’égard de la mise en œuvre de ce plan, qui arrivera à mi-mandat à l’automne 2005. « Même après deux ans, il y a de l’incertitude au sujet de la mise en œuvre du Plan d’action. Si certains ministères agissent résolument pour donner suite à leurs engagements, d’autres avancent à pas comptés et freinent l’élan que le gouvernement doit continuer de donner au Plan », souligne la commissaire Adam.

Comme le fait remarquer Dyane Adam, le Plan d’action, qui devait unir les efforts des différentes institutions fédérales pour relancer la dualité linguistique, souffre d’un manque de cohésion et de coordination. « Le gouvernement n’est pas à même d’en mesurer régulièrement les progrès ni d’en révéler les résultats aux Canadiens et aux Canadiennes. Il s’agit d’une situation très préoccupante. La relance voulue par le Plan d’action pourrait être compromise si on ne procède pas immédiatement à une remise en ordre », soutient-elle.

Selon elle, tout se joue au niveau du leadership. « Le gros problème du fédéral, c’est qu’il a de la difficulté à mener des dossiers touchant plusieurs ministères. Le leadership n’est pas assez fort et rigoureux pour assurer une cadence », a-t-elle expliqué en point de presse.

Le ministère du Patrimoine canadien n’est pas épargné par Dyane Adam. Rappelons qu’en vertu du PALO, ce ministère dispose d’un montant supplémentaire de 381,5 millions de dollars, soit plus de la moitié de l’enveloppe totale du plan pour atteindre deux objectifs précis qui sont de doubler, d’ici 2013, la proportion de diplômés des écoles secondaires connaissant leur seconde langue officielle et de porter à 80 % la proportion d’ayants droit inscrits dans les écoles de langue française à l’extérieur du Québec.

Les récentes ententes fédérales et provinciales sur les dispositions du Protocole d’entente relatif à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la langue seconde ne peuvent servir d’excuses, estime Dyane Adam. « Nonobstant cet accord de dernière minute, nous sommes très préoccupés par le fait que les fonds ciblés du Plan d’action n’aient pas été mis à profit plus rapidement. Ce retard met en péril l’atteinte des objectifs du Plan d’action », lance la commissaire. « Alors qu’on s’attendait à ce que le gouvernement du Canada accélère le rythme, sa lenteur à bouger risque plutôt de démobiliser tous les acteurs chargés d’agir dans ce domaine », ajoute-t-elle.

Celle qui doit tirer sa révérence à titre de commissaire aux langues officielles en novembre 2006 continuera au cours de la prochaine année à se pencher sur le PALO. « L’année qui vient est une étape charnière dans la mise en œuvre du Plan d’action puisque nous serons à mi-parcours de cette importante initiative. Le gouvernement doit exercer le leadership nécessaire pour mener ce plan à bon port », énonce la commissaire.

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