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Le 3 juin 2005

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Études postsecondaires en français : 79 % des élèves de 12e année y songent…

Étienne Alary

Une seconde recherche sur les intentions d’études postsecondaires chez les élèves en milieu francophone minoritaire, menée l’automne dernier et dont les résultats ont été rendus publics à la fin mai par le Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada (RCCFC), vient confirmer toute la pertinence de doter chaque province et éventuellement chaque territoire de structure collégiale et universitaire francophone.

En effet, ce sondage, effectué auprès d’un échantillon de 1334 jeunes de 12e année provenant de la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île du Prince-Édouard, confirme l’intérêt des jeunes pour les études postsecondaires et pour les faire en français.

De tous les répondants, 1144, soit 86 %, ont indiqué avoir l’intention de poursuivre leurs études postsecondaires dès septembre 2005. Lors d’une étude similaire menée en 2002-2003, 77 % des 1315 répondants avaient répondu affirmativement à la même question.

De tous les répondants qui poursuivront des études postsecondaires l’an prochain, 31 % ont indiqué qu’ils le feront en français contre 17 % qui opteront pour l’anglais. Pour ce deuxième sondage, les chercheurs avaient modifié leur formulaire de sorte qu’un étudiant se voyait confronter à trois choix : français seulement, anglais seulement et l’option français-anglais. Ainsi, 48 % des personnes ont répondu cette dernière option. « Les fortes proportions de répondants ayant indiqué cette option nous portent à croire qu’elle ait été interprétée soit comme intention de poursuivre en français et en anglais de façon simultanée dans une institution bilingue, soit comme intention de poursuivre en français ou en anglais de façon indifférenciée », expliquent les chercheurs dans leur étude.

En 2002-2003, 70 % des répondants avaient affirmé qu’ils étudieraient en français, contre 27 % en anglais.

Malgré cette confusion au niveau du choix de la langue, la directrice générale du RCCFC, Linda Savard, se montre encouragée par les résultats de l’étude. « Que ce soit français ou anglais, ces jeunes-là sont bilingues et ce que l’on retient de ces données est que ces jeunes sont prêts à étudier en français si le programme qui les intéresse est disponible en français », affirme Mme Savard.

L’offre de programme demeure donc le cheval de bataille du réseau puisque 20 % des jeunes ont indiqué qu’ils étudieront en anglais au collégial l’an prochain contre seulement 13 % qui feront de même à l’université. Du côté français, l’université reçoit la cote avec une clientèle se situant à 34 % de tous les répondants (+ 49 % qui ont répondu français-anglais) contre 29 % (+ 45 % français-anglais) pour le collégial. « Ces données démontrent que quand il y a de l’offre, il y a également de la demande. Cela vient prouver qu’il nous faut mettre en place, dans chaque province, une structure », mentionne Linda Savard. Elle ajoute que ces données viennent confirmer qu’en milieu minoritaire francophone, « le collégial est moins structuré que l’universitaire ».

Se déplacer pour étudier?
De tous les répondants, ce sont ceux de l’Ontario (95 %) et du Manitoba (85 %) qui prévoient habiter la même province que celle où ils vivent actuellement tout en étudiant en français.

Dans les autres régions, les proportions de répondants qui envisagent de demeurer dans leur région et y étudier en français, sont plus basses, soit à 67 % dans l’Ouest (Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique), 76 % au Nouveau-Brunswick et 53 % en Atlantique.

Pour étudier en français, 22 % des répondants de l’Ouest ont mentionné avoir l’intention de se rendre au Québec et une autre tranche de 11 % en Ontario.

Du côté de l’option français-anglais, les plus fortes proportions de répondants qui ont indiqué l’option français-anglais comme langue d’études postsecondaires et qui projettent de poursuivre leurs études dans leur province se trouvent en Ontario à 94 % et au Manitoba à 83 %. Suivent l’Alberta à 77 %, le Nouveau-Brunswick à 73 % et l’Atlantique à 66 %.

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