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Le 15 juin 2005
Service de nouvelles de l'APF
Éducation en milieu minoritaire : le Sénat se joint à la partie
Étienne Alary
Les intervenants de l’éducation francophone en milieu minoritaire peuvent compter sur un nouvel allié de taille dans leur revendication auprès du gouvernement fédéral. Le Comité sénatorial permanent des langues officielles a déposé, le 14 juin dernier, son tout dernier rapport sur l’accès des minorités francophones du pays à une éducation de langue française de la petite enfance au postsecondaire.
S’intitulant «L’éducation en milieu minoritaire francophone: un continuum de la petite enfance au postsecondaire», le rapport se veut une compilation des points saillants des préoccupations soulevées par la cinquantaine de témoins qui se sont présentés devant le Comité à l’automne 2003 et entre le mois d’octobre 2004 et le mois de mars 2005 (l’étude avait dû être abandonnée en 2003 dû à la prorogation du Parlement et le dossier n’a pas été réactivé avant le mois d’octobre 2004).
« Notre préoccupation principale a été de chercher à identifier les lacunes et la cause des retards dans la livraison des programmes. Faut-il rappeler que les provinces et territoires, où se trouvent ces communautés en milieu minoritaire, sont liés par l’article 23 et que tous les ordres de gouvernement se doivent de conjuguer leurs efforts dans l’intérêt de la jeunesse? », ont affirmé d’une même voix le président du comité, le sénateur Eymard G. Corbin et le vice-président, le sénateur John M. Buchanan. « Chaque retard, chaque occasion ratée, compromet de façon irrémédiable l’avenir de ces jeunes et met en péril la vie communautaire et culturelle de la francophonie canadienne », ajoutent-ils.
Afin que le rapport ne se retrouve pas sur les tablettes, le comité sénatorial des langues officielles s’est permis d’inclure huit recommandations. « L’ensemble des préoccupations et doléances contenues dans le rapport (…) doivent aussi faire l’objet de suivi de la part de tous les acteurs dans le dossier de la formation et de l’éducation, de la petite enfance jusqu’au niveau postsecondaire », indiquent les sénateurs Corbin et Buchanan.
Quatre ministres seront invités à répondre à ce rapport, soit Liza Frulla (Patrimoine canadien), Ken Dryden (Développement social), Irwin Cotler (Justice) et Mauril Bélanger (langues officielles). « Le temps presse. Il est minuit moins cinq dans certaines provinces », soutient le sénateur Eymard Corbin. « Ils devront répondre aux recommandations soumises par le comité, mais aussi à l’ensemble des doléances que l’on retrouve dans le rapport », ajoute-t-il.
Les recommandations
Dans son rapport, le comité demande notamment au gouvernement fédéral de mener une campagne nationale afin d’informer les Canadiens qui sont ayants droit de se prévaloir de leur droit à l’éducation en français.
Du côté de la petite enfance, le comité demande aussi au gouvernement fédéral d’inclure une clause linguistique dans tous ses protocoles et ententes afin d’assurer que les communautés francophones en milieu minoritaire bénéficient pleinement des initiatives relatives à la petite enfance.
Le comité sénatorial rejoint aussi les objectifs du récent Sommet en éducation, qui a eu lieu au début du mois de juin à Ottawa, puisqu’il demande à tous les ordres de gouvernement coordonnent leurs politiques afin de garantir aux communautés francophones en milieu minoritaire les ressources humaines, matérielles, physiques et financières suffisantes pour assurer le recrutement et la rétention des élèves, et l’atteinte d’une qualité d’éducation équivalente à celle de la majorité linguistique.
Toujours au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, le fédéral devrait élaborer un nouveau cadre de gestion du Programme des langues officielles dans l’enseignement estime le comité afin qu’il fournisse un financement équitable et durable en éducation pour les communautés francophones en milieu minoritaire. Le comité veut aussi que le processus de négociation du protocole et l’engagement du Conseil des ministres d’Éducation (Canada) soit revu et qu’il assure la participation directe des conseils scolaires francophones aux négociations des ententes en éducation.
Par ailleurs, pour ce qui est du postsecondaire, le comité suggère au gouvernement de renforcer le réseau des collèges et le réseau des universités de langue française au Canada en leur accordant les ressources suffisantes à l’atteinte de leurs objectifs. Une contribution accrue au financement des programmes de recherche et au développement de la capacité de recherche au sein des universités de langue française en milieu minoritaire serait également souhaitable.
Finalement, le comité sénatorial demande au fédéral d’élaborer une politique nationale en matière de petite enfance et à l’enseignement primaire, secondaire et postsecondaire qui inclurait des engagements à long terme, des partenariats avec tous les acteurs concernés, et un cadre de responsabilisation. Cette politique prendrait aussi en considération les besoins particuliers des communautés francophones en milieu minoritaire et des ayants droit en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit le droit à l’éducation dans la langue de la minorité.
Editeur : Association de la presse francophone
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