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18 septembre 2001
Service de nouvelles de l'APF
Stéphane Dion analyse toujours la situation des minorités francophones.
Yves Lusignan
Ottawa (APF) : Ni rassurante, ni décourageante. C’est le constat général que le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, fait de la situation des communautés francophones au pays.
Le ministre, qui est responsable du dossier des langues officielles au sein du gouvernement Chrétien depuis le mois d’avril, n’est pas encore prêt à annoncer un plan d’action énergique, qui aurait pour but de renforcer le programme des langues officielles et de redonner du tonus aux communautés minoritaires.
Il a toutefois profité de sa première comparution devant le comité parlementaire sur les langues officielles, pour soumettre un premier diagnostic «sans lunettes roses, sans lunettes noires».
Il reconnaît que les francophones ne peuvent toujours pas travailler dans leur langue au sein de la fonction publique fédérale, qu’il existe «un recul inacceptable» dans l’offre de services fédéraux au public dans les deux langues officielles, que le nombre de francophones qui parlent français à la maison est en déclin et que les nombreux mariages entre anglophones et francophones posent maintenant le défi de «transformer les unilingues en bilingues», en mettant davantage l’accent sur les écoles d’immersion.
Il se dit prêt dans le cadre de ses fonctions «à tout revoir», y compris «si besoin était», la dernière version de la Loi sur les langues officielles adoptée en 1988.
Le dossier de la capitale nationale bilingue retient aussi son attention. Le ministre ne peut pas concevoir que le gouvernement ontarien «ne change pas d’avis» et refuse de décréter que la ville d’Ottawa est officiellement bilingue. Mais il pense toujours que le gouvernement fédéral ne doit rien imposer. Malgré une requête en ce sens de la part du sénateur Jean-Robert Gauthier, le ministre Dion ne semble pas chaud à l’idée d’amender la Constitution pour faire en sorte, selon les mots du sénateur, «que la capitale du pays reflète la réalité du pays.»
Le ministre n’est pas plus chaud à l’idée d’imposer aux provinces l’obligation d’offrir des services de santé en français, en échange de fonds fédéraux : «Je préfère convaincre les provinces d’en faire davantage.»
La députée libérale Yolande Thibault a invité le ministre à faire le ménage dans sa propre cour : «Je pense que le bilinguisme au Canada devrait commencer ici, sur la colline parlementaire.» La députée dit d’ailleurs constater un glissement depuis quelque temps, «de petites choses qu’on laisse passer, comme ça».
Editeur : Association de la presse francophone
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