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Le 22 septembre 2005

Service de nouvelles de l'APF

Assemblée parlementaire de la Francophonie Les délégués demandent à Ottawa de créer un comité permanent sur l’immigration

Caroline Bisson

Edmonton - L’immigration est un enjeu qui commande une attention grandissante au Canada, et, au cours des dernières années, elle est aussi devenue une question de survie pour les petites communautés francophones qui font face à un déficit démographique chronique. Cette réalité a incité une trentaine de parlementaires francophones réunis à Edmonton, du 14 au 18 septembre 2005, à appuyer la création d’un mécanisme national permanent pour gérer de manière efficace et concertée la question de l’immigration en milieu minoritaire à travers le pays.

« On estime que ça prendra 15 ans pour redresser la situation (de l’immigration francophone) », explique Marc Arnal, président du campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta et délégué à cette 22e Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), région Amérique*. De là la nécessité, dit-il, de mettre en place une structure permanente responsable de faire les liens entre les gouvernements, les communautés et les programmes. »

Il existe déjà un organe national responsable de planifier les programmes d’immigration francophone dont Marc Arnal est le coprésident depuis sa création en 2002 par le gouvernement fédéral. Mais le mandat de ce Comité directeur tire à sa fin. Après avoir lancé une stratégie nationale globale en 2003, le groupe s’apprête à déposer cet automne un plan d’action quinquennal qui marquera la fin de leurs travaux.

Fidèles aux recommandations qui émaneront de ce rapport du Comité directeur, les délégués de l’APF-Amérique, un forum de coopération interparlementaire, ont donc résolu d’exercer des pressions sur Ottawa. Ils demandent la création d’une nouvelle instance qui se verra attribuer le rôle de contremaître des travaux d’immigration qui seront mis en chantier au cours des prochaines années.

Ce n’est pas la première fois que l’APF-Amérique aborde la problématique de l’immigration. Déjà l’année dernière, le groupe avait commandé une série de travaux sur la question dont un compte-rendu des politiques d’immigration, d’accueil et d’intégration existant dans les diverses provinces. Cependant, cette année, la qualité des discussions ont monté d’un cran, selon Denis Ducharme, député de Bonnyville-Cold Lake et président du volet albertain de l’APF. Il dit que la rencontre a donné lieu à « l’un des meilleurs débats jamais vus » de l’Association au cours des huit dernières années.

Accroître les nombres
L’immigration est l’un des moyens identifiés par la francophonie canadienne pour contrer la baisse démographique des petites communautés. Bien que le pourcentage des nouveaux arrivants francophones qui se dirigent vers les communautés francophones hors Québec ait bondi de 3,1 % à 4,9 % en seulement trois ans, il demeure relativement faible.

Selon Denis Ducharme, les immigrants francophones ne vont pas vers les petites communautés parce qu’il n’y a rien pour les informer des occasions qu’elles présentent. L’Alberta, par exemple, est une province économiquement attirante pour des immigrants à la recherche de travail. Pourtant, elle accueille moins d’un pour cent de nouveaux arrivants qui ont le français comme langue maternelle.

« Il nous a fallu démontrer au reste du Canada que l’Alberta est une province où l’on retrouve beaucoup de francophones qui sont capables de garder leur langue et leur culture. Maintenant, il faut s’appuyer sur l’expérience des autres provinces pour attirer des immigrants et les intégrer au sein de nos communautés parce qu’ici, on a du travail pour eux », précise-t-il. Le Québec, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick sont parmi les provinces qui affichent un haut taux d’histoires à succès.

Le marketing des communautés francophones doit d’abord s’effectuer par les ambassades canadiennes à l’étranger, disent les délégués. « Il faut déjà que les immigrants francophones sachent que ces communautés existent, ce qui n’est pas le cas la plupart du temps. C’est là où les ambassades doivent jouer leur rôle », précise Yvan Bordeleau, présentateur et délégué du Québec.

Outre la promotion, ils ont également convenu que les communautés elles-mêmes doivent s’impliquer en prenant en charge l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants une fois sur place. « On ne peut pas leur dire “viens t’établir chez nous”, mais une fois arrivé, “débrouille-toi” », lance M. Bordeleau.

En Alberta, il y a encore beaucoup de travail à faire, selon Marc Arnal. Il existe, à l’heure actuelle, des centres d’accueil et d’établissement à Edmonton et à Calgary, mais il reproche au gouvernement sa vision limitée des besoins. « Ce n’est pas suffisant d’offrir des services en français. Ça prend une instance capable d’arrimer le nouvel arrivant avec le milieu francophone; que ce soit de l’aider avec la recherche d’un travail et d’un logement, l’inscription de son enfant à l’école, la route de l’autobus scolaire… », explique-t-il.

Après avoir participé aux deux dernières rencontres du Comité directeur, trois ans après sa création, il garde espoir que l’Alberta continue de faire preuve d’ouverture dans le dossier.

*La région Amérique de l’APF regroupe des représentants de l’ensemble des provinces canadiennes - à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador– un membre du gouvernement fédéral ainsi que des délégués du Maine et de la Louisiane qui, étant donné les ravages de l’ouragan Katrina, n’ont pu se présenter à l’événement. L’Haïti, pour sa part, a été suspendue de sa participation compte tenu de la situation politique du pays.

Editeur : Association de la presse francophone


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