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Le 19 octobre 2005
Service de nouvelles de l'APF
Franciser une entreprise, une plus-value
Jean-François Bertrand
Mountain Equipment Co-op a investi 2 millions $ pour se franciser et percer le marché québécois – et ce sont les francophones de tout le pays qui en profitent depuis.
Louise Arbique, la directrice du marketing français de la coopérative de matériel de plein air fondée à Vancouver, a expliqué à des gens d’affaires francophones d’Ottawa que franciser une entreprise, c’est une plus-value.
« Ce n’est pas juste pour le Québec, c’est pour tous les francophones » a confié Mme Arbique.
Mountain Equipment Co-op (MEC) a d’abord créé un glossaire de 6000 mots, publié ses catalogues en français et en anglais et par la suite francisé son magasin d’Ottawa : les étiquettes sont écrites dans les deux langues, avec la même grandeur de caractère. Les employés servent les clients – ou plus précisément les membres – dans la langue de leur choix.
Et ce qui a été fait à Ottawa se reproduira bientôt à Winnipeg puis, possiblement, à Halifax.
« On commence par changer les étiquettes, puis les mentalités. Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain, soutient Mme Arbique. Il faut y aller tranquillement. » Pour son magasin de Winnipeg, MEC devra sensibiliser ses employés, les former et les informer, s’assurer de recruter des personnes qui peuvent s’exprimer en français.
C’est un travail de très longue haleine, ajoute-t-elle. « On ne peut pas rentrer avec ses gros sabots. Mais en même temps, nous sommes fiers de ce que nous sommes. »
En effet, MEC porte ses valeurs sociales sur le bras; elles sont au cœur de la mission de l’entreprise. Et croire dans l’égalité sociale, c’est respecter tous ses membres – et donc faire un effort pour communiquer avec eux en français, soutient Mme Arbique qui est arrivée à Vancouver à l’automne 2002, ne parlant pas un mot d’anglais.
MEC investit 1 million $ pour franciser son site Web « transactionnel », où les membres pourront faire leurs achats en ligne à compter de 2006.
Valeur ajoutée
Une équipe d’une trentaine de spécialistes a participé à la francisation de la coopérative. Cet effort de 20 000 heures de travail, au coût de 2 millions $, a porté fruit, selon Mme Arbique.
« C’est normal, cette valeur ajoutée : comment peut-on s’intégrer à une population si on ne peut pas lui parler dans sa langue? Quel message un commerçant envoie-t-il à ses clients s’il ne peut pas s’adresser dans leur langue? »
Cette valeur ajoutée, poursuit la directrice du marketing français, est venue d’elle-même, du respect accordé aux membres francophones. C’est ce qui explique qu’un membre francophone, soit-il à Québec ou à Calgary, recevra catalogue et correspondance en français.
Photo de Louise Arbique, la directrice du marketing français de Mountain Equipment Co-op
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Editeur : Association de la presse francophone
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