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Le 16 novembre 2005

Service de nouvelles de l'APF

Pas de progrès en alphabétisation des francophones

Jean-François Bertrand

Chez les francophones, il n’y a qu’au Québec où la proportion d’adultes pouvant bien lire et écrire a augmenté au cours des dix dernières années, révèle une enquête de Statistique Canada. Et, partout au pays, les résultats en littératie sont meilleurs chez les anglophones.

L’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes a évalué plus 23 000 Canadiens en 2003 et les ont placés selon cinq niveaux, en ordre croissant.

Tout comme en 1994, deux Canadiens sur cinq, âgés de 15 à 65 ans, ont obtenu une note de niveaux 1 et 2. Le niveau 1, ce sont les Jacques Demers, où on ne peut lire, et comprendre, la posologie d’un médicament. Au niveau 2, on a de la difficulté à passer un test écrit pour obtenir un permis de conduite.

« Au Québec, ce n’est pas qu’ils font les choses différemment, c’est qu’ils avaient un retard important à combler », explique Luce Lapierre, directrice générale de la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français. Les efforts des activités des 10 dernières années dans cette province ont porté fruit.

Mais chez les autres francophones du pays. « On touche à peine 1 % de notre clientèle visée », soutient Mme Lapierre, qui ajoute qu’il faudrait 30 millions $ par année, pendant 10 ans, pour aider les 40 % des adultes francophones qui ont des difficultés à lire.

300 millions $ pour faire les mêmes progrès qu’au Québec.

Les résultats pour le Québec sont encourageants, car ils démontrent que, avec le développement d’une politique gouvernementale de formation des adultes, il est possible d’améliorer les capacités de lecture dans la population. « Une amélioration de 11 % (des statistiques québécoises) est très significative. Ça m’encourage. »

Ce qui l’encourage beaucoup moins, ce sont les francophones qui ont répondu en anglais au questionnaire de Statistique Canada. Et ils ont obtenu de meilleurs résultats en lecture que ceux qui ont répondu au questionnaire dans leur langue maternelle. « C’est très inquiétant. C’est l’assimilation. Mon hypothèse est qu’ils n’avaient pas le choix que de répondre en anglais, car ils sont pas mal anglicisés », souligne Mme Lapierre.

Chez les francophones, quoique moins que chez les Acadiens, les deux tiers des répondants l’ont fait dans la langue de la majorité. La proportion était de 33 % au Nouveau-Brunswick, de 64 % en Ontario et de 84 % au Manitoba.

« Environ 62 % des francophones vivant à l’extérieur du Québec qui ont répondu à l’enquête en français ont obtenu des scores inférieurs au niveau 3 sur l’échelle de compréhension de textes suivis, comparativement à environ la moitié de ceux qui ont répondu à l’enquête en anglais », rapporte Statistique Canada.

L’agence a récemment publié les résultats par province et par langue maternelle. C’est au Yukon et dans les trois provinces le plus à l’ouest que l’on retrouve des résultats supérieurs à la moyenne nationale. Les résultats inférieurs à cette moyenne se trouvent à Terre-Neuve-et-Labrador, au Nouveau-Brunswick, au Québec et au Nunavut. Aux Territoires du Nord-Ouest, au Manitoba, en Ontario, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, on retrouve des scores dans la moyenne nationale en littératie.

Des résultats encore plus détaillés sur L’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultesseront rendus publics le 30 novembre.

Editeur : Association de la presse francophone


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