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Le 28 novembre 2005
Service de nouvelles de l'APF
Le discours de la FCFA ne colle pas
La FCFA fête ses 30 ans – et s’interroge
Jean-François Bertrand
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) se tourne vers l’avenir et redéfinira son discours l’an prochain, avant la tenue d’un grand sommet de la francophonie en 2007.
C’est ce que les convives du Gala du 30e anniversaire de l’organisme ont appris, vendredi à Ottawa.
Jean-Guy Rioux, président de la FCFA, a déclaré que ce qui était d’abord la Fédération des francophones hors Québec devait devenir « un meilleur lobby ». Un comité de stratégie a été mis sur pied et on verra des interventions de nature différentes auprès des élus et des fonctionnaires. « On ne parle plus de subventions, maintenant, mais d’investissements. »
Mais, au moment où le gouvernement s’oriente vers le développement économique et social, parle de la place du Canada dans le Monde, la FCFA n’arrive pas à se positionner dans le discours politique, concède M. Rioux.
C’est également l’observation d’Yvon Fontaine, recteur de l’Université de Moncton, conférencier invité du gala.
Dans un discours qui a noté les périodes de gains pour les minorités, et celles où il a l’impression que l’on a fait du surplace, Me Fontaine note que la FCFA doit refaire ses devoirs. « Notre discours ne colle pas. Nous ne sommes pas une priorité aux yeux du gouvernement fédéral. Nous devons revoir notre discours, afin que nos objectifs deviennent partie prenante de la politique gouvernementale », a lancé Me Fontaine, soulignant le nouvel élan du fédéral au chapitre de l’éducation postsecondaire, de la recherche et du développement et des relations entre le Canada et le Monde.
La solution passerait peut-être par l’établissement d’un groupe de réflexion, suggère-t-il. « Le temps est propice pour créer un groupe de réflexion, un think tank, qui pourrait articuler un discours pertinent – un discours percutant. »
Selon Me Fontaine, cette façon de prendre l’initiative susciterait des débats, nécessaire. « Mais le temps presse », a averti le recteur de l’Université de Moncton. En effet, la suite du Plan d’action sur les langues officielles serait présentée par le gouvernement en 2008. Un an auparavant, un grand forum des communautés francophones et acadiennes ciblera les attentes des minorités linguistiques. Et le fruit du travail de ce groupe de réflexion ad hoc devrait être prêt bien avant.
M. Rioux, qui appuie l’idée d’une telle réflexion, a souligné en entrevue avec l’APF que d’ici à la prochaine assemblée générale annuelle, à l’été 2006 à Ottawa, « nous aurons déjà les grandes orientations, un cahier de réflexion. »
Prix Boréal
Le 10e prix Boréal de la FCFA a été remis au juge Tory Colvin, du Sud-ouest ontarien. Le juge Colvin a été président de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario, de 1998 à 1999) puis de 2001 à 2004 président de la Fédération des associations de juristes d’expression française de common law.
Le juge Colvin n’était pas présent pour recevoir le prix, étant en formation. Son successeur à la fédération, Robert Lepage, a lu un message en son nom. « C’est un moment historique et émouvant, a fait savoir le juge Colvin. Il faut que la FCFA s’entraide, s’entre-appuie pour protéger les francophones et l’unité du pays. Je suis fier de pouvoir me dire francophone. »
Le juge Colvin a noté que le cercle des francophones s’élargit. « C’est vous qui le faites, et j’en bénéficie. »
Les ministres Bélanger et Pelletier
Dans un discours enregistré sur bande vidéo, car Benoît Pelletier était à Kelowna, C-B vendredi dernier, le ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes, a souligné les réalisations de la FCFA au cours des 30 dernières années. La FCFA est « un partenaire indispensable pour le gouvernement du Québec, un complément indispensable de notre action. »
C’est au début de l’année prochaine que le gouvernement Charest doit déposer sa Politique du Québec à l'égard des communautés francophones et acadiennes du Canada.
Le ministre fédéral responsable du dossier des langues officielles, Mauril Bélanger, a pour sa part déclaré que le rôle de la FCFA pour le développement et le rayonnement de la francophonie canadienne était important et que l’organisme était un partenaire solide du fédéral.
Editeur : Association de la presse francophone
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