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2 octobre 2001
Service de nouvelles de l'APF
Les provinces s’intéressent davantage à la francophonie canadienne
Yves Lusignan
Ottawa (APF) : La conscientisation des gouvernements provinciaux et territoriaux par rapport à la francophonie canadienne est, croyez-le ou non, à la hausse.
Tant le directeur du Secrétariat francophone de l’Alberta, Denis Tardif, que le directeur du Secrétariat des services en langue française du Manitoba, Edmond Labossière, disent constater une évolution des mentalités au fil des conférences des ministres responsables des affaires francophones.
«Définitivement. Il y a davantage de gouvernements qui embarquent» affirme M. Labossière, qui note même «un changement culturel du côté des gouvernements.»
Denis Tardif et Edmond Labossière ont assisté à la 6ième Conférence ministérielle sur les Affaires francophones qui avait lieu à Edmonton les 27 et 28 septembre. M. Tardif a particulièrement été impressionné par la volonté des ministres et députés de s’exprimer en français autour de la table, où prenait place les Joseph Facal du Québec, Stéphane Dion du Canada, Denis Ducharme de l'Alberta, Paul Robichaud du Nouveau-Brunswick et Neil Leblanc de la Nouvelle-Écosse, mais aussi John Baird de l’Ontario, Jim Wayne du Yukon, Richard Stewart de la Colombie-Britannique, Greg Selinger du Manitoba, Tom Lush de Terre-Neuve, Jack Ootes des Territoires, Peter Kattuk du Nunavut, Mitch Murphy de l’Île-du-Prince-Édouard et Paul Lorjé de la Saskatchewan. «La réunion s’est déroulée à 80 pour cent en français» dit, émerveillé, M. Tardif. Seuls les élus du Nunavut, des Territoires et de Terre-Neuve ont préféré s’exprimer en anglais.
Pour la première fois toutes les provinces et les territoires étaient représentés par un élu, et non un fonctionnaire, responsable du dossier francophone. Pour la première fois également depuis la réunion de Moncton en 1994, le Québec était représenté par un ministre. M. Facal a indiqué à cette occasion que le Québec était ouvert et disposé à conclure davantage d’ententes avec les provinces sur des projets touchant la francophonie canadienne. Pour la première fois aussi, la Colombie-Britannique était représentée par un élu responsable des affaires francophones.
Edmond Labossière est maintenant un vétéran de ces rencontres. Il est donc bien placé pour constater l’évolution des mentalités. Lors de la première rencontre du genre tenue à Moncton, les élus s’étaient contentés d’un tour d’horizon, pour ensuite convenir de l’importance de se rencontrer annuellement. La rencontre de Winnipeg en 1996 a débouché sur une discussion sur le développement économique des communautés francophones et acadiennes. Les ministres responsables ont alors demandé de créer des forums sur la question, ce qui a mené à la tenue des forums économiques de St-Georges de Beauce en 1996, Winnipeg en 1998 et Bathurst en 1999.
Lors de la rencontre de Toronto en 1997, les ministres ont constaté qu’il se faisait des choses intéressantes dans les autres provinces en matière de francophonie. L’idée d’utiliser les ressources existantes dans les autres provinces, et donc de regarder au-delà des frontières de chacune des juridictions provinciales, a commencé à faire son chemin.
Le dossier de la santé en français a été évoqué pour la première fois à Whitehorse en 1998. Quelques mois plus tard, en janvier 1999, le ministère du Patrimoine annonçait la création du Centre national de formation en santé à Ottawa.
Les discussions entourant la rencontre de 1999 à l’Île-du-Prince-Édouard, qualifiée de «très intéressante» par Edmond Labossière, avaient tourné autour de la visibilité du français et de l’engagement des gouvernements sur les services en français.
Cette année à Edmonton, les ministres et députés responsables du dossier francophone ont à nouveau discuté du dossier de la santé en français et ont pris pour la première fois connaissance du rapport du Comité consultatif sur les communautés minoritaires francophones, mis sur pied par le ministre fédéral de la Santé Alan Rock. «Certaines provinces ont exprimé leur enthousiasme. D’autres ont posé des questions» raconte Denis Tardif.
Plus important encore, ils ont surtout convenu d’agir comme des agents, des catalyseurs de la cause francophone auprès de leurs collègues au conseil des ministres. Car il faut savoir que ceux et celles qui siègent au sein de cette Conférence ministérielle sur les Affaires francophones ne peuvent prendre des engagements au nom de leurs collègues ministres.
«Ils ont chacun un rôle de catalyseur, de courtier auprès de leurs collègues. J’ai trouvé ça important que ce soit exprimé» note M. Labossière. À défaut de prendre des engagements concrets, il y a au moins l’intention de passer le message à qui de droit. Les ministres ont aussi indiqué qu’ils souhaitaient voir les dossiers progresser d’une année à l’autre, avec rapports à l’appui.
Pour coordonner leur travail, M. Labossière a d’ailleurs été nommé responsable de la préparation des futures rencontres ministérielles, de même que des rencontres des fonctionnaires provinciaux responsables du dossier francophone.
Editeur : Association de la presse francophone
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