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Le 5 décembre 2005

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Analyse de la campagne
Harper domine la première semaine

Par : Jean-François Bertrand
Editeur : Association de la presse francophone

Malgré un trébuchement en début de campagne, et le risque calculé d’une sortie contre le mariage gai, Stephen Harper et les conservateurs ont dominé cette première semaine de campagne électorale.

À chaque journée, M. Harper a dévoilé un aspect de sa plateforme – garantie au sujet des temps d’attente dans les hôpitaux, ligne dure dans le dossier de la criminalité liée aux drogues et, surtout, promesse de diminuer le taux de la TPS à 5 %.

Décriée autant chez les libéraux que par des économistes de droite, l’idée de baisser la TPS à 5 % d’ici cinq ans a touché une corde sensible chez les électeurs.

Cet effet a été ressenti dans les sondages. Ipsos-Reid, interviewant 2,450 Canadiens, note que de plus en plus d’électeurs deviennent réceptifs à un gouvernement minoritaire conservateur. Selon le sondage, 45 % des répondants sont « à l’aise à voter pour Stephen Harper et les conservateurs pour former le gouvernement après cette élection parce que nous aurons probablement un autre gouvernement minoritaire, ce qui les contrôlerait. » C’est trois points de pourcentage de plus que la semaine dernière et six de plus qu’il y a deux semaines. (Le sondeur pose également des questions touchant les autres partis et les valeurs des électeurs.)

Selon le même sondage, conservateurs et libéraux se retrouvent nez à nez dans les intentions de vote. Le tiers des électeurs, 33 %, aurait voté pour le Parti libéral à la fin de la semaine dernière, 31 % pour le Parti conservateur, 17 % pour le Nouveau parti démocratique. Au Québec, le Bloc récolte 57 % des intentions, contre 26 % chez les libéraux.

Ces derniers ont fait campagne au Québec en brandissant le spectre d’un référendum, troisième étape liée à l’élection du Bloc à Ottawa. La deuxième étape serait le retour du Parti québécois au pouvoir, dans deux ans.

Dans le reste du Canada, la stratégie des « Libéraux de Paul Martin », comme le disent les pancartes, a été d’attendre une gaffe des conservateurs.

Celle-ci est survenue tôt dans la campagne avec la proposition de créer un poste de procureur spécial, un peu comme aux États-Unis. Mais cette idée s’est heurtée au mur du champ de compétences des provinces et du fédéral. Cependant, dès le lendemain, Harper est revenu à la charge, imposant le discours électoral avec sa rafale de promesses.

Chez les néo-démocrates, on note une première en ce début de campagne. Au cours des dernières élections, le NDP a toujours prétendu au pouvoir – comme certains croient au Père Noël. Mais la semaine dernière, Jack Layton s’est affiché comme celui qui détiendrait la balance du pouvoir. Il pourrait ainsi imposer ses idées en faisant partie d’une coalition.

Dur coup pour le parti de gauche, cependant, vers la fin de semaine. Buzz Hargrove, chef des Travailleurs unis de l’automobile et syndicaliste le plus connu au pays, a donné son appui aux libéraux. Traditionnellement, les TUA et leur président ont toujours appuyé inconditionnellement le NPD.



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