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Le 6 février 2006

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Stephen Harper, Premier ministre du Canada.

Un cabinet plus petit, avec un transfuge et un sénateur

Par : Jean-François Bertrand
Editeur : Association de la presse francophone

Le Premier ministre Stephen Harper a choisi un cabinet plus petit, qui compte une Québécoise aux langues officielles et une ontarienne unilingue comme ministre du Patrimoine canadien. Le cabinet passe de près de 40 ministres à 26.

Coup de théâtre de l’Ouest : David Emerson, ancien ministre de l’Industrie, élu sous la bannière libérale dans Vancouver Kingsway, a passé du côté des conservateurs pour rejoindre le cabinet où il sera ministre du Commerce international.

Autre coup de théâtre, de Montréal : le Premier ministre -- politicien qui a mainte fois milité en faveur d’un Sénat élu -- a nommé Michael Fortier au cabinet. Ce dernier, homme d’affaires et organisateur conservateur, n’est pas député et M. Harper offrira à son ministre des Travaux publics un poste de sénateur.

Beverley Oda (Durham, Ont.), ancienne critique du Patrimoine canadien, ancienne commissaire au CRTC et cadre au réseau CTV, devient ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine. Les observateurs des scènes politique et culturelle, affirment que Mme Oda ne parle pas le français – une première dans l’histoire de ce ministère créé par Brian Mulroney.

Bonne nouvelle pour les communautés francophones et acadiennes, note le président de la fédération qui les représente, Jean-Guy Rioux : M. Harper a créé un ministère pour la francophonie et les langues officielles. Une des recrues québécoises des conservateurs, Josée Verner, détiendra ce ministère, en plus de piloter le dossier de la coopération internationale.

Tout de suite après l’assermentation des ministres, M. Harper a répété en point de presse que sa « première priorité de faire de ménage au gouvernement. Et nous nous emploierons sans tarder à adopter et à appliquer la Loi fédérale sur l’imputabilité. »

Par « sans tarder », le Premier ministre entend sans doute « en avril », puisqu’il a annoncé que la nouvelle session parlementaire commencerait le 3 avril, et qu’il y aurait un budget au printemps.

Ce budget sera piloté par le ministre des Finances James Flaherty, qui avait occupé des fonctions identiques au sein du gouvernement de Mike Harris en Ontario.

Dans le 28e cabinet de l’histoire du pays, il n’y aura pas de vice-premier ministre. Étant donné la plus petite taille du cabinet, et un désir d’éliminer des postes jugés non nécessaires, M. Harper a expliqué qu’il retournait à une méthode plus ancienne, celle de nommer un ministre qui parlera aux communes en son nom, s’il est à l’extérieur du pays.

Quant à l’absence du ministre des Travaux publics de la Chambre, puisqu’il sera sénateur, M. Harper a noté qu’il n’était pas sans précédent d’avoir un ministre siégeant au Sénat. « Cela s’est fait dans les années 1970, et il y a une période de questions au Sénat, où, comme vous le savez, il y a une plus grande majorité de l’opposition qu’à la Chambre. »

Libéral, puis conservateur
M. Harper a expliqué que le gouvernement avait besoin des qualités de M. Emerson. « J’ai décidé de téléphoner directement à M. Emerson pour lui offrir un poste dans le cabinet. Ce n’est pas une affaire partisane, ce n’est pas une action contre le Parti libéral. C’est dans les intérêts de Vancouver et de la Colombie-Britannique que M. Emerson participe dans le nouveau cabinet. »

Ce n’est pas du tout l’opinion de Bill Graham, chef de l’opposition libérale.

« Ce qui est important, dans ce choix, c’est le manque de constance, entre ce que disait M. Harper antérieurement vis-à-vis de Mme Stronach. J’étais là dans la Chambre des communes lorsque M. Harper a vivement critiqué M. Martin lorsqu’il a nommé Mme Stronach dans son cabinet. Et voilà qu’avant même qu’il soit nommé premier ministre du Canada, il avait déjà négocié le transfert de quelqu’un dans son cabinet. »

Pour sa part, le chef des néo-démocrates, Jack Layton, a dit en conférence de presse que son parti avait présenté un projet de loi qui aurait prévenu un changement de camp tel celui de M. Emerson. En quittant un parti politique, avait proposé le NPD, un député devrait d’abord siéger comme indépendant, puis se faire réélire par ses commettants sous une nouvelle bannière. « Sinon, il y a un air de déception, surtout pour les électeurs de cette circonscription. »

Jack Layton a également traité de M. Fortier. « Ce que nous voulions voir, c’est une infusion d’esprit démocratique à la Chambre des communes. La nomination d’un sénateur dans un poste ministériel si important, inaccessible aux députés lors de la période de questions, nous laisse avec des inquiétudes. »

Quant à M. Fortier, M. Graham a rappelé que le ministère des Travaux publics est responsable de la dépense de grands montants d’argent des contribuables. Et, a-t-il poursuivi, la Chambre des communes est le gardien de ces fonds, « car nous sommes les représentants élus. Et avoir un ministre non élu dans ce portefeuille est tout à fait inhabituel. »

Par province
Le Québec, qui compte 10 députés conservateurs, s’en tire avec cinq représentants au cabinet. Outre Mme Verner et M. Fortier, il y a Jean-Pierre Blackburn (Travail), Maxime Bernier (Industrie) et Lawrence Cannon (Transports et Infrastructure.)

L’Ontario compte neuf ministres, dont trois issus du gouvernement Harris. Ils sont Jim Flaherty aux Finances, Tony Clement à la Santé, et John Baird au Conseil du Trésor. Notons également de la province centrale Gordon O’Connor à la Défense nationale, Diane Finley aux Ressources humaines et au Développement social, Michael Chong, président du Conseil privé et ministre des Affaires intergouvernementales. Ces trois ministres ont été élus pour la première fois en 2004.

Le Leader du gouvernement en Chambre sera Robert Nicholson (ministre junior sous Kim Campbell) tandis que Marjory LeBreton tiendra des fonctions identiques à la chambre haute.

Les provinces atlantiques sont représentées par le Néo-écossais Peter MacKay, aux Affaires étrangères -- il est également responsable de l’Île-du-Prince-Édouard, Greg Thompson, du Nouveau-Brunswick, aux Anciens combattants et Loyola Hearn, de Terre-Neuve-et-Labrador comme ministre des Pêches et Océans.

Des prairies, on retrouve Vic Toews (du Manitoba, à la Justice) et de la Saskatchewan, Carol Skelton, au Revenu national.

L’Alberta, qui a fait élire 28 députés, dont le Premier ministre, compte quatre membres du cabinet. Ils sont le vétéran Monte Solberg, ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Rona Ambrose (Environnement) et Jim Prentice (Affaires indiennes)
Finalement, de la Colombie-Britannique, trois autres députés, en plus du transfuge, se joignent au cabinet : Chuck Strahl sera ministre de l’Agriculture, Gary Lunn aux Ressources naturelles et Stockwell Day (Sécurité publique).


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En haute résolution, le cabinet Harper.




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