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Le 3 avril 2006
Service de nouvelles de l'APF
La loi et l'ordre, selon Stephen Harper
Jean-François Bertrand
Le Premier ministre et le ministre de la justice s'adressent à des policiers.
Le Premier ministre et le ministre de la Justice ont dit aux policiers canadiens exactement ce qu’ils voulaient entendre, lundi matin, à l’ouverture d’une conférence de l’Association canadienne de la police professionnelle. (ACPP)
Dans un discours très bien reçu – l’auditoire était des plus réceptifs – Stephen Harper a réitéré sa volonté de prendre la ligne dure quant à la loi et l’ordre. Sans rien annoncer de nouveau, M. Harper a confirmé les engagements que le Parti conservateur a pris pendant la campagne électorale.
Le Premier ministre a souligné que les criminels feront face à des sentences minimales dans le cas de crimes graves, que la « clause de la dernière chance » serait révoquée, que les libérations conditionnelles seraient méritées, et non plus accordées automatiquement, qu’il y aura plus policiers dans les rues, que le registre des armes à feu serait éliminé, que la marijuana ne sera pas décriminalisée.
Par la suite, le ministre de la Justice, Vic Toews, a expliqué en plus de détails la position du gouvernement.
« Les Canadiens nous ont dit qu’ils voulaient que nous nous attaquions au problème de la criminalité, pour vrai. Ils veulent un terme à la violence liée aux gangs, aux armes de poing et aux drogues. Ils veulent des actions, pas d’autres belles paroles », a dit M. Harper, en français.
Le président de l’ACPP, Tony Cannavino, a déclaré à la suite des discours, qu’il était très heureux des messages qu’il avait entendu. « Des messages qu’ils nous ont tenus tout au long de la campagne électorale, c’est toujours bon à savoir que, l’élection terminée, le message n’ait pas changé », a dit celui qui représente 56 000 policiers canadiens.
Pour sa part, le ministre de la Justice considère que la situation est grave. « Des cas hautement visibles de crimes violents commis à l’aide d’armes à feu, dans tous les coins du pays, nous ont donné le message clair, et tragique, qu’il ne nous est pas possible de tenir la sécurité de nos citoyens pour acquise. Ce genre de crime armé existe dans notre pays, et le danger est bien réel. »
M. Toews a traité d’une société qui ne tolère pas les actes violents, ou il faut se protéger des criminels violents qui ne doivent pas être renvoyés dans la communauté pour y commettre d’autres crimes violents.
La centaine de policiers participants à la « Conférence législative de l’ACPP », pour y orienter leur lobbying, ont applaudi le plus fortement lorsque M. Harper a déclaré qu’il abolirait la clause de la dernière chance. Cette dernière, adoptée en 1976, permet à ceux déclarés coupables de meurtre d’obtenir une libération conditionnelle après 15 ans de détention, même s’ils ont été condamnés à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans.
Les policiers appuient sans réserve la position des conservateurs en matière de justice pénale, à une exception près. M. Harper a dit vouloir éliminer le coûteux registre des armes à feu, et réinvestir ces économies dans l’embauche de nouveaux policiers.
Comme l’explique le président de l’ACPP, le registre des armes à feu est un outil d’enquête indispensable. Chaque jour, les policiers canadiens y font plus de 5000 demandes de renseignements.
De plus, le ministre de la Justice a souligné en point de presse qu’il ne sera pas facile d’abolir ce registre, établi pendant le gouvernement de Jean Chrétien.
« Le registre des armes à feu est un échec total, un gaspillage de l’argent des contribuables. Pour l’éliminer, il y a des règlements, qui sont du ressort de l’exécutif, mais également des dispositions législatives », a dit M. Toews. Le Parlement devra prendre cette décision mais le ministre croit pouvoir obtenir assez d’appuis à la Chambre des communes.
Non à la marijuana
En ce qui concerne le cannabis, les conservateurs n’ont pas du tout l’intention de décriminaliser la possession, comme les libéraux l’avaient proposé dans deux projets de loi, tous deux morts au feuilleton. « Si nous légalisons des drogues comme la marijuana, il sera plus facile pour nos enfants de s’en procurer. C’est pourquoi mon gouvernement s’oppose à la légalisation des drogues, en particulier à cause du tort qu’elles peuvent causer à nos villes et à nos communautés, par un accroissement à la dépendance et au crime », a dit le Premier ministre.
Mais pour Russell Barth et Christine Lowe, deux détenteurs d’un permis pour produire et consommer du cannabis pour raisons médicales, il ne faut pas adopter la ligne dure dans ce dossier.
« J’applaudis les efforts de tous pour réduire l’utilisation des drogues et la criminalité dans notre société, mais la recherche et l’histoire démontrent que la prohibition est le pire moyen d’y arriver », a dit M. Barth, en conférence de presse.
Vic Toews, en haute résolution
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Editeur : Association de la presse francophone
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