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Le 19 avril 2006
Service de nouvelles de l'APF
Le 1200 $ par enfant, une question de confiance au gouvernement
Jean-François Bertrand
Harper défie l’opposition et lui demande d’appuyer la prestation pour enfants.
Le Premier ministre Stephen Harper a déclaré mardi, après avoir rencontré des parents en Colombie-Britannique, qu’il demanderait au Parlement d’approuver son « Allocation pour le choix en matière de garde », une de ses cinq priorités. Cette allocation représente 1200 $ par année par enfant de moins de six ans, versés directement aux parents.
« Est-ce que les partis de l’opposition appuient le versement aux parents de 1200 $ par année et par enfant ou est-ce qu’ils préfèrent le statu quo, c’est-à-dire rien du tout? Notre nouvelle approche n’exige ni négociations fédérales-provinciales ni financement d’universitaires, de chercheurs ou de groupes d’intérêts spéciaux et elle élimine les intermédiaires politiques et bureaucratiques. Elle offrira un appui réel et un paiement direct aussitôt que le Parlement l’aura approuvée », a dit M. Harper.
En plus de l’allocation annoncée lors de la campagne, la politique des conservateurs préconise, tel qu’annoncé dans le discours du Trône, un plan de création de places. À la suite de pressions du parti néo-démocrate, le gouvernement prévoit consulter les députés pour établir la manière de créer des places « réelles, dans des garderies réelles », a souligné le Premier ministre.
Selon lui, « Le gouvernement précédent a beaucoup parlé de garde d’enfants. Mais après 13 ans de discours, personne ne peut trouver une seule place en garderie créée par le fédéral. Qu’a-t-on fait de l’argent? Leur programme national de garderies n’a jamais vu le jour et maintenant, les parents canadiens attendent que les partis de l’opposition défendent leurs droits. »
Opposition
La porte-parole officielle du NPD en matière d’enfants et de la jeunesse, Olivia Chow (Trinity—Spadina, Ont. – NPD) a déclaré pour sa part en conférence de presse que l’allocation proposée par les conservateurs n’est que de la poudre aux yeux.
« Ce gouvernement veut donner avec une main et prendre avec l’autre. Lorsqu’on voit les chiffres exacts, on constate que le montant diminue très rapidement », a remarqué Mme Chow.
En se fondant sur des données publiées par l’Institut de politiques sociales Caledon, la députée a expliqué qu’un couple avec un enfant et un revenu familial de 30 000 $ recevrait bien moins que 1200 $. En effet, il faut soustraire à cette somme :
- 362 $ en impôt sur le revenu
- 390 $ en réduction des prestations fiscales pour enfants
- 249 $ en moins, pour le supplément pour jeunes enfants.
Cela représente un gain net, pour cette famille hypothétique, de 199 $ par an. « Les familles à faible revenu ou à revenu moyen ne recevront qu’une fraction des 1200 $ que M. Harper leur a promis. Cinquante cents par jour, c’est un appui maigre pour une famille qui essaie d’élever un enfant et de payer le loyer. Cinquante cents par jour ne paie même pas une couche, sans parler du coût des services de garde », a ajouté Mme Chow.
Du côté du Bloc québécois, on a effectué des calculs similaires. Pour une famille de deux enfants dont un parent gagne 200 000 $ et l’autre 5 000 $, l’allocation de 2400 $ serait ajoutée aux revenus du conjoint qui gagne le moins, et le revenu familial serait enrichi de 2400 $. Mais pour une famille monoparentale de deux enfants avec un revenu annuel de 28 000 $, le gain net ne serait que de 729 $, au Québec.
Le Bloc québécois propose donc un crédit d’impôt remboursable – qui ne coûterait pas plus cher que l’allocation proposée – qui serait beaucoup plus équitable, a dit Paule Brunelle (Trois-Rivières, Qc – BQ).
« Ce crédit basé sur le revenu familial est plus équitable, il permet une meilleure répartition de la richesse au sein de la population. Actuellement, l’allocation conservatrice est ajoutée au salaire le moins élevé des deux conjoints. Cette formule, qui ne tient pas compte du revenu familial total, donne des résultats inquiétants », a affirmé Paule Brunelle, porte-parole bloquiste en matière d’Affaires intergouvernementales.
Editeur : Association de la presse francophone
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