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Le 2 mai 2006
Service de nouvelles de l'APF
Stephen Harper livre des baisses d’impôts et moins de TPS
Jean-François Bertrand
Un allègement fiscal plus généreux que les quatre derniers budgets libéraux, soutient Flaherty
Chose promise, chose due.
Le premier budget du gouvernement Harper met en œuvre une des cinq priorités de la campagne et accorde aux contribuables un allégement fiscal – notamment la baisse de la TPS de 7 % à 6 % à compter du 1er juillet.
C’est une mesure qui coûtera 3,5 milliards de $ cette année au trésor fédéral, et 5,2 milliards $ l’an prochain.
Lors de l’énoncé économique présenté en novembre dernier, l’ancien gouvernement avait annoncé une diminution du taux d’imposition le plus bas de 16 % à 15 %, rétroactif au 1er janvier. C’est une mesure reprise à moitié par le nouveau Ministre des Finances, Jim Flaherty. En effet, ce taux de 15 % est maintenu, mais, à compter du 1er juillet, passera à 15,5 %.
Plus encore, l’ancien Ministre des Finances, Ralph Goodale avait alors augmenté le montant personnel de base de 500 $, mesure que les conservateurs ont conservée. La première tranche de revenus sur laquelle on ne paie pas d’impôt augmentera même de 100 $ en 2007 et sera indexée au coût de la vie.
Tous les travailleurs auront droit à un nouveau crédit d’impôt pour emploi de 500 $ cette année et de 1000 $ l’an prochain.
Ces mesures qui allègent le fardeau fiscal des Canadiens signifient sur deux ans 20 milliards de moins en revenus pour le gouvernement. « Les Canadiens paient beaucoup trop d’impôts. Cette situation est loin d’aider les familles », a dit le Ministre des Finances, Jim Flaherty, lors de son discours budgétaire.
Pour les entreprises, on retrouve également des baisses d’impôts – taux inférieurs, tranche de bénéfice imposable plus élevée, élimination de l’impôt fédéral sur le capital.
Tel que promis, les parents recevront 100 $ par mois par enfant de moins de six ans, ce qui représente une dépense de 3,7 milliards sur deux ans. Et, tel qu’annoncé dans le discours du Trône à la suite de négociations avec l’opposition, le gouvernement investira 250 millions l’an prochain pour créer « de vraies nouvelles places de garderies ». L’objectif est de 25 000 places additionnelles par année. C’est la deuxième grande priorité conservatrice qui se retrouve dans le budget.
« Que les enfants soient confiés à une garderie réglementée ou qu’ils restent à la maison avec un de leurs parents ou grands-parents, ou avec un voisin de confiance, nous nous engageons à appuyer le choix de tous les parents canadiens », a dit en Chambre le Ministre des Finances.
Les agriculteurs, nombreux à manifester sur la Colline du Parlement en réclamant une solution à leur crise du revenu, recevront 1,5 milliard du fédéral. Pendant la campagne électorale, Stephen Harper avait promis 500 millions $ d’argent neuf, auquel il ajoute un milliard supplémentaire cette année. (La Fédération canadienne de l’agriculture avait réclamé 2 milliards par année pendant trois ans.)
« Les agriculteurs canadiens ont besoin d’une aide accrue. Cette année sera très difficile, et nous le savons », a dit M. Flaherty.
« C’est bien moins que ce les fermiers ont besoin », a dit du 2 milliards $ le président de la Fédération canadienne de l’agriculture. Il s’inquiète que le milliard débloqué cette année ne se retrouve pas dans le portefeuille des fermiers, mais soit dépensé en changements aux programmes actuels.
Pour payer cette nouvelle dépense – et les revenus diminués du gouvernement, le Premier ministre a sabré dans l’accord de Kelowna (5 milliards $) et dans la mise en oeuvre du protocole de Kyoto (également 5 milliards $)
Au chapitre des arts et de la culture, le Conseil des arts du Canada recevra 50 millions $ de plus, sur deux ans. À la fin du régime libéral, la Ministre du Patrimoine canadien Liza Frulla avait annoncé une contribution supplémentaire de 150 millions $ sur trois ans, mesure qui n’a pas été honorée par le gouvernement Harper.
Il n’y a rien dans ce budget accordé spécifiquement aux communautés francophones. Tout comme au sujet de Radio-Canada, pour qui on ne retrouve pas de financement supplémentaire. À ces deux postes budgétaires, on ne retrouve pas non plus de coupures explicites.
Mais le Président du Conseil du Trésor a jusqu’à l’automne pour identifier 1,2 milliard $ en réductions de dépenses pour 2006-2007, et un autre 1,2 milliard $ pour l’année suivante.
Il pourrait y avoir néanmoins de l’argent neuf pour les communautés francophones et acadiennes, au chapitre de l’immigration. Le premier budget Harper consacre 307 millions $ sur deux ans pour améliorer les programmes et services d’établissement des immigrants.
Dan le secteur de la santé et de l’aide aux municipalités, on a conservé les mesures libérales. Par contre, on offre aux parents un crédit d’impôt allant jusqu’à 500 $ pour défrayer les coûts liés à des activités physiques pour leurs enfants.
Finalement, une troisième grande priorité des conservateurs est liée à des nouvelles dépenses. Groupés sous le thème de « sécurité », elles représentent 1 milliard $ cette année et 1,6 milliard l’an prochain.
La GRC recevra au total 161 millions $ de plus, entre autres pour embaucher 1000 recrues. La sécurité aux frontières aura un visage armé : en effet, les douaniers auront une arme de poing à la hanche, Les Forces canadiennes recevront 5,3 milliards sur 5 ans. Et on alloue 1 milliard $ sur cinq ans pour mieux préparer le Canada à une pandémie.
« Dans ce budget, nous ciblons les priorités – immédiates et à long terme – et nous livrons la marchandise. Le budget est équilibré, les dépenses sont ciblées et les impôts de tous les Canadiens vont diminuer. Nous avons un plan. Il s’agit maintenant de bâtir un Canada plus fort et encore meilleur », a conclu le Ministre des Finances.
Le Ministre des Finances, Jim Flaherty. (En haute résolution)
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Editeur : Association de la presse francophone
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