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Le 2 août 2006
Service de nouvelles de l'APF
VIH: le taux d’infection est à la hausse
Jonathan Blouin
Selon le rapport rendu public par l’Agence de santé publique du Canada (ASPC), encore plus de personnes seraient infectées par le VIH. On estime que plus de 58 000 Canadiens seraient porteurs de la maladie et qu’environ 15 000 d’entre eux ne seraient même pas au courant.
En effet, 27 % des cas estimés ne seraient pas encore diagnostiqués, affirme les porte-parole de l’ASPC. Ainsi, plusieurs milliers de personnes pourraient propager le VIH à leur insu.
« La hausse est attribuable au fait que les traitements contre le VIH ont amélioré le taux de survie, tandis que les nouveaux cas d’infections continuent à se déclarer », estime Jennifer Geduld, chef de l’Unité de surveillance du VIH/sida à l’ASPC.
En 2005, plus de 4500 nouveaux cas ont été diagnostiqués, une hausse d’un peu plus de 10 % par rapport à ce qui avait été observé en 2002. À ce moment, 4000 nouveaux cas avaient fait leur apparition.
Les progrès pharmaceutiques effectués au cours des dernières années facilitent et prolongent la vie des personnes infectées. Selon plusieurs observateurs, cela aurait pour effet de banaliser la prévention auprès des jeunes, même si de l’argent additionnel est prévu à ce titre par l’Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada.
Déjà, plus de 40 millions $ sont investis annuellement, un montant qui passera à 84,4 millions $ d’ici 2009.
Pour être en mesure de bien gérer cette épidémie, des stratégies devront être renforcées parmi les communautés à risque. « Les populations les plus touchées sont les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les utilisateurs de drogues injectables, les autochtones et les personnes originaires de pays où le VIH est endémique », poursuit Mme Geduld.
Le système de prévention en place est-il suffisamment efficace? « Il y a plusieurs raisons pour expliquer ce qu’on voit dans les chiffres, souligne Steven Sternthal, gestionnaire à la Division des politiques de la coordination et des programmes sur le VIH/sida. Certaines des causes sont peut-être fondées sur des suppositions erronées quant à l’état sérologique du partenaire, sur une insatisfaction des difficultés liées à l’utilisation du condom, à un sentiment de marginalisation ou de dépression. Mais on travaille avec les organisations communautaires pour savoir les raisons et travailler sur les programmes de prévention pour ces populations. »
Néanmoins, les taux ne convergent que vers le haut, depuis quelques années. La moitié des nouveaux cas est attribuable à des relations entre hommes. La population autochtone est quant à elle surreprésentée. On estime qu’ils représentent 9 % de tous les nouveaux cas d’infections en 2005.
« Un nombre disproportionné de leurs membres subissent les effets négatifs d’un nombre de facteurs socio-économiques, comme la pauvreté et la toxicomanie », explique Jennifer Geduld.
Le directeur de la recherche et des programmes au Réseau canadien autochtone du sida, Randy Jackson, indique qu’il faut tenir compte de cette conjoncture, lorsque vient le temps de prévenir le virus. « Notre recherche suggère des taux d’infections beaucoup plus hauts. Mais il y a des provinces qui n’amassent pas toutes les données et il y a des délais de transmission. Nous sommes très préoccupés par la situation et des mesures additionnelles devront être prises. »
Les résultats de l’ASPC tombent à point. Le 16e Congrès international sur le sida se déroulera du 13 au 18 août prochains, à Toronto. Les porte-parole de l’ASPC en profiteront pour faire prendre conscience que le VIH est encore bien présent, et qu’il est possible de le prévenir à 100 %.
Editeur : Association de la presse francophone
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