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Le 8 septembre 2006

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L’appui au bilinguisme atteint de nouveaux sommets

Jonathan Blouin

L’appui au bilinguisme n’aura jamais été aussi prononcé. Selon une étude menée par Decima Research, en février dernier, pour le compte du Commissariat aux langues officielles, plus de 72 % des Canadiens sont en faveur du bilinguisme pour l’ensemble du pays.

L’appui au bilinguisme a fait un bond important en trois ans, alors qu’en 2003, 56 % des répondants avaient donné leur appui. Cette importante augmentation vient en partie de l’appui accru des anglophones. « C’est très encourageant quand on considère que l’appui au bilinguisme est sans précédent. Il n’a jamais été aussi fort. C’est difficile de prédire les changements d’attitude. C’est un processus lent sur lequel nous n’avons pas de contrôle », constate Dyane Adam, commissaire aux langues officielles.

Selon elle, plusieurs facteurs peuvent expliquer les bons résultats du bilinguisme. « Il y a plus de leadership, plus de visibilité et le Plan d’action pour les langues officielles ont dû contribuer à l’augmentation du nombre de personne en faveur. Mais même au niveau provincial, on a bonifié les régimes linguistiques pour les minorités », mentionne-t-elle.

Au niveau provincial, un appui plus marqué est observé au Québec (91 %) et dans les provinces de l’Atlantique (77 %). Le pourcentage le moins élevé se retrouve en Alberta (58 %). Dans toutes les provinces, sauf au Québec, l’augmentation va de 17 % à 24 %, comparativement aux données de 2003. Au niveau des communautés, le bilinguisme est perçu de manière favorable par 90 % des francophones, tandis que 65 % des anglophones sont de cet avis.

Qui plus est, 77 % des Canadiens estiment que « si plus de ressources sont nécessaires pour assurer à la minorité francophone (ou anglophone, au Québec) une éducation de qualité égale à celle que reçoivent les enfants de la majorité, ces ressources devraient être affectées », note le rapport.

On peut également y lire que 83 % des 2000 répondants croient qu’il est important d’apprendre une autre langue, alors que le français se classe en tête de la liste dans toutes les provinces à majorité anglophone. Plus de la moitié des répondants (52 %) ont aussi mentionné qu’ils étaient prêts à assumer une partie des coûts.

« Les gens semblent prêts à payer [pour prendre des cours dans l’autre langue officielle]. Habituellement, le bilinguisme recevait quand même l’appui de la majorité, mais lorsqu’on leur demandait s’ils étaient prêts à payer, le taux de soutien diminuait. Là, on est prêt à prendre une responsabilité. Cela témoigne d’une plus grande maturité de notre société. Nous sommes tous pour la vertu, mais ce n’est pas tout le monde qui est prêt à pratiquer la vertu », illustre Mme Adam.

Chez les 18-34 ans, le bilinguisme reçoit un appui de 80 %, le plus haut parmi les différents groupes d’âge. « Les jeunes sont plus favorables, mais ils n’ont pas connu les crises linguistiques que leurs parents ou leurs grands-parents ont vécues. Il est important de s’assurer que ces jeunes-là maintiennent une attitude favorable. Ils ont grandi avec la Loi sur les langues officielles », poursuit la commissaire.

Plusieurs organismes nationaux qui travaillent au sein des communautés en situation minoritaire ont réagi, suite à la parution de ce nouveau rapport. Parmi eux, la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) croit que « de plus en plus, la dualité linguistique fait partie de l’identité canadienne ».

« Nous avons été agréablement surpris, mais il ne faut pas s’asseoir sur nos lauriers, commente le président de l’organisme, Jean-Guy Rioux. Ça donne définitivement de nouvelles armes aux francophones. Ça apporte un levier aussi au monde associatif francophone. Mais la partie est loin d’être gagnée. Nous devrons toujours nous assurer que les droits des communautés minoritaires soient respectés ».

Il admet également qu’un autre fait saillant du sondage touche l’identité canadienne. En effet, plus de la moitié des répondants ont affirmé que « vivre dans un pays avec deux langues officielles est l’une des choses qui définit réellement ce que signifie être Canadien ».


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