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Le 4 octobre 2006
Service de nouvelles de l'APF
Sommet de la Francophonie
La langue dans le palais
Andréanne Baribeau
BUCAREST (Roumanie) - C’est sous un ciel gris et dans un Bucarest détrempé qu’a débuté, jeudi dernier, le XIe Sommet de la Francophonie, un événement qui se déroulait dans le luxueux Palais du Parlement sous l’oeil attentif des medias. Avec la fracture numérique qui vient alourdir les inégalités au niveau de l’éducation entre pays de la Francophonie, le thème de la rencontre : Technologies de l’information dans l’éducation, se voulait prometteur. L’angle politique qu’ont décidé d’adopter les chefs d’États lors de ce sommet a par contre place le thème principal en arrière plan, assombrissant ainsi les priorités de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Malgré l’importance que semblaient accorder au thème principal tous les chefs d’États lors de leur discours d’ouverture jeudi, la question des technologies de l’information dans l’éducation n’était aucunement le point central de la conférence de presse clôturant le Sommet. Stephen Harper, Premier ministre du Canada, s’est contenté de dire qu’il y avait «eu des discussions fructueuses sur les divers sujets abordés tels l’éducation et les technologies», sans donner de détails sur des idées concrètes qui auraient pu se dégager des discussions. Le Premier ministre du Québec, Jean Charest, ne le cache aucunement.Il avoue que lors de la discussion à huis clos de vendredi, la priorité québécoise a été mise sur la situation politique d’Haïti et du conflit libanais.
Une portée limitée mais des résultats malgré tout
Théoriquement, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) fusionne actions de coopération et initiatives politiques sous la bannière de la Francophonie, au sein d’une organisation intergouvernementale qui compte plus d’une cinquantaine de membres. Ces priorités se veulent des plus humbles. Avec un champ d’exercice aussi vaste qu’imprécis, l’OIF se dit promoteure des droits de l’Homme, de la diversité culturelle et de la démocratie. Elle se dit aussi actrice dans le domaine de l’éducation et de la formation, et ce sans compter son rôle politique au niveau des conflits touchants les pays membres de la Francophonie.
Il est difficile d’imaginer que de grands projets puissent être décidés durant la journée et demie sur laquelle s’étend le Sommet. Celui-ci sert avant tout de tribune où les chefs d’États débattent la position de l’OIF sur diverses questions culturelles, politiques et sociales, et décrivent leurs engagements envers ces priorités durant les prochaines années à venir. La position finale de l’Organisation est décrite dans la déclaration publiée à la fin des travaux. Celle-ci est, bien entendu, rédigée a l’avance et c’est durant le sommet que les Chefs d’États débattent son contenu, en apportant amendements lorsque le besoin se présente. Jean Charest ne pourrait l’expliquer plus clairement, ce n’est pas aux chefs d’États de trouver des idées de projets concrets ou encore de financement. Lorsque interrogé sur la question du pouvoir d’action de l’OIF en ce qui concerne l’éducation et la technologie, il répond : «On va avec la déclaration de Bucarest. Ce sont les opérateurs de la Francophonie qui auront la responsabilité de mettre l’accent et la priorité sur les projets d’éducation.»
La Déclaration de Bucarest figurait au coeur du débat de la dernière journée des travaux. C’est parce qu’un temps énorme a été consacre à la modification du passage décrivant la position de l’OIF sur le conflit libanais, retardant même la tenue de la conférence de presse finale en après-midi. Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation, explique qu’un amendement a été fait au passage afin qu’il reflète mieux le fait que les populations israéliennes ont aussi été touchées durant le conflit libanais. «Il y a eu des différents concernant une infime partie de la déclaration, et maintenant tout est bien qui fini bien», déclare le secrétaire général, apostrophé à la hâte par un groupe de journalistes dans l’un des nombreux corridors de marbre du Palais.
Des changements structurels au sein de l’OIF
Après une première session en huit clos lors de la journée de jeudi, on annonçait le statut des demandes d’adhésions de nouveaux pays à l’Organisation internationale de la Francophonie. Ainsi, les candidatures de la principauté d’Andorre, de la Grèce, de l’Albanie ainsi que de la Macédoine ont été retenues, ces États devenant membres de l’OIF à pleins droits. Les Républiques de Chypres ainsi que celle du Ghana ont été nommées membres associés tandis la candidature du Soudan a été rejetée. Le Mozambique, la République de Serbie et l’Ukraine sont devenus membres observateurs, et la demande d’adhésion de la Thaïlande a été suspendue jusqu’à la tenue du XIIe Sommet de la Francophonie. Alors que tirait à sa fin son premier mandat de quatre ans, le secrétaire général Abdou Diouf a aussi été re-élu à l’unanimité vendredi, bien que la compétition était inexistante.
Durant les deux prochaines années, une vigilance accrue sera nécessaire pour assurer la concrétisation des investissements gouvernementaux promis dans le domaine de l’éducation et de la technologie. Les belles paroles prononcées par tous lors de ce XIe sommet ne doivent pas rester que discours protocolaires. C’est au XIIe Sommet de la Francophonie, qui se tiendra a Québec, qu’il sera temps de vérifier si l’OIF a été fidèle a ses engagements tels que décrits dans la déclaration de Bucarest, notamment celui de donner à l’éducation «une position prioritaire dans ses programmes de gouvernement, en lui consacrant les ressources budgétaires adéquates».
Editeur : Association de la presse francophone
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