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Le 11 octobre 2006

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Alphabétisation en français Beaucoup de travail reste à faire au pays

Danny Joncas

OTTAWA – Même si une vaste gamme de services est offerte dans les communautés francophones à l’échelle nationale en matière d’alphabétisation et de formation de base pour les adultes, il y a toujours place à l’amélioration, en ce qui a trait à la formule de financement par exemple. C’est notamment l’un des points qui ressort du rapport annuel de la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français (FCAF).

Déposé récemment, le document en question constitue le premier rapport d’activités qu’émet la FCAF au cours des deux dernières années. Du même coup, la présentation de ce rapport coïncide avec le 15e anniversaire de l’organisme.

«Chaque année qui passe est un jalon en soi pour la FCAF. Depuis 15 ans, la fédération s’est taillée une place dans la francophonie canadienne d’une part, et au sein du grand mouvement de l’alphabétisation au Canada d’autre part. Sa voix s’est ajoutée à toutes celles qui encouragent et soutiennent les efforts des personnes qui veulent apprendre à lire et à écrire, et ce, en français», commente la présidente de la FCAF, Suzanne Benoit.

Cette place en tant qu’organisme chapeautant divers services d’alphabétisation et de formation de base au sein des provinces et territoires canadiens, la FCAF l’a d’ailleurs consolidée depuis deux ans. Que ce soit en participant à des colloques ou à des consultations, en assurant de meilleurs services à ses apprenants, en effectuant un exercice promotionnel plus vaste des bienfaits de l’alphabétisation aux adultes ou encore en s’impliquant sur le plan politique, la FCAF n’a pas chômé.

Après des discussions que l’on évaluait fort constructives eurent pris place avec le gouvernement libéral de l’époque au cours de l’année 2005, La FCAF a accru sa visibilité lors de la campagne électorale fédérale de janvier dernier en tentant de faire de l’alphabétisation un enjeu social et économique. À la FCAF, on insistait sur le fait qu’une population qui est en mesure de s’exprimer plus clairement par écrit et d’avoir une meilleure compréhension de ce qu’elle lit peut mener chaque individu à s’épanouir davantage.

On estime qu’au Canada, deux adultes sur cinq ont de la difficulté à comprendre et à utiliser l’information qu’ils lisent, situation qui ne s’est pas améliorée au cours des dix dernières années. «Ces adultes n’ont pas les compétences nécessaires pour répondre aux exigences d’une société aussi complexe que la société canadienne», indique la FCAF dans son rapport annuel. Aussi, ce taux est plus élevé chez les francophones que chez les anglophones. Encore là, l’écart n’a pas été réduit au cours des dix dernières années.

Inévitablement, l’une des composantes majeures qui pourrait permettre d’enregistrer un taux d’alphabétisme plus élevé chez les résidants des communautés francophones au Canada serait un financement plus adéquat des programmes d’alphabétisation et de formation de base.

C’est d’ailleurs pour le financement de ces mêmes programmes que milite la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français. Plus précisément, c’est une formule de financement à long terme uniforme pour les provinces et territoires que l’on réclame.

«Il n’y a pas d’engagement uniforme envers l’alphabétisation des francophones parmi les gouvernements provinciaux et territoriaux. Dans ce contexte, il faut persévérer et maintenir des liens avec les politiciens de tous les partis et les fonctionnaires de tous les niveaux de gouvernement», juge Suzanne Benoit. «Même après l’élection du nouveau gouvernement fédéral, la tâche reste entière, mais la FCAF est beaucoup mieux outillée pour faire ce travail qu’elle ne l’était il y a deux ans», ajoute la présidente de la FCAF.

Même si le gouvernement fédéral annonçait récemment qu’il sabrait dans les dépenses en matière d’alphabétisation aux adultes, la FCAF entend continuer d’exercer des pressions pour qu’une formule de financement claire et adéquate soit instaurée.

Ces mêmes compressions budgétaires n'affectent pas directement le budget de la FCAF alors que c'est plutôt dans les programmes provinciaux que le fédéral a coupé. Or, pour ces organismes provinciaux membres de la FCAF, l'avenir demeure obscure dans certains cas.

Editeur : Association de la presse francophone


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