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Le 8 novembre 2006

Benoît Pelletier lors du dévoilement de la nouvelle politique du Québec en matière de francophonie.
Service de nouvelles de l'APF

Entretien avec le ministre Benoît Pelletier

Danny Joncas

QUÉBEC – Quelques heures suivant le dévoilement de la toute nouvelle politique du gouvernement du Québec en matière de francophonie canadienne, le ministre du gouvernement québécois à la tête de cette politique, Benoît Pelletier, accordait une entrevue à l’Association de la presse francophone, entrevue au cours de laquelle il a partagé sa vision de la francophonie à l’échelle nationale.

D’entrée de jeu, le ministre provincial responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne a parlé de la façon dont est née l’idée de développer une telle politique qui vient confier au Québec le rôle de leader sur la scène nationale en matière de francophonie.

« Dès 2003, lorsque nous avons formé le gouvernement, nous avons changé l’approche en parlant d’une francophonie canadienne unifiée dont le Québec ferait partie intégrante. C’est à ce moment qu’on a convenu qu’il fallait qu’une nouvelle politique soit développée. On a fait beaucoup de travail sur le terrain depuis trois ans et demi. C’est d’ailleurs ce travail sur le terrain qui était important. Nous avons commencé avec un grand forum de la francophonie à Québec. Ce forum a été une grande réussite puisqu’il a permis de jeter les bases de la politique que nous dévoilons aujourd’hui. Ce fut un très beau travail de concertation », déclare le ministre Pelletier et député de Chapleau, dans l’Outaouais québécois.

En tant qu’état francophone le plus important en Amérique, il allait de soi que le Québec assume son leadership au pays, responsabilité que les libéraux de Jean Charest entrevoient cependant avec optimisme.

« Ce n’est pas un fardeau pour nous, c’est une responsabilité positive. C’est une valeur pour le Canada d’avoir deux langues officielles. C’est un dossier qui devrait intéresser tous les canadiens. Les gens qui négligent la francophonie ne comprennent pas, dans le fond, ce qu’est le Canada. Il faut rappeler constamment à quel point la dualité linguistique est une composante importante pour tous », avance M. Pelletier, qui estime que, contrairement à ce que certains peuvent penser, la politique n’a pas été développée uniquement afin d’aller chercher des appuis à l’extérieur du Québec dans divers dossiers. « Le Québec a trop souvent lancé ses politiques seul dans son coin », enchaîne-t-il.

Or, pour que les objectifs compris à l’intérieur de cette politique soient atteints, il importe que l’on retrouve, au sein de la société québécoise, plus qu’une volonté politique. Il s’agit d’ailleurs de l’un des défis à relever, selon le ministre Pelletier.

« Il y a encore, au Québec, une certaine méconnaissance et un certain préjugé par rapport à la francophonie canadienne. Nous ne pensons pas suffisamment, à mon avis, à la richesse de la francophonie canadienne. Nous devons donc sensibiliser davantage la société québécoise », note-t-il en conclusion.

Editeur : Association de la presse francophone


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