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Le 16 novembre 2006
Service de nouvelles de l'APF
En tant que commissaire aux langues officielles
Plusieurs dossiers majeurs attendent Graham Fraser
Danny Joncas
OTTAWA – Le nouveau commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a comparu récemment pour la première fois devant les membres du comité permanent du Sénat sur les langues officielles. Après avoir pris quelques semaines pour étudier les dossiers qui l’attendaient, M. Fraser a émis des commentaires au sujet de certains de ces dossiers devant les membres du comité sénatorial.
Du nombre de ces préoccupations pour les communautés de langue officielle en milieu minoritaire, il en a identifié quelques-unes qui suscitent un intérêt particulier à l’échelle nationale et qui ont fait couler plus que leur part d’encre au cours des derniers mois et des dernières semaines.
« En ce début de mandat, je constate que vos projets et vos questionnements demeurent l’écho des préoccupations de la population canadienne sur l’avenir des langues officielles. Fort de cette constatation, c’est avec optimisme et un enthousiasme considérable que j’entreprends le mandat qui m’est confié », a déclaré l’ancien journaliste et auteur du livre Sorry, I Don’t Speak French.
Compressions budgétaires
Bien entendu, on ne pouvait parler des communautés de langue officielle sans revenir sur les compressions annoncées par le gouvernement Harper en septembre dernier. M. Fraser a rappelé qu’au printemps 2006, le gouvernement avait indiqué que ses actions n’iront jamais en deçà de ce qui est prévu dans le Plan d’action pour les langues officielles, plan qui ne peut être que bonifié, précisait-on à ce moment.
« Je ne peux commenter en détails ces actions (compressions budgétaires) puisque le Commissariat a reçu de nombreuses plaintes et qu’une enquête est en cours. Je dirai toutefois que j’ai de la difficulté à voir comment les gestes du gouvernement s’accordent avec ses paroles », soulignait M. Fraser. « J’invite donc le gouvernement à saisir toutes les possibilités que lui offre l’environnement actuel pour traduire en pratique ses paroles du printemps dernier », poursuivait le principal intéressé.
Le nouveau commissaire aux langues officielles a ajouté qu’une centaine de plaintes avaient été acheminées à son bureau relativement à ces compressions budgétaires, que ce soit en ce qui a trait à l’abolition du Programme de contestation judiciaire ou encore aux réductions des budgets en matière d’alphabétisation.
Déménagement d’administrations fédérales
Au cours des dernières années, le gouvernement du Canada a procédé au déménagement des sièges sociaux de certains ministères d’une région désignée bilingue vers une autre région ne possédant pas cette même désignation. Le cas le plus récent est la Commission canadienne du tourisme, dont les bureaux passent d’Ottawa à Vancouver.
Même si une mesure temporaire est en place pour assurer que les employés de ces organismes fédéraux puissent continuer à travailler dans la langue de leur choix, certains députés et sénateurs ont affiché des craintes. Selon M. Fraser, une solution permanente s’impose.
« Les déménagements d’administrations centrales d’une région bilingue vers une région unilingue sont de plus en plus fréquentes et ils entraînent des répercussions importantes. Les déménagements ne doivent pas priver les employés du droit de travailler dans la langue officielle de leur choix », avançait-il. « Il est donc essentiel de prévoir des mesures permanentes pour protéger les droits des employés en matière de langue de travail et garantir ceux des employés qui seront embauchés après le déménagement. »
Jeux olympiques de Vancouver
Enfin, Graham Fraser entend consacrer une partie de ses énergies à s’assurer que le français occupe une place de choix lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010, qui se tiendront à Vancouver.
« Lors des Jeux olympiques de Turin, à l’hiver 2006, l’anglais a prédominé tandis que le français a été relégué aux cérémonies d’ouverture et de fermeture, même s’il a le statut de langue officielle des Olympiques. À Vancouver, il faudra vraiment aller plus loin. Il s’agit d’une occasion hors pair pour le Canada de promouvoir sa dualité linguistique sur la scène internationale », a soutenu M. Fraser.
« Lors d’un récent voyage à Vancouver, j’ai eu l’occasion de rencontrer John Furlong, le président du comité organisateur des Jeux de Vancouver, et de discuter avec lui des enjeux. Sa sensibilité et son respect envers la dualité linguistique m’ont impressionné, tout comme les efforts qu’il a déjà déployés pour faire des jeux le reflet de cette réalité », poursuivait le commissaire aux langues officielles avant de conclure sur l’aspect de la télédiffusion des Jeux olympiques. Cette question devrait faire l’objet d’autres discussions au cours des prochains mois alors que l’on tente d’établir un équilibre entre les heures de télédiffusion en français et en anglais.
« On peut avoir des Jeux sur place qui sont très respectueux de la dualité linguistique, mais il ne faut pas que cette perception soit perdue par la grande majorité de Canadiens qui regardent les Jeux à la télé », terminait M. Fraser.
Editeur : Association de la presse francophone
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