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Le 23 novembre 2006
Service de nouvelles de l'APF
Déménagement de ministères fédéraux
On y voit une menace pour les services en français
Danny Joncas
OTTAWA – En mars 2005, on apprenait que les bureaux de la Commission canadienne du tourisme (CCT) allaient déménager d’Ottawa à Vancouver. Cette décision, prise par les libéraux de Paul Martin alors qu’ils étaient encore au pouvoir, avait entre autres pour but de permettre à l’organisme fédéral de travailler de plus près avec les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver de 2010, qui se dérouleront justement à Vancouver.
Le lundi 20 novembre dernier, Michèle Demers, présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique, comparaissait devant le comité permanent du Sénat sur les langues officielles, à la demande du comité sénatorial. C’est dans le cadre de son étude portant sur le déménagement de bureaux principaux d’institutions fédérales et de son impact sur l’application de la Loi sur les langues officielles que le comité a sollicité l’intervention du Mme Demers. Cette dernière a d’ailleurs affiché certaines craintes lors de sa comparution, notamment en ce qui a trait à la langue de travail.
« Lorsqu’une institution déménage dans une autre région, une multitude de facteurs guideront le choix d’un employé de poursuivre ou non son travail au sein de l’institution qui l’emploie. La capacité de travailler dans la langue de leur choix serait certainement un facteur influençant les employés dans leur décision », a indiqué Michèle Demers en précisant qu’il y a un risque lorsque les bureaux des ministères fédéraux passent d’une région désignée bilingue à une région qui n’est pas dotée de cette même désignation, comme ce fut le cas pour la CCT.
« Dans la perspective des langues officielles, nous ne croyons pas que le public canadien dans son ensemble ou les fonctionnaires fédéraux seront bien servis par les déménagements des administrations centrales à l’extérieur de la région de la capitale nationale », poursuivait la présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique, le deuxième plus important syndicat au sein de la fonction publique fédérale.
D’autres problèmes éventuels ont été soulevés, dont la difficulté qu’auront ces organismes fédéraux à dénicher du personnel bilingue dans des régions où le bilinguisme est moins présent. Une telle situation, estime-t-on, empêche le gouvernement de respecter ses propres politiques en matière de langues officielles.
Mme Demers et les sénateurs ont par la suite débattu du sujet avant de finalement convenir que l’adoption, par le gouvernement, de politiques en matière de langues officielles qui doivent être respectées lors du déménagement d’institutions fédérales s’impose. Il s’agissait d’ailleurs d’une recommandation émise récemment par le nouveau commissaire aux langues officielles, Graham Fraser. Il reste maintenant à voir quelle approche adoptera le comité sénatorial au terme de son examen de cette situation.
Editeur : Association de la presse francophone
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