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Le 28 novembre 2006
Service de nouvelles de l'APF
Semaine mouvementée sur la colline parlementaire
Ottawa reconnaît le Québec comme une nation
Danny Joncas
OTTAWA – Le premier ministre Stephen Harper a causé tout un coup d’éclat à la Chambre des communes le mercredi 22 novembre dernier en déposant une motion voulant que la Chambre des communes « reconnaisse que les Québécoises et Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni ».
Sachant pertinemment bien que le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, comptait profiter de la journée d’opposition du Bloc pour déposer une motion à cet effet le lendemain, Stephen Harper est venu lui couper l’herbe sous le pied en déposant sa propre motion. Or, le chef du Bloc québécois n’a pas apprécié qu’il soit spécifié que le peuple québécois forme une nation au sein d’un Canada uni.
« Cette chambre sera appelée à voter sur la reconnaissance de la nation québécoise et non sur l’une ou l’autre des deux options, à savoir le fédéralisme ou la souveraineté. Ce n’est pas au premier ministre de décider ce que les Québécois choisiront comme option. Nous sommes une nation parce que nous sommes ce que nous sommes, peu importe l’avenir qu’on choisira », avait alors indiqué Gilles Duceppe, précisant que jamais il n’appuierait une motion voulant que l’on reconnaisse le Québec comme une nation à condition qu’il fasse partie d’un Canada uni.
Quelques jours plus tard, le chef du Bloc québécois devait se raviser, acceptant d’appuyer la motion proposée par Stephen Harper. Le lundi 27 novembre, la proposition était soumise au vote et adoptée sans équivoque par un vote de 265 contre 16. Le député indépendant Garth Turner, récemment expulsé du caucus conservateur, ainsi que 15 députés libéraux s’opposaient à la motion.
Réactions mitigées
Plusieurs intervenants ont réagi à la suite de l’adoption d’une motion visant à reconnaître le peuple québécois comme une nation, le sujet de l’heure sur la colline parlementaire. Par exemple, au sein du gouvernement libéral du Québec, l’annonce a été accueillie à bras ouverts.
« En adoptant cette motion, la Chambre des communes a non seulement reconnu l’importance politique et sociologique de la nation québécoise au sein du Canada, mais aussi sa contribution historique à la définition même de ce pays », a déclaré Benoît Pelletier, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et responsable de la Francophonie canadienne au sein du gouvernement de Jean Charest.
Cependant, dans d’autres cas, la reconnaissance du Québec en tant que nation est accueillie plus farouchement. C’est notamment ce que l’on observe du côté de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), qui n’a pas tardé à émettre un communiqué de presse à ce sujet.
« Est-ce qu’on est en train de dire au million de Canadiens francophones vivant à l’extérieur du Québec et au 1,5 million de francophiles que la langue, l’histoire et la culture francophones au Canada se limitent au territoire québécois? Comment le premier ministre définit-il plus d’un million d’autres francophones vivant à l’extérieur du Québec? Des citoyens de deuxième classe », s’interroge le président de l’ACFA, Jean Johnson.
Editeur : Association de la presse francophone
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