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Le 1 décembre 2006
Service de nouvelles de l'APF
Selon une récente étude
Les enseignants francophones sont avantagés en Ontario
Danny Joncas
Si l’on se fie aux résultats d’une étude commandée par l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (OEEO), les enseignants ontariens qualifiés qui sont capables d’enseigner en français ont une longueur d’avance sur leurs homologues anglophones lorsque vient le temps de se décrocher un emploi.
Dans le cadre de cette étude portant sur la transition à l’enseignement, 40% des 8223 diplômés de 2005 des facultés d’éducation de l’Ontario et 40% des 1203 diplômés des collèges américains ont été appelés à répondre à diverses questions. Aussi, les mêmes questions ont été soumises à 2232 enseignants formés à l’extérieur de la province ayant obtenu leur diplôme eux aussi en 2005. Ces derniers sont soit des immigrants ou des Ontariens ayant étudié ailleurs au Canada ou aux États-Unis.
Cette étude financée par le ministère provincial de l’Éducation porte plus précisément sur les cinq premières années d’une carrière en enseignement en Ontario. On y traite notamment des endroits où il est plus facile de se dénicher un poste, des domaines où l’on note une forte demande et des opportunités plus nombreuses qui s’offrent aux personnes capables d’enseigner en français.
C’est dans la région du Grand Toronto que les enseignants de langue française peuvent trouver un emploi plus facilement alors que les conseils scolaires y sont constamment à la recherche d’enseignants qualifiés pouvant enseigner dans la langue de Molière. Notons aussi que la demande est encore plus grande pour les enseignants en mathématiques, en physique, en chimie de même qu’en études technologiques.
La situation n’est cependant pas rose partout alors que dans l’Est ontarien, 25% des enseignants oeuvrant dans cette région estiment ne pas avoir travaillé autant qu’ils l’auraient désiré durant l’année suivant l’obtention de leur diplôme. Dans la région de la Ville Reine, seulement 5% des enseignants auraient souhaité travailler plus.
Somme toute, de nombreux postes s’offrent aux enseignants de langue française au sein du vaste territoire ontarien puisque deux diplômés francophones sur trois sont parvenus à décrocher un poste régulier dès leur entrée sur le marché du travail. Selon le président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Paul Taillefer, les résultats de cette étude de l’OEEO sont représentatifs de la situation que vivent les enseignants francophones en Ontario.
« Il y a certaines régions, comme dans l’est de l’Ontario, où la demande est moins grande mais nos enseignants parviennent généralement à se trouver un emploi assez facilement. Ce qu’on remarque aussi est que les enseignants se dirigent vers les endroits où on compte une forte population francophone », juge M. Taillefer, président d’un syndicat représentant environ 7500 enseignantes et enseignants francophones à l’échelle de la province.
Toutefois, en feuilletant le rapport de près d’une centaine de pages, on constate que pas moins du quart des diplômés des programmes de langue française travaillent dans des conseils scolaires de langue anglaise, dans des écoles privées ou encore à l’extérieur de la province. Cette donnée permet de s’interroger sur les besoins en matière de nouveaux enseignants qualifiés au sein des conseils scolaires francophones de la province.
« Certaines situations font en sorte qu’on perd des enseignants qualifiés au profit de conseils scolaires de langue anglaise. Par exemple, ces conseils scolaires, contrairement aux conseils francophones, peuvent se permettre d’embaucher les jeunes enseignants tôt durant l’hiver puisque leur formule de financement est établie plus tôt durant l’année », explique Paul Taillefer.
Editeur : Association de la presse francophone
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