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Le 5 décembre 2006

Service de nouvelles de l'APF

Élection de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral L’aboutissement d’une campagne de dix mois

Danny Joncas

MONTRÉAL – Les personnes qui oeuvrent sur une base quotidienne dans l’environnement du Parti libéral du Canada (PLC) étaient bien heureux, samedi soir, d’assister au dénouement d’une course à la direction du parti que l’on a jugé trop longue. Dix mois pour être plus précis.

Marquée par la reconnaissance du Québec en tant que nation, la présence du Canada en Afghanistan et les débats entourant l’environnement et les changements climatiques, cette course a pris fin la fin de semaine dernière avec la tenue du congrès d’investiture du PLC. Le congrès a d’ailleurs été la cible de nombreuses critiques, que ce soit en ce qui a trait à la prédominance de l’anglais, malgré le fait que le tout se déroulait à Montréal, ou encore relativement à l’organisation dans son ensemble.

Avant d’ouvrir les bureaux de scrutin, la campagne se terminait toutefois par une étape déterminante, soit les discours des huit candidats qui tentaient de succéder à Paul Martin. Pour certains, il s’agissait d’une occasion en or d’y gagner des points auprès des délégués tandis que pour d’autres, la moindre bévue aurait pu faire la différence entre une victoire et une élimination expéditive.

Les discours les plus attendus étaient sans contredit ceux des quatre favoris dans cette course, c’est-à-dire Michael Ignatieff, Bob Rae, Gerard Kennedy et l’éventuel vainqueur, Stéphane Dion. Les quatre candidats se sont montrés plutôt prudents dans leurs propos, traitant principalement de stabilité économique et d’environnement. Aussi, dans certains cas, les candidats s’attardaient davantage à critiquer le gouvernement actuellement en place plutôt que de présenter leurs propres idées, ce qui ne manquait pas de faire réagir la foule partisane.

« Stephen Harper est vulnérable mais il ne se défera pas lui-même. On doit le vaincre pour l’empêcher de faire au Canada ce que Mike Harris a fait en Ontario. Les libéraux doivent orienter leurs valeurs vers des actions tangibles », mettait en garde Gerard Kennedy, qui s’est fort bien tiré d’affaires vendredi soir en plus de s’exprimer dans un français plus qu’acceptable. Rappelons que M. Kennedy avait démissionné de son poste de ministre de l’Éducation de l’Ontario pour solliciter la direction du PLC.

Celui qui devait être couronné chef du PLC le lendemain, Stéphane Dion, a principalement parlé d’environnement, un dossier qui lui tient à cœur. À son avis, il faut utiliser les ressources naturelles et l’énergie de façon responsable et efficace.

Pour ce qui est de Bob Rae, il s’est assuré d’éviter toute critique à l’effet qu’il ait quitté les rangs du Nouveau Parti démocratique (NPD) pour se lancer dans la course à la direction du Parti libéral. Or, il aura fallu attendre une dizaine de minutes avant que M. Rae ne prononce une seule phrase en français.

Michael Ignatieff, le dernier à prendre la parole, s’est pointé devant les délégués plutôt confiant. « Ce congrès est un nouveau départ pour le parti. Nous repartirons de Montréal unis et inspirés d’un seul message pour tous les Canadiens d’un océan à l’autre », lançait celui que l’on considérait le favori pour l’emporter. Mais en bout de ligne, c’est aujourd’hui Stéphane Dion qui tentera de renvoyer les conservateurs dans l’opposition.

Editeur : Association de la presse francophone


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