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Le 21 décembre 2006
Service de nouvelles de l'APF
Taux d’alphabétisme chez les adultes
Un écart sépare encore francophones et anglophones
Danny Joncas
OTTAWA – Un rapport publié par Statistique Canada le mardi 19 décembre révèle que le niveau d’alphabétisme des anglophones de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba est plus élevé que celui des francophones, qui représentent une minorité de langue officielle au sein de ces provinces.
Tirées de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes de 2003, les données du plus récent rapport de Statistique Canada sont le résultat d’une évaluation des compétences dans quatre domaines. Ces domaines sont la compréhension des textes suivis, la compréhension des textes schématiques, la numératie et la résolution de problèmes.
Les participants (23 000 Canadiens au total), étaient ensuite classés sous cinq niveaux différents, en fonction des résultats obtenus. Le niveau 3, qui est considéré comme un niveau minimal permettant de bien fonctionner dans la société, signifie que les participants disposent des compétences exigées pour terminer des études secondaires et entrer au collège.
La dernière étude du genre remontait à 1994 et bien que la situation des francophones en milieu minoritaire se soit améliorée depuis, ceux-ci affichent tout de même un certain retard face à leurs concitoyens anglophones. C’est particulièrement le cas chez les gens plus âgés, ce qui s’explique par le fait que les anglophones disposent d’un niveau de scolarité plus élevé. Chez les jeunes de 16 à 24 ans, on ne note pas d’écart significatif entre les deux groupes linguistiques.
C’est au sein de la seule province officiellement bilingue au Canada que l’écart entre francophones et anglophones est le plus considérable. En fait, 66% des francophones du Nouveau-Brunswick ne sont pas parvenus à atteindre le niveau 3, comparativement à 51% des résidants de langue anglaise de cette province.
Vient ensuite l’Ontario, où 55% des Franco-Ontariens n’ont pu atteindre le niveau 3. De leur côté, les anglophones habitant en sol ontarien qui n’ont pas atteint le niveau 3 représentent 42% des participants à l’étude.
Quant à l’autre province où les francophones minoritaires ont fait l’objet de cette étude, le Manitoba, un mince écart sépare les deux groupes linguistiques alors que 43% des francophones n’ont pas atteint le niveau 3, contre 37% pour les Manitobains de langue anglaise.
« Les niveaux d’alphabétisme chez les francophones se sont améliorés entre 1994 et 2003. Mais cette amélioration a été principalement attribuable aux meilleurs résultats obtenus par les francophones de l’Ontario. Au Nouveau-Brunswick, aucune augmentation statistiquement significative n’a été observée », peut-on lire dans le rapport.
À la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français (FCAF), on juge que ces résultats sont encourageants mais qu’il reste encore du travail à faire pour réduire l’écart, ce à quoi les francophones peuvent contribuer en tout temps.
« C’est à la maison, en observant ses parents, que l’enfant apprend l’importance de la lecture. C’est à la maison qu’il apprendra à maintenir de bonnes habitudes de lecture. C’est au travail et par ses loisirs que l’adulte aura l’occasion de maintenir sa pratique de la lecture et de l’écriture », rappelle Suzanne Benoit, présidente de la FCAF. L’organisme a d’ailleurs mis des mesures à long terme en place pour tenter de rehausser le niveau d’alphabétisme des francophones au pays.
Editeur : Association de la presse francophone
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