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Le 25 janvier 2007

Service de nouvelles de l'APF

Première année au pouvoir des conservateurs Bilan peu reluisant en matière de francophonie

Danny Joncas

OTTAWA – Le premier ministre Stephen Harper a souligné, le 23 janvier dernier, le premier anniversaire de l’élection de son parti. Dans un discours prononcé devant une foule partisane à Ottawa, le chef du Parti conservateur a rappelé quelques-unes des réalisations de son parti au cours de cette dernière année.

« Nous nous sommes retroussés les manches et nous avons livré la marchandise », a-t-il lancé, citant en exemple la réduction de la taxe sur les produits et services (TPS), l’allocation accordée aux parents pour les enfants, les initiatives au niveau des forces armées et l’adoption de la loi sur la responsabilité en réponse au scandale des commandites, ce que Stephen Harper qualifie de loi anti-corruption.

Le premier ministre a aussi invité les diverses communautés linguistiques et culturelles à un rapprochement. « Le Canada doit être une force active dans ce monde troublé et divisé. Pour que le pays progresse, les gens doivent laisser leurs vieilles querelles derrière eux. »

Lorsque l’on s’attarde au bilan des conservateurs, force est d’admettre que le nouveau gouvernement a respecté plusieurs de ses promesses et a mené à terme bon nombre de dossiers pour un gouvernement minoritaire. De plus, le premier ministre précise qu’il entend adopter des mesures concrètes pour l’environnement, ce qui constitue une priorité pour la population canadienne.

Hors, malgré toutes les stratégies politiques auxquelles a eu recours Stephen Harper pour parvenir à ses fins au cours de la dernière année, on note un aspect où le premier ministre a échoué au point de décevoir l’électorat. Il s’agit du sort qu’il a réservé aux minorités de langue officielle. En effet, la dualité linguistique a quelque peu été mise à l’écart au cours des douze derniers mois, notamment avec l’abolition du Programme de contestation judiciaire (PCJ), un outil qui était d’une grande utilité aux minorités de langue officielle.

À la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, on admet que la dernière année n’a pas été rose pour l’ensemble de la francophonie canadienne.

« On peut dire qu’au niveau du gouvernement conservateur, pour la première année, c’est une année d’apprentissage, car c’est un nouveau régime. On a réussi à maintenir le dialogue mais on ne peut pas dire que c’est une année positive pour l’avancement des dossiers », estime le président de la FCFA, Jean-Guy Rioux.

« On ne peut même pas accorder une note de passage au gouvernement, même si la francophonie a reçu quelques bonnes nouvelles dernièrement. Après un an, c’est maintenant le temps de passer aux actes », soutient M. Rioux en faisant référence au dossier du PCJ, où l’on souhaite un rétablissement du programme du côté de la FCFA.

Chez les élus, on dénonce également l’attitude de M. Harper envers les minorités de langue officielle. Selon le deuxième vice-président du Comité permanent sur les langues officielles et député néo-démocrate, Yvon Godin, il n’y a eu aucun progrès à ce niveau depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs.

« Jusqu’à présent, il n’y a rien eu d’impressionnant. Il y même eu un gros recul avec l’élimination du PCJ. On ne peut même pas évaluer ce que ça va coûter aux minorités francophones au Canada. Sur le côté des langues officielles, les conservateurs sont en train de laisser tomber les francophones hors Québec », évalue le député d’Acadie-Bathurst.

Quant à la possibilité que les électeurs soient de nouveau appelés aux urnes cette année, M. Godin ignore ce qui se produira au cours des mois qui viennent. « C’est difficile de dire ce qui va arriver. C’est le gouvernement qui va décider. S’il veut agir comme un gouvernement minoritaire et mettre de l’eau dans son vin à l’occasion, ça pourrait continuer comme ça pour un bout de temps », avance-t-il.

Editeur : Association de la presse francophone


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